S.S.^/fO

REVUE

KT MAGASIN

DE ZOOLOGIE

PURE ET APPLIQUÉE.

RECUEIL MENSUEL

DESTINÉ A FACILITER AUX SAVANTS DE TOUS LES PAYS LES MOYENS DE PUBLIER

LEURS OBSERVATIONS DE ZOOLOGIE PURE ET APPLIQUÉE A L'INDUSTRIE ET

A L'AGRICULTURE, LEURS TRAVAUX DE PALÉONTOLOGIE, D'ANATOMIE

ET DE PHYSIOLOGIE COMPARÉES, ET A LES TENIR AU COURANT

DES NOUVELLES DÉCOUVERTES ET DES PROGRÈS

DE LA SCIENCE ,

M. F.-E. GUÉIUN-MÉNEVILLE,

Membre de la Légion-d'Honneur,- de la Société nationale et centrale d'Agriculture;

des Académies royales des Sciences de Madrid et de Turin; de l'Académie royale

d'Agriculture de Turin ; de la Société impériale des naturalistes de Moscou et

d'un grand nombre d'autres Sociétés nationales et étrangères Secrétaire

du Conseil de la Société Impériale zoologique d'Acclimatat on.

2e série. t. VIII. - 1856

PARIS ^

AU BUREAU DE LA REVUE ET MAGASIN DE ZOOLOGIE

RUE DUS DEAUX-ARTS, 4.

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DIX-NEUVIÈME ANNÉE JANVIER 1856.

I. TRAVAUX INEDITS

Notice sur le Mouflon à manchettes, ou Mouflon d'Afrique; par M. Henri Aucapitaine.

Le Mouflon d'Afrique (Ovis tragelaphus, Cuv., Règne animal, édit. Deterville, t. ï, p. 277. Pennant, xii. Shaw, pi. cch, 5. Schreb., cclxxxviii p . ) « à poil roussâtre, doux, avec une longue crinière pendante sous le cou et une autre à chaque poignet; la queue, courte, paraît être une espèce distincte. Elle habite les contrées rocailleuses de toute la Barbarie, et M. Geof- froy l'a observé en Egypte. »

En effet, c'est l'espèce figurée par Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, dans le grand ouvrage sur l'Egypte, sous le nom à'Ovis ornata (Mammifères, pi. 7, fig. 2), que Cuvier et Desmarest ont réunie avec le Mouton barbu (Bearbedscheep) de Pennant. Cette espèce est fort répan- due dans le sud de l'Algérie, elle est connue des in- digènes sous le nom à'el Arouiy el Feichstal (1). On la chasse dans le Djebel-Amour, dans les montagnes saha- riennes, du côté de Bouçada, et dans les régions du sud, au pays des ïouareicks, et dans l'Ouad-Souf. Dans ce dernier pays, la viande de l'Aroui constitue une bran- che de commerce. Les gens du Souf portent à Gh'dâmés la viande du Mouflon, qui y est fort recherchée, et qu'ils

(1) Ce n'est que par abus que l'on prononce et écrit souvent YAroui, qui est la réunion de l'article el au substantif. Les plus célèbres orientalistes, Fregtas, dans son grand Dictionnaire, Go- lius et plusieurs autres, écrivent Aroui.

4 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE (Janvier 1856.)

se procurent dans les environs de Bie-Djedid; il en est de même du Begaeur el Ouahche (1).

Le docteur Shaw, consulté encore avec tant de fruit par ceux qui s'occupent de l'Algérie, a donné une bonne description d'el Aroui el Feichtall que voici (2) : «La Feischtall ou Lerwee est une espèce de Chèvre si peu- reuse que, lorsqu'on la poursuit, elle se jette de frayeur sur les rochers et dans les précipices. Elle est à peu près de la grosseur d'une génisse d'un an ; seulement elle a le corps plus rond, avec une touffe de poils de la longueur de cinq pouces sur les genoux, et une autre dans la nuque, de près d'un pied de long. Sa couleur est la même que celle du Besker el Wach, et ses cornes cannelées et courbées en arrière comme celles des Chè- vres; mais elles ont plus d'un pied de longueur, et ne sont séparées sur le front que par un peu de poil, comme celles des Moutons. Il paraît, par la taille, par la figure et par plusieurs autres circonstances, que la Feischtall est le Tragelaphus des anciens. Il est vrai que Pline dit qu'on ne le trouvait que sur les bords du Phase (3). »

Ajoutons quelques détails à ceux de Shaw. En gé- néral, la taille de l'Aroui surpasse de beaucoup celle du plus gros Bélier, dont il a deux fois le volume et la hauteur. Le poil varie du fauve roussâtre au brun roux, quelquefois foncé et court, comme celui de la Gazelle. Le dessous du corps et les parties internes des mem- bres sont de nuance plus claire; des poils de 18 à 25 centimètres couvrent les parties antérieures du corps et des membres, disposition à laquelle cet animal doit

(1) Le Begueur el Ouahche des Arabes est l'Antilope bubalis(Bo$ africanus de Belon). On ne le voit jamais dans le nord de l'Algérie que comme objet de curiosité, et il y est fort rare. J'ai récemment eu occasion d'en observer deux à Blidah, au parc des étalons.

(2) Shaw, Voyage dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant, trad. irancui«e. t. I, chap. 2, p. 515 et suiv. La Hâve.

(5) Pline, lib. VIII, ch. 55.

TRAVAUX INÉDITS. 5

sou nom de Mouflon à manchettes. Lu queue est courte (de 18 à 20 centimètres); elle se termine, comme celle des Gazelles, par un pinceau de poils. J'ai vu un Mou- flon dont la queue avait au moins 7>() centimètres. Les morues sont volumineuses, très-rapprochées à leur base, qu'un peu de poil sépare; seulement elles sont recour- bées, divergentes, dirigées en dehors, et s'écartant insensiblement et beaucoup moins rapidement que <îhcz les Moutons ordinaires. Leur longueur n'ex- cède pas 50 centimètres; elles son! légèrement ridées.

Ils vivent par troupe, au milieu des rochers escarpés, ils se font remarquer par leurs bonds vraiment ex- traordinaires. Eminemment sociables, il n'est pas rare de voir des Mouflons vivre en société avec les Gazelles, dont ils ont toute l'agilité, avec une force beaucoup plus grande. Cet animal pourrait offrir des ressources à l'ac- climatation, car son caractère est d'une extrême dou- ceur lorsqu'il est captif. M. le docteur Lacger raconte avoir vu à Bordj-Bou-Ariridj, dans la Medjana, un Aroui qui, à l'état de liberté, rentrait chaque soir au fort après s'être repu. Graëberg di Henso, qui a observé l'Aroui, dit que cet animal est l'Antilope larvia de Linné et de Pallas, le Kob de Buffon, rapprochement que n'admet pas ce dernier auteur.

Buffon parle avec beaucoup de détails du Mouton à large queue; mais nous ne trouvons aucun renseigne- ment sur l'espèce qui nous occupe, car les détails qu'il donne sur l'Adimain, ou la grande Brebis du Sénégal et des Indes, sont trop vagues pour y rapporter le Mou- flon à manchettes (1). Cet illustre naturaliste a réuni, avec raison, les différentes espèces de Brebis, entre autres YArgali de Gmelin, qui est un Mouflon du Le- vant, et probablement la même espèce que le Trayela- phus de Belon. On est parvenu déjà, à plusieurs reprises,

(1) Buffon, édit. Pourrai, t. III, p. il 6 et 419.

C rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

à domestiquer le Mouflon à manchettes. Ils reprodui- sent en Europe. M. le docteur Pucheran, en rendant compte à la Société zoologique d'Acclimatation des ten- tatives faites à la Ménagerie d'observations créée par M. le prince Demidoff à San Donato, près Florence, dit que le Mouflon à manchettes y a produit deux jeunes en 1855, et deux en 1854. A la fin de Tannée 1854. M. le général Daumas annonçait à la Société zoologi- que d'Acclimatation qu'il venait de demander au colonel d Argens de procurer à la Société des Mouflons à man- chettes, afin que ce magnifique animal puisse devenir l'objet d'études suivies, et, s'il y a lieu, d'un essai d'ac- climatation en France (1). Espérons que l'on parvien- dra à doter les régions montagneuses de ce Mammifère, qui pourrait constituer un alimentaire de premier ordre. M. le docteur Guyon, qui, dans son voyage aux Libans, observa l'Aroui et donna quelques détails sur cet ani- mal, se demande quel est le Mammifère que Ju vénal distingue en ces termes :

' . Et Getulis orix? (Satira XII.)

Selon Pline, YOryx était une sorte de Chèvre qui n'avait qu'une corne, et dont le poil, au lieu d'être di- rigé d'avant en arrière, l'était au contraire d'arrière en avant. Nous avons tout lieu de supposer que, comme le fait observer Cuvier, c'est l'Antilope gazella de Linné, ou Antilope leucoryx, Lichtenstein(Mém. Acad. de Ber- lin, 1824, pi. 1). L'Antilope oryx de Pallas, ou Pasan de Buffon (Suppl. VI, pi. XVII) a de longues cornes droites, et ne vit guère que dans l'Afrique australe, tandis que l'Antilope leucoryx représenté sur les monu- ments figurés de la Nubie et de l'Egypte habite l'Afri- que septentrionale, depuis la Nubie, le Sennaar, jus- qu'au Sénégal; mais, comme beaucoup d'autres ani- maux, il a probablement disparu des régions littorales.

(1) Bulletin Soc. Zool. d'Acclimatation, 1854, p. 3'24.

TRAVAUX INÉDITS 7

AMÉNITÉS MALACOLOGIQUES par M. J.-R. Bourguignat.

§ xxx

Description des Succinea ^Egyptiaca et Raymondi, suivie du recensement des Ambrettes du continent Afri- cain.

Dans les contrées septentrionales du continent Afri- cain, le genre Succinea offre bien peu de représentants. Deux espèces seulement ont jusqu'à ce jour été indi- quées par les auteurs : une en Algérie et une autre en Egypte.

La première de ces espèces, que notre savant ami M*. Arthur Morelet (1) a signalée aux environs d'Alger et de Tlemcen, est notre Ambrette européenne, la Suc- cinea putris. Nous ne parlerons point de cette coquille, que tous les conchyliologues connaissent.

Quant à la seconde, spéciale à l'Egypte, elle est en- core imparfaitement décrite. L. Pfeiffer, dans sa mono- graphie des Hélices (c2), en a simplement donné une description d'une ligne, qu'il a empruntée àEhrenberg. Pour combler cette lacune, nous croyons utile de fournir ici une description nouvelle de cette coquille, à la suite de laquelle nous joindrons celle d'une autre Ambrette, spéciale à l'Algérie, et découverte par le doc- teur Raymond.

Succinea ^Egyptiaca.

Succinea amphibia, Audouin, iniSavigny, Descript. de l'Egypte, Moll., pi. % f. 24.

(I) Cat. Moll. terr. fluv. d'Algérie, in : Journ. de Conch., t. IV, p. 593. 1853.

(2)Tom. II, p. 518.4848.

8 rev. et mac. de zoologie. (Janvier 1856.)

Succinea iEgyptiaca, Ehrenberg, Symb. phys. , Moll. 1831. ' L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. Il,

p. 518. 1848.

Testa : parvula, oblonga, pellucida, fragili, leviter flavicante, ac lineis curvis laxe striata; spïra obtusa; anfractibus 3, sutura sat profunda separatis ; ullimo longitudinis 2/3 œquante; apertura ampla, ovali; peristoraate simplice, acuto; marginibus callo junctis; columella arcuata, basin attingente.

Coquille petite, oblongue, fragile, d'une couleur pâle jaunâtre, laissant apercevoir à travers le test les organes de l'animal, et sillonnée transversalement de stries ar- quées assez distantes les unes des autres, et d'une façon un peu irrégulière. La spire est obtuse, ses trois tours, séparés par une suture assez marquée, sont un peu con- vexes ; le dernier égale les deux tiers de la longueur totale. L'ouverture est grande et de forme ovale, et elle possède un péristome simple, tranchant, dont les extré- mités se trouvent réunies par une callosité assez forte, qui recouvre toute La eolumelle ; celle-ci est arquée, et descend jusqu'à la base de l'ouverture.

Longueur, 8 millim. Diamètre, 3 millim. et demi. Hauteur de l'ouverture, 5 millim.

Cette gracieuse coquille se rencontre le matin, par un temps un peu bumide, sur des plantes de trèfle, dans les environs deDamiette.

L'animal de cette Succinée est assez grand; il ne peut se renfermer dans sa coquille, il est d'une couleur bleu- verdâtre. Ses deux grands tentatules, amincis vers leur milieu, se renflent à leur sommet, se trouvent des yeux noirs et brillants. Ses deux petits tentacules sont d'une faible taille.

Succinea Ravmondi.

Testa : ovato-conoidea, fragili, diaphana, irregulariter transver- sequc ruguloso-striata, luleola; spira elongata; apice acuta; an- fractibus 4 \jï ad 5 convcxis, sutura profunda separatis; apertura

TRAVAUX INEDITS. \l

ovato-oblonga, parum obliqua; pcristomate simplice; columella ar- cuala, ad basin aperlursc non attingente.

Coquille ovale-conoïde , transparente, fragile, d'une couleur jaunâtre, et offrant une surface sillonnée de fortes stries transverses et irrégulières. Spire allongée, à sommet aigu ; ses tours de spire, ordinairement au nombre de 5, sont convexes et profondément séparés par la suture. Son ouverture est ovale-allongée, un peu oblique, àpéristome simple et tranchant, et la columelle, qui est fortement arquée, n'atteint point la base de l'ou- verture.

Longueur, 14 millim. Diamètre, 7 millim. Hau- teur de l'ouverture, 7 à 8 millim.

Cette espèce a été recueillie dans les environs de Constantine, en Algérie, par notre savant ami le doc- teur Raymond, auquel nous nous empressons de la dédier.

Maintenant, pour compléter, dans nos Aménités , l'his- toire des Succinées du continent Africain, nous allons donner une simple diagnose de chacune des Ambrettes décrites jusqu'à présent.

Ces espèces sont au nombre de dix, et peuvent être classées, au point de vue géographique, en deux sé- ries (1) :

En Ambrettes des contrées les plus méridionales, c'est-à-dire celles qui habitent la terre de Natal et le Cap de Bonne-Espérance.

En Ambrettes de la côte occidentale, c'est-à-dire celles qui vivent depuis le Maroc jusqu'au pays des Hot- tentots (2).

Les espèces que nous comprenons dans la première série géographique sont les suivantes :

(1) Ces Succinées peuvent également, au poinl de vue zoologique, être classées dans les deux groupes Tapada et Helisùjti.

(2) Les espèces qui habitent les îles voisines du continent sont comprises dans cette série.

10 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.;

SUGCINEA STRIA TA.

Succinca striata, Krauss. Die Sudaf. Moll., p. 73, tab. ÏV, f. 16. 1848. L. Pfeiffer, Monog. Hel.viv.; suppl.,

p. 11. 1853.

Testa : ovata. fragili, diaphana, ventricosa, luteovirescente, ru- guloso-striata ; spira brevi, obtusa; anfractibus 5 convexis, sutura sat impressa separatis; ullirao ventricoso, lougitudinis 3/4 œquante; apertura rotundato-ovali; columella arcuata, basin aperturœ non at- tingente.

Long., 8 millim. Diam., 4 miilim. Long. ap.f 6 millim.

Cette espèce a été recueillie par M. J.-A. Wahlberg sur les bords du fleuve Limpopo.

SUCCINEA EXARATA.

Succinea exarata, Krauss, Die Sudaf. Moll., p. 74, tab. IV, f. 15. 1848. L. Pfeiffer, Monogr. Hel. viv., t. II r

p. 518. 1848.

Testa: oblongo-subfusiformi, tenuissima, pellucida, ruguloso- striata, stramineo-hyalina; spira conica, acuta; anfractibus A rapide accrescentibus, convexiusculis; ultimo paulo ventrosiore, basi atte- nuato, medio sulcis duobus parallelis exarato; apertura oblongo- ovali, superne angulata; peristomate simplice, margine dextro le- viter, columellari vix arcuato.

Longueur, 10 millim. Diamètre, 5 millim. Long, ap., 6 millim. et demi. Lat. ap., 3 millim. et demi.

Habite sur les plantes aquatiques qui bordent les étangs et les marais du pays de Natal.

SUCCIINEA PATENT1SSIMA.

Succinea patentissima, Menke, Diagn. neuer. Hel. in:

Zeitschr. fur Malak., p. 52,

1853.

TRAVAUX INEDITS. Il

Testa : depresso-oblonga,tenuissima, pellucida, rugoso-striatula, juirum nitida, pallide corneo-flavescente; spira minima, papillata; nnfractibns2 1/2; ullimo deorsum sensim dilatato; aperlura obliqua, acuminato-ovali; peristomate tenuissimo, recto: margine basali le- viter arcuato; columella callosa, subtorta, leviter arcuata.

Longueur, 10 millim. Diamètre, 6 millim. Ap. long., 8 millim. et demi.

Habite dans les environs de Port-Natal.

Succinea Delalandii.

Hélix (cochlohydra) elongata, var. Y. Férussac. Hist. des

Moll., tab. II, A, f. 2. Succinea Delalandii, L. Pfeiffer, Besch. neur Landsch-

necken,in: Zeitsch. fùrMalak..

p. 28.1851. L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv.,Suppl.,

p. 11.1853.

Testa : ovato-elongata, solidiuscula, striata et impresso-punctata, pellucida, succinea; spira elongalo-conica; apice acuta; anfractibus 3 1/2 perconvexis; ultimo 3/5 longitudinis subrequante; columella leviter arcuata, subcallosa; apertura obliqua, regulariter ovali; pe- ristomate simplice, recto, marginibus callo tenui junctis.

Long., 9 millim. Diam., 5 millim. Long, ap., 5 millim. Ij2. Lat. ap. ,3 millim.

Habite le Cap de Bonne-Espérance, sur les bords des marais salés, non loin de Baszaarms-Kraal.

SUCCINEA AfRICANA.

Succinea amphibia, var. Africana, Krauss, Sudaf. Moll.. p. 73. 1848. J.-A. Wahlberg a recueilli, sur les rives du fleuve Limpopo, une Ambrette que Krauss rapporte à notre Succinea putris d'Europe. Selon lui, il n'a pu trouver, entre cette espèce et ses échantillons africains , la moindre différence; et, malgré cela, ce savant natura- liste dit, quelques lignes plus loin, que ses individus africains présentaient une ouverture moins étroite vers

12 kev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

le haut, et que leur dernier tour de spire était moins convexe.

Pour nous, qui ne croyons point à la présence de la véritable Suce, putris dans le pays des Hottentots, nous élevons cette variété de Krauss au rang d'espèce, en l'inscrivant sous l'appellation de Suce. Africana.

Long., 18 millim. Diam., lOmillim.

La seconde série des Ambrettes africaines se compose également de cinq espèces, qui sont :

SUCCINEA CONCISA.

Succinea concisa, Arth. Morelet, in : Rcv. zool., p. 351. 1848. L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl.,

p. 11. 1855.

Testa : ovato-conica, tenui, pellucida, confertim ruguloso-striata, cereo-albida; spira breviuscula, subpapillata; anfractibus 2 1/2; pe- nultimo perconvexo; ultimo attenuato; longitudinis 2/5 œquante;' sutura profunda, submarginata; apertura vix obliqua, ovali; peristo- mate simplice, tenui, margine dextro et basali regulariter arcuatis; columella tenui, superne subcallosa, recedente, basin apertura non altingente.

Long., 5 millim, Diam., 3 millim. Long, ap., 3 millim. Lat. ajk, 1 millim.

Se rencontre en Guinée, sur les les bords du fleuve Gabon.

SUCCINEA SPURCA.

Succinea spurca, Gould, in : Proceed. Bost, Soc, t. III, p. 193. 1850. L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl.,

p. 1855.

Testa :parva, fragili, virescenle ; striis Iaxis, scabris, lulum cu- mulantibus; anfractibus 5 ventricosis; sutura profunda separatis; ullimo 2/5 longitudinis toquante; apertura rotundato-ovata; colu- inella aeuta, valde arcuata.

Long., 7 millim. Diam., 12 millim.

TRAVAUX INEDITS. 13

Habite la Libéric, elle a été trouvée par le docteur Perkins.

3* SUCCINEA UEL1COIDEA.

Succinea belicoidea, Gonld, in : Proceed. Bost. Soc , t. III, p. 193. 1850. L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., sup-

pl., p. 12. 1853.

Testa: parva, late umbilicata, tenui, straminea, supra oblique lirata, infra levigata; spira depressa; anfraclibus 5 1/2 rotundatis; ultime- subangulato; apertura lunala, alta.

Long., 6 millim. Diam., 12 millim.

Se rencontre sur les côtes occidentales de l'Afrique.

Succinea Sanct^-Helen^e. HelisigaSanctœ-Helense, Lesson, Voy. Coq., p, 31 G, tab.

15, f. 1. 1830. Succinea Sancta -Helense, L. Pfeiffer, Symb. Hist. Hel.,

t. II, p. 152. 1842. L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. H,

p. 518, 1848.

Testa: glaberrima.anipla, ovata, unispirata, fusco-rubella,fragil- lima. (Less.)

Long., 6 millim. Diam., 14 millim. Habite l'île de Sainte-Hélène.

Succinea pïctà.

Succinea picta, L. Pfeiffer, in : Proceed. zool. Soc,

p. 133. 1849. Succinea imperialis, Benson, in : Ann. and Mag. 1851. Mart., p. 262. (Texte L. Pfeif- fer.) Succinea picta, L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl., p. 15. 1853.

Testa semi-ovata, tenuissima, longitudinaliter strialula et irre- gulariter plicata, pellucida, nitidissima, rubenti-fulva, roseo-al- bido-strigala; spira minima,papillata;anfractibus 2 1/2. sutura levi

14 net et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

separatis; ultimo inflato, antice lineis impressis spiralibus notato; columella superne subcallosa, recedente, leviter nrcuata; apertura ampla, parum obliqua, angulato-ovali, intus rubenti-fulva; perislo- mate simplice ad insertionem subinllexo.

Long., 17 millim. Diam., 11 millim. Long, ap., lo millim.

Habite l'île de Sainte-Hélène, à Diana-Peak.

§XXXI

De la Succinea Baudonii. (Drouët).

Nous croyons utile de placer ici la description d'une Ambrette française, qui, bien que déjà décrite avec beaucoup de soin par notre savant ami Henri Drouët, de Troye (1), n'a point encore été figurée.

Testa : parvula, obeso-obtusa, solida, lœvi vel sub lente vix stria- tula, albidulo-luteola; apice obtusa; anfractibus 3 convexis; sutura profunda separatis; ultimo 2/3 longitudinis aequante; apertura obli- qua, ovato-rotundata, supra angulata, infra exacte rotundata; mar- ginibus callo tenui junctis.

Coquille obtuse, comme ramassée sur elle-même^ à test solide, lisse ou à peine strié, d'une teinte jaunâtre peu foncée. Sommet obtus. Trois tours de spire trés- convexes, séparés par une suture profonde. Ouver- ture oblique, presque ronde, avec des bords toujours réunis par une faible callosité. Golumelle ne descendant que jusqu'au milieu de l'ouverture.

Hauteur, 5 millim. Diam., 3 millim, Cette Ambrette. l'une des mieux caractérisée de notre pays, babite sur les bords des fossés, dans les prairies d'Houdainville, d'Angy, etc., du département de l'Oise. Il paraît qu'elle aurait encore été recueillie dans les Vosges par M. Puton.

(1) Énum. des Moll. terr. et fluv. viv. France contin., etc., p. 40. 1855. (Extr. des Mém. de la Soc. roy. de Liège, t. X, 1855.)

Tl'.AVAUX INEDITS. 15

§ XXXII

Note relative à la Succinea elegans de Risso.

Dans le premier fascicule (juillet, 1847) de son ou- vrage sur les Mollusques de la France (1), M. l'abbé Du pu y a rapporté à tort a la Succinea longiscata (More- let) (2) du Portugal, une espèce d'AmbreUe des envi- rons de Grasse, en Provence.

Notre savant ami Henri Drouët (3), dans son recense- ment des Mollusques français, a parfaitement reconnu Terreur du naturaliste d'Auch; aussi a-t-il, avec raison, restitué à l'espèce nommée longiscata le nom de Cor- sica que lui avait imposé Schùttleworth en 1843 (4).

Maintenant, nous croyons utile de dire que le nom de Corsica est encore un nom à éliminer de la nomen- clature scientifique. En voici les motifs :

L'on trouve, dans l'ouvrage de Risso, sur les coquilles des environs de Nice (5) (publié en 1820), les descrip- tions de deux Ambrettes, sous les noms de Mayor et iYElegans.

La première de ces espèces est la Succinea (Hélix) putris, de Linnseus (6), et doit, par conséquent, être placée parmi les synonymes de ce Mollusque.

La seconde, nommée Elegans, n'est autre chose que la Succinea Corsica de Schùttleworth.

Risso a parfaitement saisi tous les caractères distinc- tifs du test de cette Ambrette ; il a même donné sur son animal les précieux documents que voici :

Corps d'un noir mêlé de gris; tête subrugueuse,

(1) Page 75, tab. I, f. H.

(2) Moll. du Portug., p. 51, tab. V, f. 1. 1845.

(3) Énum. des Moll. terr. et fluv. viv. de la France cont., p. 40. 1855. (Extr. des Mém. de la Soc. roy, de Liège, t. X. 1855.)

(4) Moll. Cors., p. 5. (Mitthril. d. Bern. nat. Ges., p. 15. 1843.)

(5) Page 59.

(6) Syst. nat. (Ed. X), p. 774. 1758.

10 rev. et mac. de zoologie. (Janvier 1856.)

jaunâtre, tachée de noir; manteau lisse; pied d'un gris jaunâtre, finement pointillé de noir.

La Succinea elegans habite, d'après Risso, sur les plantes des fossés, aux environs de Nice. C'est de cette môme localité que mon ami Henri Drouët a reçu sa Suce, corsica. M. l'abbé Dupuy la cite des environs de Grasse. Enfin, d'après l'honorable M. Moquin-Tan- don (1), cette espèce a été recueillie àBastia, parM.Blau- ner; à Fango, par M. Romagnoli; à Ajaccio, par Re- quien.

§ XXX11I

Hélix Brondeli

Testa : anguste umbilicata, depressa, fragillima, diaphana, fusco- vineali, ad umbilicum albida, utriuque eleganter coslulata, crenu- lato-carinata. Apice obtusissimo, levi; anfraclibus 5 1/2 convexis, sutura bene separatis, regulariterque crescentibus; ultimo superne subtumido, subtus convexo; carina fere in medio; apertura rotun- dalo-lunari; peristomate acuto, non labiato; pauluhim ad columel- lam deflexo.

Coquille faiblement ombiliquée, déprimée, d'une ex- trême fragilité, transparente, d'une couleur d'un brun vineux, excepté vers l'ombilic, le test est blanchâtre. Surface entière coslulée avec beaucoup d'élégance, sauf le sommet, qui est lisse. Tours despire au nombre de cinq et demi, séparés par une suture bien prononcée, et s'accroissant régulièrement. Dernier tour de spire offrant, presque vers son milieu, une carène crénelée, qui rend sa partie supérieure un peu moins convexe que sa partie inférieure. Ouverture échancrée, arron- die. Péristome aigu, non bordé, et seulement un peu réfléchi à la columelle.

Hauteur, 7 millim. Diamètre, 11 millim.

Cette Hélice a été recueillie dans les environs de

(1) Ilist. nat. des Moll. de France, t. II, p. 61. 1855.

TRAVAUX INÉDITS. 17

Mostaghanem, en Algérie, par M. Brondel, auquel nous la dédions.

L'Hélix Brondeli appartient au groupe des Hélix ru- (josa (H. Garyottœ de Philippi), Chemnitz, Spratti, L. Pfeiffer, Crenimaryo, Krynicki, etc.

C'est surtout avec cette dernière espèce que notre coquille peut offrir des ressemblances. Mais on l'en séparera aisément : à ses tours de spire, plus nom- breux; à son test, plus fragile; à sa couleur, mais sur- tout à son péristome simple, qui n'est point bordé, ainsi qu'à sa carène, qui est presque médiane.

§ XXXIV

GlANDlNA BltONDELl.

Testa : ftisiformi-cylindracea, aciculari, hyalina, fragillima, al- bido-cornea, lœvissima; apice attenuato, obtuso; anfractibus 6 pla- nulalis, sutura impressa separatis; ultimo 2/5 longitudinis œquaute; apertura angusta, lanceolata, ad basin rotundata; coluraella arcuata, callosa, angusle abrupteque ad basin truncata, ac, in parte supe- riori milamellata; peristomate simplice; marginibus callo junctis.

Coquille fusiforme , cylindracée, très-fragile, bril- lante, transparente, d'une couleur cornée pâle, et ne laissant pas apercqvoir à la loupe la moindre strie. Ses six tours de spire, séparés par une suture bien mar- quée, sont à peine convexes ; le dernier égale les deux cinquièmes de la longueur totale. L'ouverture est rétré- cie, pyriforme. Le péristome est simple, et ses bords sont réunis par une callosité saillante, qui rend la co- lumelle très-épaisse, Celle-ci, qui est arquée, possède a sa partie supérieure un renflement assez considérable, et se trouve fortement et brusquement tronquée à sa base.

Longueur, 4 millim. Diamètre, à peine 1 millim.

Cette gracieuse petite coquille a été découverte par

M. Brondel, qui la communiqua à M. Roland du Roquau,

de Carcassonne. Ce savant la classa dans sa collection

sous le nom de Brondeli, que nous adoptons. Dernière-

série, t. vin. Année 1856. 2

18 hev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

ment, M. Brondel l'envoya, avec d'autres espèces d'Al- gérie, au docteur Raymond, qui voulut bien nous la confier pour la faire représenter dans nos Aménités.

La Glandina Brondeli habite sous les pierres, dans les environs de Mostaghanem, en Algérie.

Cette espèce offre de grandes ressemblances avec la Glandina (Buccinum) acicula, de Mùller (Verm. Hist. II, p. 150. 1774); mais on la distinguera toujours de cette dernière : à sa taille plus petite ; à sa suture plus pro- noncée; à sa callosité columellaire plus forte; et sur- tout à sa petite dent, qui orne la partie supérieure de sa columelle.

§ XXXV

LlMNAE KUBIGENA.

Testa : perforata, ventricoso-globosa, nitida, diaphana, cornea, elegantissime striata; apice obtuso; anfraclibus À convexis, prope suturam profundam submarginatis; ultimo 2/3 longitudinisœquante; apertura semi oblonga; peristomate acuto, simplice; collumella recta, ad perfora lionem dellexa.

Coquille perforée, ventrue, globuleuse, brillante, transparente, cornée et très-élégamment striée. Som- met obtus, à quatre tours de spire convexes, séparés par une suture profonde et submarginée; dernier tour de spire égalant les deux tiers de la longueur totale, et supérieurement subanguleux. Ouverture échancrée, oblongue. Péristome simple, aigu. Collumelle droite, réfléchie sur la perforation, qui est assez grande. Bords marginaux réunis par une faible callosité.

Hauteur, 9 millim. Diamètre, 7 millim.

Cette espèce a été recueillie par le professeur Bel- lardi, de Turin, dans les Alpes, au Mont-Viso.

§ XXXVI

PHYSA FlSCflERfANA.

Tesla : subturrito-elongata, tcnuissima, cornea, diaphana; spira

TRAVAUX INÉDITS. 19

exserta; apice parum acuta; anfractibus 5 convexis, Uevibus, ac su- tura submarginata profonde separatis; ultimo 1/2 longitudinis ac- quanle; apertura oblique oblonga, ad marginem collumellarem sub- reflexa, ita ut fissura umbilicaris appareal; columella recta.

Coquille allongée, très-fragile, transparente, d'une couleur cornée; cinq tours de spire convexes, séparés par une suture profonde; le dernier tour égale la moitié de la longueur totale.

Ouverture oblongue, oblique par rapport à l'axe, et se réfléchissant un peu sur la columelle, qui est droite.

Longueur, 8 millim. Diamètre, 4 millim.

Nous ne connaissons point la localité exacte de cette espèce, qui provient de l'Abyssinie.

La Physa Fischeriana, que nous dédions à notre ami M. Paul Fischer, ne peut être rapprochée que des Physa Wahlbergi (1), scalaria (2) et Schmidtii (o).

On distinguera notre espèce :

Du Wahlbergi, à sa taille plus petite, à ses tours de spire tous lisses et non carénés, à son ouverture plus oblongue, moins arrondie à sa base, etc., etc.;

Du scalaris, à ses cinq tours de spire lisses, à son ouverture plus rétrécie, plus oblique, etc.;

Du Schmidtii, à son sommet moins aigu et non cos- tulé, à ses tours de spire plus nombreux et non striés, à son ouverture plus oblongue, etc.

§ xxxvu

BlTHlNIA GaILLARDOTII.

Testa : minima, vix sub lente perforato-rimata, ovato-ventricosa,

(1) Physa Wahlbergi, Krauss, Moll. Sud-Afrik., p. 84, pi. V, f. 13. 1848.

(2) Physa scalaris, Dunker, in: Zeitsch. fûrMalak.; p. 164. 1845, et : Dunker, Ind. Moll. Guineam, p. 8, tab. II, f. 5 et G. 1853. Ou- vrage où celte espèce se trouve figurée et décrite sous le nom de Bulinus scalaris.

(3) Bulinus Schmidtii, Dunker, Ind. Moll. Guineam, p. 0, tab. II, f. 7 et 8. 1855.

20 uev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

diaphana, sub lente \ïx tenuiterstriatula, fusca; apice oblusiusculo, sœpe eroso vel truncato; anfractibus 5 perconvexis (prœsertim pe- nultimo), sutura maxime impressa separatis; apertura angulato-ro- tundata; peristomate simplice, acuto; columella arcuata, paululum albido incrassata; marginibus callo junclis.

Coquille petite, à peine perforée, ventrue, transpa- rente, de couleur brunâtre, et striée avec une si grande délicatesse, que c'est à peine si l'on aperçoit les stries au foyer d'un microscope. Sommet un peu obtus, sou- vent érosé ou tronqué. Cinq tours très-convexes, sépa- rés par une suture très-profonde; l'avant-dernier tour est surtout très-ventru. Ouverture arrondie, anguleuse au sommet. Péristome simple et aigu. Golumelle ar- quée, recouverte d'une callosité blanchâtre qui, en se prolongeant jusqu'à l'insertion du labre externe, réunit les bords marginaux.

Longueur, 2 millim. Diamètre, 1 millim.

Cette espèce, que nous dédions à M. le docteur Gail- lardot, a été recueillie par ce naturaliste dans les eaux des environs de Sayda, en Syrie.

§ XXXVIII

BlTHINlA LONGISCATA.

Testa : ovato-lurrita, diaphana, fusco-cornea, vix sub lente stria- tula; apice acuta; anfractibus 6 convexis, regulariter crescentibus ac sutura profunde separatis; apertura angulato-rotundata; peristo- mate acuto, paululum incrassato; columella in perforationem in- sconspicuam detlexa; marginibus tenui callo junctis.

Coquille oblongue, turriculée, transparente, d'un brun corné et à peine striée. Sommet aigu. Six tours de spire convexes, nettement séparés les uns des autres et s'accroissant avec une grande régularité. Ouverture arrondie, anguleuse à son sommet. Péristome aigu, malgré cela un peu épaissi. Columelle réfléchie sur la perforation, qui est à peine visible. Bords marginaux réunis par une légère callosité.

TRAVAUX INÉDITS. 21

Longueur. 4 millim. Diamètre, 1 millim. 5(4. Habite les environs de Sayda, en Syrie. (Gaillardot.)

§ XXXIX

UlTHINIA MoQUUilANA.

' Testa : perforata, venlricosa, fragillima, diaphana, cornea, lœvi; spira obtusiuscula; anfractibus 5 convexis, sutura profunde separa- lis; ultimo pnesertim maxime ac venlricoso; apertura angulalo-ro- tundala; peristomate simplice, paululum incrassalo; columella pau- lulum reflexa; marginibus callo junctis.

Coquille très-petite, perforée, ventrue, très-fragile, transparente, lisse et cornée. Spire un peu obtuse. Cinq tours de spire convexes, nettement séparés par la su- ture. Le dernier tour est très-grand et très-ventru. Ou- verture anguleuse au sommet, arrondie. Péristome sim- ple et un peu épaissi. Columelle réfléchie sur une per- foration assez grande. Bords marginaux réunis par une callosité.

Longueur, 1 millim. 1(2. Diamètre, 1 millim 1{4.

Habite les environs de Sayda, en Syrie. (Gaillardot.)

IVote sur l'origine marine des espèces du genre Dreis- sena, Mollusque lamcllibranche de la famille des Mytilacées, par M. Marcel de Serres. (Voir 1855, p. 574.)

Le genre Dreissena offre plusieurs autres particulari- tés d'autant plus remarquables, que peu de Mollusques les partagent. L'une des espèces qui en fait partie est à Ja fois marine et des eaux douces; elle est pourvue d'un bysus assez fort. D'après l'ensemble des faits que nous venons de rappeler, il est difficile de ne pas considérer les espèces de ce genre comme marines. Toutefois, en passant successivement dans les fleuves et les rivières, elles sont devenues peu à peu des Mollusques d'eau douce autant que marins.

2'2 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

Il ne nous reste plus maintenant qu'à nous assurer comment ces animaux, placés d'abord dans la mer Cas- pienne, la mer Noire et la Baltique, ont pu s'étendre dans presque toute l'Europe, pénétrer ensuite en Afri- que, et parvenir enfin jusqu'au Nouveau Monde.

La mer Caspienne communique avec la Baltique au moyen du Yolga et d'un canal qui se termine à la ri- vière de la Sias. Cette rivière va se perdre dans le lac Ladoga, qui communique avec la Baltique au moyen de la Neva, et par cela même avec la plupart des eaux courantes et stagnantes de la Russie.

Le Danube, dont la source est dans la forêt Noire (grand-duché de Bade), et l'embouchure dans la mer Noire, par son cours assez long et par le grand nombre de ses affluents, fournit de nombreux moyens de déve- loppement aux animaux qui vivent dans ses eaux. Ceux dont l'organisation s'est le mieux prêtée à toutes sortes de changements dans leurs conditions d'existence ont s'étendre dans une infinité de directions, et peupler ainsi de leurs tribus presque les trois quarts de ^Eu- rope.

De même, les espèces qui vivent dans la Baltique ont pu se répandre sans obstacles dans toute l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France. De la Baltique, elles ont pénétré dans l'Océan, et, une fois parvenues, dans son sein, elles ont pu se- propager dans toutes les parties du monde. Aussi, avec leur constitution, qui leur permet de vivre tout aussi bien dans les eaux dou- ces que dans les eaux salées, il n'y aurait rien d'éton- nant que les Dreisseîia se trouvassent bientôt dans les fleuves de la Nouvelle-Hollande. Véritables cosmopo- lites, les espèces de ce genre sont probablement desti- nées à suivre nos vaisseaux dans leurs navigations loin- taines et à parcourir avec eux le monde entier, en sup- posant qu'ils ne puissent pas se passer de leur secours et de leur appui. Une autre circonstance semble prou-

TRAVAUX IMÏDITS. 23

ver que les espèces de ce genre ont été originairement marines; elles ont, en effet, existé dans l'ancien monde, et leurs débris, aperçus dans les terrains tertiaires de la Transylvanie, de la Moravie et des environs de Vienne, ont été, à ce qu'il paraît, constamment rencontrés dans les formations marines de cette époque. Cette position dans ces dépôts n'aurait pas une grande importance, s'il était démontré que ces Mollusques, ainsi que ceux qui les accompagnaient, avaient été entraînés dans le bassin des anciennes mers par les eaux courantes; mais, comme rien n'annonce que ces espèces y aient été trans- portées, cette circonstance concourt à démontrer que les Dreissena provenant des temps géologiques ont vécu dans le sein des mers. Une pareille conclusion s'accorde parfaitement avec ce que nous avons présumé de l'ori-, gine marine des Dreissena des temps actuels, presque aussi répandues dans les eaux douces que dans les eaux salées.

Du reste, les êtres qui habitent le sein des mers ir- radient plutôt vers les eaux douces ou courantes qui s'y perdent que ceux des fleuves ou des rivières des- cendent dans les eaux salées pour y vivre et s'y per- pétuer.

Nous connaissons du moins un assez grand nombre de Poissons qui de la mer remontent dans les rivières, souvent en grandes troupes, annonçant, par leur appa- rition, la venue du printemps. Ces habitudes sont par- ticulières à la grande Lamproie (Petromizon maximus), aux Esturgeons (Accipenser slurio, L.), aux Eperlans (Salmo eperlanus), aux Saumons (Salmo salar), et même aux Anguilles {Murxna angitilla). On pourrait presque en dire autant des Plies (Pleuroneces limanda), si ces Poissons s'éloignaient à de plus grandes dis- tances de l'embouchure des fleuves dans lesquels ils s'engagent souvent.

Ces mœurs ne sont pas seulement propres aux Pois-

24 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

sons, elles rappellent celles de plusieurs Mammifères marins, tels que les Dauphins, qui remontent les riviè- res à de fort grandes distances de leur embouchure. Ainsi Ylnia bolivensis de d'Orbigny, que Ton rencontre dans toutes les rivières de Mojos de Chiquitos, en Bo- livie, se trouve également dans tous les affluents supé- rieurs de l'Amazone, et parfois à plus de sept cents lieues de la mer. 11 en est de même du Delplrimis fluvia- tilis (Deville et Gervais), du Nouveau Monde, et qui est plus rapproché du Dauphin ordinaire que le Delphinus groffrensis ou Irria bolivensis; il en diffère cependant par une plus petite taille et un bec un peu plus grêle (1). 'Quoique ces deux espèces n'aient pas, jusqu'à pré- sent, été aperçues dans les mers de l'Amérique, cir- constance qui s'explique facilement, il nous paraît ex- trêmement probable qu'elles en proviennent, tout aussi bien que les différentes espèces du genre Dreissena, sur lesquelles nous venons de porter l'attention. Nous le supposons avec d'autant plus de raison que cette habi- tude de quitter le bassin des mers, pour remonter ({ans les fleuves qui s'y rendent, est assez familière aux Dau- phins. On se rappelle encore qu'il y a une vingtaine d'années le Dauphin ordinaire (Delphinus delphis) re- monta la Seine jusqu'à Paris, et étonna les habitants du quartier du Jardin des Plantes par sa grande vélocité dans des eaux qui ne pouvaient guère lui convenir.

D'autres animaux abandonnent, au contraire, les eaux douces, s'élancent dans le bassin des mers, et parvien- nent parfois à de très-grandes distances de leurs bords.

(l)*Nous supposons, contrairement à ces naturalistes, que les Dauphins de l'Amérique ont été originairement des espèces ma- rines. Si elles se trouvent maintenant dans les eaux douces, à de grandes distances des mers, elles n'y sont parvenues que peu à peu et après des temps dont nous ne pouvons apprécier la durée. Voyez les Nouvelles Annales du Muséum d'histoire naturelle de Paris, t. II, p. 28. Paris, 1854.

TRAVAUX INEDITS. 20

A In vérité, ils n'y sont que d'une manière passagère et momentanée : on les voit rentrer bientôt dans les eaux courantes, qui sont leur élément habituel. M. de Ilum- boldt, dans ses voyages en Amérique, a aperçu souvent les Crocodiles nager fort loin des côtes; mais il ne les a jamais vus y séjourner longtemps. En effet, les es- pèces qui abandonnent les eaux douces pour aller dans le sein des mers y demeurent fort peu; elles semblent nous dire, par là, qu'elles se trouvent dans un élément qui convient peu à leur condition d'existence.

Les Mammifères marins et les Crocodiles, en passant des eaux marines dans les eaux douces, et de celles-ci dans les eaux salées, ne changent réellement pas de milieu ; celui dans lequel ils respirent reste toujours le même. Il en est tout autrement des Invertébrés aquati- ques, qui respirent au moyen de l'air en dissolution dans l'eau : aussi les Phoques, Mammifères essentielle- ment marins, s'accommodent très-facilement des eaux douces, et les jongleurs en profitent pour montrer ces amphibies dans les foires, ils font remarquer cette particularité (1).

Les mœurs des espèces que nous venons de signaler confirment la loi générale que nous avons énoncée, et qui nous fait supposer que les Dreissena sont plutôt des Mollusques marins que des eaux douces, quoique main- tenant ils vivent aussi bien dans le sein des mers que dans les eaux courantes ou stagnantes.

(1) De pareilles habitudes ne paraissent pas avoir été le partage des animaux marins de l'ancien monde; du moins on ne rencontre jamais de leurs débris dans les terrains tertiaires axenthalassiques, quoique les restes des espèces des deux stations soient assez fré- quents en formation thalassuiue.

26 kev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

Note sur la Muscardine et sur les procédés à l'aide des- quels la veuve Montsarrat parvient à assainir les ma- gnaneries et à préserver les Vers à soie de cette désastreuse maladie, par M. F. E. Guérin-Méne ville. (Lue à la Société impériale d'Agriculture, dans sa séance du 9 janvier 1856.)

Ce serait peut-être ici le lieu de présenter un aperçu chronologique des études qui ont été faites, depuis long- temps, sur la terrible maladie des Vers à soie qui a reçu le nom de muscardine; mais ce travail, qui m'entraî- nerait trop loin, a été déjà fait plusieurs fois, et se trouve en grande partie dans les Mémoires que j'ai pu- bliés sur cette grande question. Mes études sur ce fléau des magnaneries datent déjà de plus de dix ans. A leur début, je partageais l'opinion de ceux qui pensent que le cryptogame (Botrytis Bassiana) est la cause unique de la maladie, et je cherchais, comme eux, quelque sub- stance susceptible de détruire ses malencontreuses se- mences. Depuis ce temps, de nombreuses observations, faites dans la grande pratique, m'ont prouvé que les propagules de cette production, conservées dans l'ate- lier, n'étaient pas la cause première de l'apparition de la maladie. Des faits positifs, observés plusieurs fois par moi et par beaucoup d'autres praticiens, m'ont démon- tré que cette maladie s'était souvent développée dans des appartements qui n'avaient jamais servi à l'éducation des Vers à soie, et même dans des contrées cette édu- cation est une exception, comme les environs de Paris. Par contre, j'ai vu souvent, dans les pays producteurs de la soie, des magnaneries, infectées de la muscardine depuis plusieurs années, donner d'excellentes récoltes, tout à fait exemptes de la maladie, sans qu'on y ait fait de fumigations, après avoir été réparées et avoir reçu quelques fenêtres et lucarnes, quelques cheminées, ou même sans que l'on ait rien changé à la disposition du

TRAVAUX IMÎDITS. 27

local, mais parce que le propriétaire avait pris un nou- veau et meilleur conducteur pour son éducation.

Si je voulais citer les nombreux faits qui ont contri- bué à former ma conviction sur ce sujet, je serais en- traîné hors des limites d'une simple note. Je me bornerai donc à dire aujourd'hui que des études de plus de dix ans m'ont conduit successivement à modifier mes con- victions, ce dont je m'honore, car je crois que l'homme de science doit toujours suivre les enseignements que lui donnent les faits, et savoir faire consciencieusement le sacrifice de ses théories quand il lui est démontré qu'elles ne sont pas ratifiées par ceux-ci. Ayant adopté cette méthode, je suis arrivé à admettre aujourd'hui :

Que la muscardine est simplement l'une des mala- dies qui attaquent les Vers à soie quand ils sont élevés dans de mauvaises conditions, par des mains inhabiles et sous l'empire de la routine ; qu'elle n'est pas plus contagieuse que les autres maladies, dont les ravages dans les magnaneries sont aussi considérables, et que le Botrytis n'en est que le symptôme ultime ou la termi- naison.

Que, cependant, lorsque des fragments ou des pro- pagules de cette production sont inoculés chez des Vers à soie placés dans des conditions peu hygiéniques, mais qui ne seraient pourtant pas assez mauvaises pour leur donner la maladie, elles peuvent agir comme un ferment et déterminer alors l'invasion du mal sur des sujets auxquels il ne restait qu'à peine assez de forces vitales pour résister aux influences produites par les mauvaises conditions dans lesquelles ils étaient placés.

Il résulte donc, suivant moi, de ce qui précède que le seul remède efficace jusqu'ici contre celte terrible maladie consiste dans l'application des grandes lois de l'hygiène; que lorsqu'un éducateur élèvera des Vers à soie provenant de graines bien faites, bien conservées et bien incubées, dans un local disposé convenablement

28 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.) pour que l'aération soit complète et sans brusques tran- sitions et courants de températures; lorsqu'il ne les en- tassera pas trop dans un espace insuffisant ; lorsqu'il les tiendra dans un étatde propreté constant, en multipliant les délitements, surtout aux époques si critiques des mues; lorsqu'il veillera enfin avec intelligence au choix et à la préparation de leur nourriture, il évitera, non- sculemenl les atteintes de la muscardine, mais encore toutes les autres maladies qui déciment trop souvent nos magnaneries.

Il en résulte encore que dans certaines circonstances, l'effet des mauvaises conditions dans lesquelles se trouve une éducation n'est pas assez intense pour que les Vers à soie ne puissent y résister, l'invasion de la muscardine peut être déterminée par la présence dans l'atelier des propagules du Botrytis tombant sur ces Vers presque malades, et préparés ainsi à admettre ce fer- ment, qui aurait été repoussé et serait demeuré inactif sur d'autres Vers moins prédisposés à la maladie.

Il est donc bon et utile de chercher à détruire ces propagules du Botrytis, si elles peuvent, dans certains cas, déterminer l'invasion de la muscardine, et les fu- migations d'acide sulfureux, employées de tout temps, les lavages au sulfate de cuivre, ceux à l'acide sulfuri- que étendu d'eau, proposés par M. Raybaud-Lange, et jusqu'à l'emploi du feu, cité par M. de Gasparin, qui Ta vu appliquer dans une pièce voûtée et construite en pierre, me paraissent avantageux. Mais le remède véri- table, qui est en même temps l'un des meilleurs procé- dés pour arriver à l'amélioration des races, c'est, en définitive, l'application faite avec discernement des lois de l'hygiène ; c'est, je ne saurais trop le répéter, une bonne graine bien conservée et ensuite bien incubée, une bonne aération des ateliers, une grande propreté et une nourriture choisie et donnée dans des conditions convenables.

TRAVAUX INÉDITS. g$

Toul cela forme le fonds des prescriptions que donne la veuve Montsarrat dons son imprimé intitulé : Remède infaillible contre la îiialadie de la muscardine des Vers à soie. Tout cela est excellent, et je ne suis nullement étonné des bons résultais qu'elle a obtenus et qui sont constatés par un grand nombre de certificats. Il est évi- dent que sa fumigation, qui a pour base l'acide sulfu- reux, reconnu efficace pour brûler les sporules du Bo- tnjtis, détruit déjà cette cause secondaire de maladie. Mais, ce qui lui fait surtout obtenir des succès plus certains, c'est qu'elle recommande, en même temps, des soins hygiéniques qui suffiraient seuls pour préve- nir les maladies; c'est qu'elle veille à ce que cette partie essentielle de ses prescriptions soit exécutée, ce qui est toujours plus difficile à obtenir de certains éducateurs que les fumigations et même les autres pratiques indi- quées par l'empirisme et l'ignorance. Je le vois tous les ans dans le Midi, quand je recommande aux paysans, à des propriétaires plus avancés, môme, de tenir leurs Vers à soie plus proprement, de mieux aérer leurs ate- liers, etc. Je suis à peine écouté, on trouve cela trop simple; on me demande un remède, et non des con- seils. Si je voulais m'abaisser à les tromper, je suis cer- tain que je leur vendrais très-facilement quelques fla- cons d'eau ou de poudre avec ce titre de Remède contre la muscardine. Je ne parviens à leur faire un peu obser- ver les règles de l'hygiène qu'en commençant par pra- tiquer dans leurs ateliers une fumigation préalable, dont on pourrait très-souvent se passer, et en leur déclarant qu'elle ne produira son effet que combinée avec les moyens hygiéniques. De cette manière, la pra- tique accessoire fait accepter et passer la principale, et c'est ainsi que j'ai obtenu, dans les Basses-Alpes, avec l'aide de M. E. Robert, des résultats favorables qui se sont étendus de proche en proche, en donnant aux édu- cateurs, et à leur insu, des habitudes de propreté et

30 rev. et mag. de zoologie. {Janvier 1856.)

d'aération dans leurs magnaneries, qui ont notablement diminué parmi eux le nombre des insuccès, en contri- buant efficacement aussi à l'amélioration des races. J'ai reconnu encore, par ces résultats, obtenus malheureu- sement sur une échelle trop restreinte, que, ainsi que je l'ai dit dans la Patrie, à la fin de mon second article sur les soies de l'exposition universelle (12 novembre et 5 décembre 1855), le meilleur remède contre les maladies des Vers à soie et la terrible muscardine serait d'en trouver un contre l'ignorance et la routine de beau- coup d'éducateurs.

J'ai toujours désiré d'être mis à même de faire d'une manière plus étendue cette utile propagande, qui aurait pour résultat, dans un avenir prochain, un ac- croissement notable de notre production en soie. J'au- rais voulu arriver, dans nos départements essentielle- ment producteurs de la soie, et en propageant une fumigation simple qui détruit les sporules de Botrytis, aux résultats que j'ai obtenus dans les Basses-Alpes, et surtout aux environs de Sainte-Tulle, grâce à l'appui si désintéressé de M. Eugène Robert. Il ne suffisait pas de publier la recette de la fumigation, car on l'aurait em- ployée seule et sans les pratiques hygiéniques, et l'on n'aurait pas obtenu le résultat cherché, ce qui m'aurait gravement compromis. Il fallait que je fusse mis à même de propager aussi, et sous la protection de cette fumi- gation, les méthodes rationnelles, seules efficaces dans tous les cas.

J'ai montré un véritable dévouement à la séricicul- ture, en demandant, à cet effet, un appui qui n'a pu m'être accordé, et j'ai enfin, depuis plusieurs années et dans l'intérêt de ma dignité, arrêter mes sollicita- tions et me borner à faire le bien par mes seules forces-, et par conséquent dans un rayon trop restreint, quand je pouvais me rendre utile sur une grande échelle. Au- jourd'hui, en voyant ce qui arrive à la veuve Montsar-

travaux ixr.nrrs. 31

rat, j'ai lieu de m'applaudir de n'avoir point cédé aux personnes, certainement bienveillantes, qui me conseil- laient de faire une affaire de tout cela, de prendre un brevet d'invention pour vendre une méthode rationnelle d'éducation des Vers ta soie, sous le couvert de ma fumigation, dont la recette est depuis cinq ans dans un paquet cacheté, déposé à l'Académie des Sciences le 25 mai 1850.

La veuve Montsarrat a eu ce courage. Excitée par une récompense que la Société d'Agriculture lui avait accordée en 1855, sur la demande de mon confrère, M. Robinet, que j'avais fortement appuyé alors . cette femme, qui est une habile magnanière, a abandonné ses travaux et ses affaires pour aller propager sa mé- thode dans plusieurs départements. Elle a essayé de la vendre, ce qui ne lui a pas réussi, et elle n'a recueilli que la gêne et un grand nombre de certificats de pro- priétaires chez qui elle a appliqué et surveillé sa mé- thode, le plus souvent gratuitement, dans l'espoir de se faire connaître et de retirer enfin un fruit plus po- sitif de sa persévérance.

Aujourd'hui, arrivée au terme de ses ressources, épuisée par des sacrifices faits dans l'espoir d'obtenir un prix fondé par la Société d'Agriculture, et qui ne pourra pas plus être gagné, je le crains bien, que celui qui a été institué pour récompenser l'auteur d'un remède contre le choléra, et surtout contre ïôklium, cette esti- mable femme, soutenue par cet espoir décevant, a fait un effort suprême pour venir à Paris avec ses nombreux certificats. Si elle n'a pas gagné le prix, puisqu'elle n'a réellement pas trouvé une chose qui me paraît impos- sible, un remède contre la mascardine, on doit recon- naître qu'elle s'est rendue utile à l'industrie de la soie, en propageant, parmi les petits éducateurs de plusieurs départements, à l'occasion de sa fumigation, qui peut rendre des services dans certains cas, de bonnes mé-

32 uev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

thodes d'éducation qui ont eu souvent des résultats favorables. Aussi je crois que si cette zélée magna- nière était mise en position de continuer la propagande qu'elle a persévéré à faire avec ses seules ressources, depuis trois ans, l'industrie de la soie en retirerait des avantages réels. En aidant, à cet effet, une intelligente ouvrière qui, tout en se trompant dans sa spéculation, a cependant rendu un service, on montrerait aux nom- breux petits cultivateurs qui se livrent à la belle indus- trie de la soie dans nos plus humbles villages, à cette production des cocons qui est l'obole du paysan, qu'on a la volonté de venir à leur aide en favorisant le progrès chez eux, même quand il leur vient d'en bas, quand il leur est apporté par d'honnêtes et laborieux travailleurs que j'ai appris à connaître et à estimer.

II. SOCIETES SAVANTES.

Académie des Sciences de Paris.

Séance du 7 Janvier 1856. L'Académie procède à la nomination d'un vice-président. La majorité absolue des suffrages se porte sur M. I. Geoffroy Saint-Hilaire , qui est proclamé. Il prendra la présidence en 1857.

M. Valenciennes lit une Note sur les œufs à plusieurs jaunes contenus dans la même coque.

Les œufs renfermant deux jaunes sont très-rares, et ceux à trois jaunes le sont encore plus. M. Valenciennes s'en est procuré un, et il le fait passer sous les yeux de l'Académie. Après quelques considérations sur les œufs de Poules à deux ou trois jaunes, l'auteur dit qu'il a ob- servé cette duplicité de jaunes dans les œufs de divers autres Oiseaux et de plusieurs Mollusques.

A la suite de la communication faite par M Becquerel d'un nouveau procédé de gravure dit hélioplastie, par M. Poitevin, le même académicien communique des épreuves sur pierre obtenues par M. Poitevin, d'après

SOCIÉTÉS SAVA.YIKS. 55

des photographies faites par M. Louis Rousseau, qui a déjà montré plusieurs fois à l'Académie avec quelle per- sévérance il cherche à appliquer la photographie à l'his- toire naturelle. L'une de ces deux planches représente le Dohb d'Algérie, espèce de Fouetle-queuc voisin de YUromastix sjnnipes, si ce n'est le même; l'autre est la reproduction du grand et beau Stylaster, rapporté de Bourbon, dès 1803, par Péron, et que Lamarck a fait connaître sous le nom de Oculina flabeïïiformis.

Séance du\4t Janvier. Rien sur la zoologie.

Séance du 21 Janvier. M. Texier lit une Note sur les Moutons de Caramanie, envoyés à la Société impériale d'Acclimatation par M. le maréchal Vaillant.

Le nom de Caramanli, donné à ces Moutons, indique qu'ils sont originaires de la Caramanie. Cette province centrale de l'Asie mineure occupe le territoire de toute l'ancienne Cappadoce; elle se distingue par un carac- tère complet de déboisement : ce ne sont, du nord au sud, que de vastes steppes parcourues en tous sens par les tribus de Turcomans nomades qui conduisent d'in- nombrables troupeaux.

Les Moulons de cette contrée sont remarquables par une particularité qu'on n'observe pas en Europe. Leur queue forme une énorme masse de graisse qui pèse jus- qu'à cinq ou six kilogrammes. Cette race de Moutons existe dans ce pays de temps immémorial, car elle est citée par Hérodote, livre III, 113.

La laine de ces Moutons est assez grossière; elle ne sert que pour la fabrication des tapis et des gros vête- ments. Les bergers donnent à leurs Moutons une grande quantité de sel.

La Société régionale d'Acclimatation pour la zone du nord-est de la France adresse plusieurs exemplaires d'un opuscule sur les noms à imposer aux animaux nouveaux acclimatés ou supposés acclimatables.

Séance du 28 Janvier. Séance publique. 2e série, t. vin. Année 1856 5

34 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Janvier 1856.)

III. MÉLANGES ET NOUVELLES.

Sur l'animal de la Pourpre des anciens.

Sommaire. MM. le docteur Sacc et de Saulcy. Question résolue de- puis 1835. Pourpre améthyste et pourpre tyrienne. Liqueur pur- purique. Ses qualités physiques et chimiques. Oxyde cyanique et oxyde purpurique. Différences des produits fournis par le Murex trunculus et le M. brandaris. Le docteur Bizio. Les recueils scienti- fiques. — La pourpre romaine restituée à l'industrie. Description anatomique. Analyse microscopique. Vitruve. Transmutation manifeste à l'observation. Procédés des teinturiers romains révélés par Pline. Tibulle. Expérience fortuite^ Qualités physiques des couleurs purpurines signalées par Amati. Épisode d'industrie scienti- fique.

A monsieur le rédacteur en chef de la Revue de Zoologie.

Paris, 8 janvier 1855. Monsieur,

Je lis dans la Revue de Zoologie (n° 11, novembre 4855) l'analyse de deux travaux sur la Pourpre des an- ciens : l'un de M. le docteur Sacc, intitulé : Esquisse de r histoire de la Pourpre ; l'autre de M. Ernest de Saulcy, ayant pour titre : Note. à propos de la Pourpre.

La conclusion du travail de M. le docteur Sacc est que la pourpre des anciens doit être un produit analo- gue ou identique à celui qu'on obtient avec l'alloxane, qui est une solution d'acide urique dans de l'acide ni- trique (2 d'acide urique et 8 d'acide nitrique produisent 1 d'alloxane).

Quant à M. de Saulcy, il raconte qu'étant en rade de Saint-Pierre, à la Martinique, en 1836, il prenait sur les roches couvertes par la lame la Pourpre bicostale. « Dès que ces Mollusques étaient dans ma main, dit-il, ils suintaient un liquide épais, onctueux et opalin, ce qui me le fit mettre dans les poches de mon caleçon de bain, qui peu a peu se colora en pourpre magnifique, identique à celle de la murexide (pourprate d'ammo- niaque de Prout); cette belle couleur s'effaça bientôt

MÉLANGES ET NOUVELLES. 35

sous l'influence simultanée de l'eau salée et d'une tem- pérature élevée, en passant au brun, que rien ne put enlever.

« Les anciens tiraient la pourpre de la Purpura he- masîoma, que Pline appelle Buccinum, et surtout du Murex brandaris, que Pline nomme Purpura, et dont on a retrouvé de grands amas de coquilles près des maisons des teinturiers qu'on a découvertes tant à Athè- nes qu'à Pompeï. »

La question relative à l'animal qui fournissait aux anciens cette couleur si précieuse est complètement ré- solue depuis l'année 1835. Cette découverte (car c'en est une en présence des incertitudes de la science à ce propos) est consignée in extenso dans la collection des Annales des Sciences du royaume Lombard -Vénitien, et notamment dans les tomes III, V, VI et XL

C'est au Murex trunculus qu'il faut rapporter la pour- pre améthyste de Pline, et c'est la M. Brandaris qui fournit la pourpre tyrienne du même auteur. Tous les autres coquillages auxquels on en a assigné la produc- tion, tels que la Janthine, YArca, les Buccins, etc., mé- ritent la réprobation dont Pline les a frappés quand il a dit : Buccinum per se damnatur quoniam fucum remittit. La liqueur purpurigène est incolore dans l'animal : exposée à l'air et à la lumière, elle passe par toutes les nuances du vert pour se fixer à la couleur pourpre, fon- cée ou améthyste, quand elle provient du trunculus: claire, rutilante (tyrienne), quand c'est le Brandaris qui la fournit.

Les effets produits sur cette liqueur par la lumière sont dus aux rayons lumineux, et pas du tout aux rayons calorifiques ; l'oxygène de l'air se combine avec elle et en fait un véritable oxyde. Cet oxyde résiste aux réactifs les plus énergiques, aux alcalis caustiques, comme aux acides les plus forts : il n'est point altéré par les solu- tions concentrées de soude ou de potasse en ébullition,

36 rev. et mac de zoologie. {Janvier 1856.) ni par les acides sulfurique, hydrochlorique, acéti- que, etc. Il n'y a que l'acide nitrique qui la détruise, comme il détruit les substances organiques.

La liqueur du Murex trunculus, desséchée et dissoute dans l'alcool, se sépare en deux radicaux : une sub- stance azurée, oxyde cyanique, très-analogue au bleu d'indigo; une substance d'un rouge ardent, oxyde pur- purïque, lequel, par sa nature et ses propriétés, ne dif- fère en rien de la matière cristalline obtenue par Ber- zelius en chauffant, dans le vide le rouge d'indigo.

La liqueur du Murex Brandaris ne donne qu'un seul principe, un seul radical, Y oxyde tyrien (tyrien parce que c'est bien à celle-là que s'appliquent tout ce que les auteurs anciens, Aristote, Yitruve et Pline, ont dit de la pourpre de Tyr, regardée comme la plus précieuse à cause de son éclat).

Ainsi, il y a entre la pourpre fournie par les deux coquilles deux différences capitales : le M. trunculus donne la pourpre foncée, améthyste ; le M. Brandaris donne la pourpre tyrienne ; dans le M. trunculus, il y a deux radicaux ; dans le M. Brandaris., il n'y en a qu'un.

Voilà des résultats scientifiques précis qui, comme je l'ai dit en commençant, remontent à l'année 1855. Ils sont dus à un savant vénitien, aussi modeste qu'ingé- nieux et habile, au docteur Bizio, qui, toute sa vie, a montré plus de zèle pour l'exactitude de ses décou- vertes que d'ardeur pour recueillir les fruits de gloire qu'elles doivent mériter à son nom (1).

(1) Le docteur Bartolommeo Bizio esî un chimiste des plus dis- tingués : son travail sur Y Affinité moléculaire des corps a démon- tré en lui un esprit philosophique éminent et tout à fait digne d'un législateur de la science. Comme écrivain, il est un de ces savants rares qui trouvent le moyen de rendre leurs idées avec clarté; non pas en les mettant, comme on le dit vulgairement, à la portée des intelligences diverses, mais en élevant, au contraire, l'intelligence de ses lecteurs et de ses auditeurs à la hauteur de ses conceptions.

MÉLANGES ET NOUVELLES. 57

On se demande comment il est possible que des tra- vaux si précis, si complets sur une pareille question, soient restés si longtemps et si complètement ignorés, quoique publiés dans le premier journal scientifique de l'Italie septentrionale. Il faut donc croire que les re- cueils scientifiques ne sont pas un moyen suffisant de communication entre les savants des divers pays (1),

Outre ses Additions au spectacle de la nature et ses Mémoires sur la pourpre des anciens, la science lui doit plusieurs Mémoires très- remarquables sur la couleur verte des Huîtres, sur les carbonates de soude et de potasse (Voyez vol. I et II délie Memorie delV imp. regio Istitulo veneto di Scienze, Lettere ed Arti, et tome XX1H délie Mémoire délia Società italiana délie Scienze résidente in Mo- dem.)

(1) Ce regret est exprimé par le docteur Bizio dans le préambule de ses Recherches sur la coloration des Huîtres, et il en demande la raison aux trois causes suivantes : Sia, dit-il, per la condizione délia lingua nostra poco o nulla intesa dagli stranieri; sia perché al di fuoripoco si distendonoi giornali italiani; sia fmalmente ehe forse siani venuti presso gli stranieri nella sfavoreuole opi- nione di contribuire si poco al verace progresso délia scienza, che non metta il conto di leggerci.

Quant à la première cause, l'ignorance de la langue italienne, peu de savants l'admettront, attendu que tous se llattent d'avoir appris la langue latine, et partant de savoir également l'italien, ce qui pourrait bien être une erreur. La seconde est probable; mais la troisième est de la pure et très-naïve modestie : le docteur Bizio ne se doute pas des efforts que font bien des savants, même des plus illustres, pour faire parler d'eux et de leurs moindres œuvres. La renommée! la renommée! c'est la déesse que tous invoquent. Si la renommée ne parle pas pendant la vie, ils se figurent que la gloire leur fera défaut après la mort.

Quoi qu'il en soit, il y a quiuze ans les savants italiens avaient imaginé un moyen de se mettre en rapport, en se réunissant tous les ans pendant quelques jours dans une des nombreuses capitales de la Péninsule, pour conférer de science, échanger et discuter des idées, constater et consacrer des progrès. Il y eut ainsi neuf réunions ou congrès véritablement encyclopédiques. Le dernier se tint à Venise, au mois de septembre 1847 : j'eus l'honneur d'y as- sister et d'y faire deux lectures; l'Académie des Sciences de Paris y était représentée par M. Balard. Le dixième congrès devait se tenir

58 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.; peut-être aussi tous les hommes d'étude ne sout-ils pas également attentifs à rechercher les précédents des questions qu'ils se prennent à examiner pour la pre- mière fois.

Les travaux de M. Bizio sur la pourpre sont ce qu'il y a de plus complet au point de vue chimique. En sup- posant que l'industrie s'en fût emparée quand ils ont été mis au jour, il y a longtemps que la pourpre ro- maine serait restituée et que cette couleur magnifique fournirait au luxe un nouvel et très-riche aliment. Les Murex, en effet, sont très-abondants dans l'Adriatique ainsi que sur les côtes de la Méditerranée, et rien n'em- pêcherait qu'on les parquât comme les Huîtres et qu'on soignât leur reproduction sur nos côtes s'il y avait né- cessité.

La poche de la liqueur des Murex est située à la par- tie supérieure du corps de l'animal, entre les organes de la tête et le foie. Dans un individu que j'avais rapporté de Venise, conservé dans l'alcool, et que j'ai examiné avec le docteur Gruby, elle avait deux centimètres de longueur; son orifice terminal, un cen- timètre et demi. Cette poche forme un cul-de-sac ; elle est composée de quatre couches : à l'intérieur, une couche d'épithélium disposé par plaques allongées ; une couche fibrillaire composant la membrane mu- queuse; 3° une couche fibrillaire entrecroisée évidem- ment musculaire; enfin, tout à fait à l'extérieur, une

à Sienne, en l'année 4848; mais déjà, à Venise, on pressentait, pour l'année suivante, des motifs de réunion moins pacifiques. En consultant le registre des admissions, on avait même fini par com- prendre que tous ceux qui s'étaient rendus à ce congrès de Venise n'avaient pas eu pour objet de conférer de science. Les événements qui ont suivi ne permettront pas de longtemps aux savants italiens de retrouver de semblables occasions de se réunir. C'est un mal- heur pour la science, dont les progrès sont en raison directe de la facilité des communications que peuvent avoir entre eux ceux qui la cultivent.

MÉLANGES ET NOUVELLES. 30

couche séreuse faisant partie de l'enveloppe générale de l'animal dans l'intérieur de la coquille.

Dans cette poche sont disposés : à droite, les arcs branchiaux, dont les lames forment des feuilles élar- gies en éventail; vers la partie convexe de ces arcs branchiaux, un organe floconneux visible à la loupe, composé de cellules hexagones symétriques remplies de mucosité. Cet organe floconneux est allongé; il est placé sur la paroi supérieure de la poche, selon Taxe longitudinal : sa longueur est de 6 à 8 millimètres; sa largeur, de 2 millimètres environ. La mucosité sécré- tée par cet organe contient des cellules d'épithélium, des globules, de la matière colorante ou pigment, et une substance homogène incolore. Examiné au micros- cope, le liquide extrait de la poche de l'animal, après quinze jours de séjour de celui-ci dans l'alcool, se pré- sentait sous les apparences suivantes : une masse trans- parente granulée, composée de petits flocons [blanchâ- tres détachés de la poche même, entremêlés de pigment pourpre d'une forme anguleuse et irrégulière.

J'avais en même temps rapporté du liquide extrait des poches des Murex encore vivants, et je l'avais mêlé avec du miel pour le conserver, selon les indications de Vitruve. Nous l'examinâmes aussi au microscope : c'était une substance amorphe, transparente, dans la- quelle nageaient des cellules ovales, rondes, ayant une enveloppe transparente et parsemée de petits molécules blanchâtres. Outre ces cellules, il y avait de plus des globules anguleux, blanchâtres. Ce sont ces cellules et ces globules qui, sous l'influence de la lumière, chan- gent de couleur et s'arrêtent au pourpre en passant par les diverses nuances de vert. On voit cette transmuta- tion, sous le microscope, se produisant d'une manière insensible, absolument comme on voit se produire les cristaux d'une dissolution saline soumis au même mode d'observation.

40 rev. èt mag. de zoologie. [Janvier 1856.)

En présence de faits aussi précis que ceux qui sont fournis par le savant vénitien, concernant les deux Mu- rex, auxquels on doit joindre, d'après Bizio lui-même, le Bnccinum lapilhis ; en présence des résultats anato- miques et microscopiques observés par le docteur Gruby et par moi, il n'est pas besoin de recourir au labora- toire pour obtenir la véritable pourpre.

Il ne reste plus qu'à déterminer avec précision le moyen de l'appliquer à l'industrie. Sous ce rapport, Pline est très-explicite; il fait connaître en détail les procédés des teinturiers de son temps, et Ton n'aurait, pour ainsi dire, qu'à les imiter, pour obtenir les mêmes résultats qu'eux, c'est-à-dire une couleur splendide et douée de cette morbidezza tant célébrée qui faisait dire à Tibulle :

Mollia caris

Vellera det succis bis madefacta tyros.

Le fait est que rien n'est plus séduisant et plus du- rable que la vraie pourpre.

Je me rappelle qu'en 1845, à Venise, M. Bizio, ré- pétant en ma présence, pour me rendre témoin- des résultats, ses expériences sur la liqueur des Murex, je répandis sur une chaussette de laine un peu de cette liqueur sans précaution ni préparation aucune. La cou- leur dura autant que la chaussette, et les blanchissages répétés auxquels celle-ci fut soumise ne l'altérèrent nullement : la couleur conserva jusqu'à la fin le même brillant, le même éclat, et surtout ces reflets changeants qui sont le caractère distinctif de la véritable pourpre. 1 colori purpurei non erano soltanto cangianti e varii, ma altresi coruscanti e ardenti quanto i colori delV iride ce- leste, délie armi brunite, délie plume dei colombi, dei pavoni, délia fiamma ardente, délie splendide gemme, délie stelle, e dello stesso fulgidissimo sole; le quale imagini sono tutte acconce a manifestarci la vive%za ammirabile dei colori purpurei. (Amati, cité par Bizio.)

MÉLANGES ET NOUVELLES. 41

Je viens de réparer, au profit d'un savant italien, un oubli tout à fait involontaire de la science française. Qu'il me soit permis de dire un mot d'une question qui me concerne, et vis-à-vis de laquelle je me trouve dans un cas analogue.

En 1835, je fis des études microscopiques et des ex- périences nombreuses sur la constitution physique du lait. Je démontrai qu'en le privant des cinq sixièmes de l'eau qu'il contient on pouvait le conserver longtemps et le transporter au loin ; que, pour le reproduire avec toutes ses qualités, il suffisait de lui restituer l'eau qu'on lui avait enlevée. Je présentai un Mémoire et du lait ainsi préparé à l'Académie des Sciences, qui nomma deux commissaires, MM. Darcet et Turpin, lesquels moururent sans avoir fait leur rapport. Un ancien phar- macien, M.Gallais, m'avait demandé l'autorisation d'ap- pliquer mes idées à une exploitation en grand : des expériences furent faites. M. Bouchardat, pharmacien en chef de l'Hôtel-Dieu, demanda que la lactoline (c'est le nom que j'avais donné au produit) entrât dans le ser- vice alimentaire des hôpitaux (Annales d'hygiène, juillet 1857, page 64). Enfin, M. Orfila consacrait mon pro- cédé dans son Traité de chimie. Dans l'intervalle, M. Gal- lais mourait, et de grands intérêts m'avaient appelé dans l'empire d'Autriche. Je devais croire néanmoins que le mérite de la découverte relative à la conserva- tion du lait par Tévaporation était acquis à mes travaux. Pas du tout : en 1849 (j'étais absent depuis douze ans), M. P. Moigno vante dans la Presse un procédé de conservation du lait par M. Martin de Lignac; MM. Du- perrey, Balard et Payen font à l'Académie des Sciences un rapport approbatif sur ce procédé de M. Martin de Lignac. Enfin, dans le journal la Presse du samedi soir, 5 janvier dernier, M. Louis Figuier vante, comme une des merveilles de l'exposition universelle, et comme ayant sans doute été l'objet d'une récompense, le même

42 i'.ev. et mag. de zoologie. {Janvier 1856.) procédé du même M. Martin de Lignac; et la descrip- tion qu'il en donne, savez-vous elle se trouve in ex- tenso, presque en termes identiques, et à quelle date? Dans le Dictionnaire d'histoire naturelle publié sous votre direction, monsieur le rédacteur, à l'article nour- riture, tome VI, page 12o, colonne 2; Paris, 1838, im- primerie de Cosson.

De pareils accidents scientifiques arrivant en France, et à un Français, me semblent bien propres à consoler les étrangers des oublis momentanés qu'on peut faire d'eux dans les aréopages scientifiques ou dans les co- mités d'industriels.

Je vous prie, monsieur le rédacteur, d'agréer l'ex- pression de mes sentiments les plus distingués.

G. Grimaud de G aux.

Désirant éviter, autant que possible, des polémiques ayant un caractère plus ou moins personnel, j'aurais voulu refuser à M. Brisout de Barneville l'insertion de la réponse qu'il a faite à M. H. Lucas dans le numéro de septembre dernier; mais, comme l'attaque avait été publiée, j'ai admettre la défense, en annonçant à M. Brisout que cette note serait la dernière que j'ad- mettrais.

M. Lucas a cru devoir faire de nouvelles observations que j'ai d'abord refusé d'insérer. Cependant, comme il s'agit, dans ce nouveau travail, d'un fait scientifique, et que M. H. Lucas a bien voulu s'en rapporter à mon juge- ment, en déposant chez moi, pour que je puisse les exa- miner, les Insectes qui font l'objet de la discussion, j'ai pu m'assurer que les individus de YEremiaphila barbara, que M. Brisout regarde comme adultes, ne sont réellement que des larves plus ou moins avancées dont les organes générateurs sont encore emmaillotés,

MELANGES ET NOUVELLES. 45

et par conséquent impropres à l'acte de la reproduction. Cet examen, fait sur tous les individus qui ont servi aux travaux des deux adversaires, m'a convaincu de la jus- tesse des vues de M. H. Lucas; les raisonnements à l'aide desquels il les appuie me semblent donc très-justes, comme on pourra le voir par les extraits de son travail que je vais donner, atin d'en finir avec cette discus- sion.

Ne s'arrêtant pas à la persistance avec laquelle M. Bri- sout continue d'établir des espèces avec des nymphes, mais même avec de simples larves d'espèces déjà con- nues, et sans répondre de nouveau à toutes les opinions émises par cet entomologiste, puisqu'il les a réfutées dans cette Revue (n° de janvier 1855) (1), M. H. Lucas ne s'occupe que de ce qui a rapport au développement des pièces annexées aux organes sexuels comparées, chez des espèces, à l'état de larve, de nymphe et d'insecte par- fait; car tel est le point principal de la dissidence, et c'est précisément ce que M. Brisout a encore passé sous

(1) Cependant, il y a un passage que l'on ne peut passer sous silence, et qui démontre combien est grande la légèreté avec la- quelle cet entomophile fortifie son opinion; ce passage le voici : « Parmi les Erémiaphiles qu'il décrit, dit M. Brisout en parlant de M. Lefebvre, en a-t-il observé une seule espèce qui eût passé suc- cessivement de l'état qu'il considère comme nymphe à celui qu'il regarde comme parfait {non, pas une)?» Eh bien, M. Brisout se trompe étrangement, en avançant une semblable assertion, car il y en a une : qu'il se donne la peine de consulter la notice de M. H. Lu- cas sur YEremiaphila denticollis, mais surtout* le Handbuch der Entomologie de M. Burmeister, il verra que YEremiaphila Typhon décrite par M. Lefebvre comme étant seulement à l'état de larve ou de nymphe a été étudiée par cet entomologiste allemand, qui a pu observer les divers changements de peau par lesquels cette Eremia- phila (E. Ehrenbergii, Burm.) passe avant d'arriver à l'état parfait; il verra aussi ce que M. Burmeister pense du genre Heleronytarsus de M. Lefebvre, et qui n'est, suivant le même entomologiste alle- mand, qu'une larve YEremiaphila (Eremiaphila Lefebvrsei, Burm.).

44 rev. et mag. de zoologie. {Janvier 1850.) silence. D'après M. L. Dufour, les Orthoptères ne sont point susceptibles d'une érection complète du pénis par le coït. La nature a remédié à ce cas d'impuissance en es- cortant la verge de pièces dures, cornées, mobiles et le plus souvent préhensives; ces pièces sont désignées sous le nom d'armure de la verge; elles sont destinées à ac- crocher, à fixer les parties sexuelles de la femelle, et à faciliter l'introduction du pénis dans le vagin.

Voilà quel est l'état normal et quelles sont, après leur développement, les fonctions de ces pièces, considérées chez des Orthoptères à l'état parfait, comme cela se voit manifestement chez les Eremiaphila ayant subi leur der- nier changement de peau, par exemple, comme dans les Eremiaphila Audouinii, Cerisyi, Zettersdettii, Luxor, Bovxï, Lefebvrœi, Ehrenbergii et denticollis.

Si l'on cherche, ditM. H. Lucas, à comparer ces pièces annexées aux organes sexuels ainsi développées à celles présentées par YEremiaphila barbara, on voit que ces pièces, indispensables pour l'acte de la reproduction dans cette future espèce, sont seulement rudimentaires, atrophiées pour ainsi dire, qu'elles ne sont pas libres et par conséquent iuaptes à accrocher, à fixer les organes sexuels de la femelle, et impuissantes aussi à faciliter l'introduction du pénis dans le vagin.

Dans une note lue à la Société Entomologiquc de France, M. H. Lucas a démontré combien était grand l'avantage que l'on pouvait tirer des pièces annexées aux organes sexuels chez les Orthoptères, et à l'aide desquelles il est possible de connaître l'état adulte ou non adulte de ces curieux insectes.

En août 1855, M. H. Lucas a inséré dans notre Revue une lettre dans laquelle il a fait connaître le mâle de YE- remiaphila denticollis, et il décrit les pièces annexées aux organes sexuels de cette espèce; il y décrit aussi les mêmes organes observés sur une larve, et il fait voir

MÉLANGES ET NOUVELLES. 45

toute la différence qui existe entre cet appareil sexuel et celui d'un individu à l'état parfait.

M. H. Lucas avait lieu d'espérer que ces deux notes, tout à fait propres à élucider la question, auraient con- duit M. Brisout à étudier comparativement les organes sexuels chez des Eremiaphila à l'état de larve, de nym- phe et d'insecte parfait; mais il voit que cet entomo- phile n'a pas jugé à propos de faire cette étude : il a mieux aimé nier et passer sous silence les travaux faits par ses devanciers. Cette manière de trancher la diffi- culté est facile; mais M. H. Lucas fait observer que nier sans appuyer ses dénégations de faits sérieux ce n'est pas prouver. Cet oubli volontaire est fâcheux, car, si M. Bri- sout avait consi Ité ces divers travaux, ses recherches consciencieusement faites lui auraient évité d'émettre une opinion qui est en même temps contraire aux lois de l'anatomie et de la physiologie, et que M. H. Lucas ne peut désigner que sous le triple nom d'hérésie anato- mico-physiologico-zoologique.

En effet, puisque les pièces annexées aux organes sexuels, dans Y Eremiaphila barbara, sontrudimentaires, M. H. Lucas demande à M. Brisout comment il comprend l'accouplement de cette espèce, comment il explique le jeu des pièces auxiliaires qui accompagnent l'organe mâle, et par quel moyen le pénis peut pénétrer dans l'organe femelle, puisque les pièces qui aident cet or- gane à accomplir la copulation sont atrophiées, soudées entre elles? Quant à M. H. Lucas, il avoue qu'il ne s'ex- plique pas cet accouplement, à moins que Y Eremiaphila barbara ne fasse exception aux lois anatomiques et phy- siologiques établies jusqu'à présent. Cependant M. H. Lucas ne le croit pas; aussi persiste-t-il à dire que Y Eremiaphila barbara (1), dont les organes sexuels ne

(1) Une nouvelle étude de Y Eremiaphila barbara de M. Bri-

46 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)

sont pas assez développés pour accomplir l'acte si im- portant delà reproduction, n'est qu'une larve, et doit être par conséquent rayée du catalogue des espèces.

M. Brisout semble être sensible au reproche que M. H. Lucas lui a adressé au sujet de son ex Locusta lineata, et, pour se consoler et atténuer en même temps l'er- reur grave d'avoir établi une espèce sur un Orthoptère seulement arrivé à l'état de nymphe; il dit : « Mais, si je me suis trompé au point de vue spécifique, il n'en a pas été de même quant au genre auquel j'ai rapporté cet Orthoptère, contrairement à ce que dit M. H. Lucas; car, d'accord avec d'autres entomologistes (M. Brisout ne cite pas lesquels), je ne considère depuis longtemps les Conocephalus que comme constituant une simple division du genre LocMsfa.» En vérité, il faut avouer, dit M. H.Lu- cas, que M. Brisout n'est pas heureux dans sa manière de concilier les choses; car est Terreur? ce n'est pas d'avoir rapporté une espèce à un genre auquel elle n'ap- partient pas, cela peut arriver à beaucoup d'entomolo- gistes, mais, ce qui est plus inconcevable, c'est d'avoir créé volontairement une espèce sur un Orthoptère seu- lement arrivé à l'état de nymphe, et d'avoir ainsi com- pliqué la synonymie, qui deviendra inextricable et un véritable chaos, si M. Brisout persiste à travailler d'a- près la même manière de voir.

M. H. Lucas termine cette lettre en disant que le genre Conocephalus a été établi par Thunberg et adopté par Latreillc, Audinet-Serville, Burmeister, enfin par les maîtres de la science. A l'exemple de ces savants, de l'avis desquels M.H.Lucas se range, il croit que cette

sont, faite comparativement avec YEi'emiaphila denticollis, que M. II. Lucas a fait connaître dans cette Revue (août, 1855, p. 395), a conduit cet entomologiste à regarder la première comme n'é- tant peut-être que l'état de larve prête à se changer en nymphe de la seconde.

MÉ&AJffiEa et noiyklles. .47

coupe générique doit être conservée dans le domaine de la science (1), cl qu'il doit en être de même pour le genre Acinipe de M. le docteur Rambur, quoique ce genre soit rapporté par M. Brisout à celui des Acri- dium. (G. M.)

Dîagnoses d'espèces nouvelles qui seront décrites et figurées prochainement.

Cardium Loroisii, Huppé. Testa subtrapezia, turgida, tenui, longitudinatiter obsolète sulcata; luteo-aurantiaca; umbonibus tu- midis, incurvis lxvibus violascentibus, lunula anoque striis minu- tissimh eoncentricis vix impressis, ano corda to elato pallido tribus sulcis majorihus cincto; rima crenulata intùs alba. L. 62; 1. 65; épaiss. 55 mill. llab ?

Pyrula Penardi, Monlrouzier. Testa ventricosa, fleoidea, am- pullacea, tenui, basi slriata, transversim scabriuscula, squnlide alba, subumbilicata; anfractibus turgidis; spira exsertiuscula; cauda brevi; columella excavata, rellexa, foliata. Canali subrostrato, an- terius reflexo; apertura ovalo-oblonga, intus alba, basi rosea. L. 60; 1. 43 mill. llab. Nouvelle-Calédonie.

Lucanus pentaphyllus, Reiche. Elongatus, convexiusculus, fusco-piceus; elytris, mandibulisque fusco-castaneis. Caputnitidu- lum; carina frontali parum perspicua, oecipitali parum elevata; mandibulis capite sesqui longioribus, rotundatim curvalis; gracili- bus, apice furcatis, medio unidentatis, denticulisque 4-6 anté mé- dium 1-2 pone médium tuberculiformibus, obtusis, haud quadrato truncatis instructis; antennarum capitulo in utroque sexu penta- phyllo. Thorax nitidulus, transversus, subquadratus, angulo late- rali rotundato. Scutellum, elytra, pectus, abdomen, pedesque ut in Luc. Cervo. Hab. Gallia meridionali circà Telonem et Portum veneris.

Prionas Lefebvrei, de Marseul. Nigro brunneus, nitidulus, capite sat grosse punctatus, antennis apice rufescentibus, protho- race transverso, antice latiore basi marginato, utrinque subsinualo, lateribus acute bispinoso, supra lœvigato pace punctulato; elytris

(1) Elle a été conservée aussi par M. II. Fischer, dans un travail très-consciencieusement fait, ayant pour titre : Orthoptcra euro- pœa, p. 245(1855).

48 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856,)

convexis, strigosulis angulo suturali spinoso, margine inilexo fer- rugineo. L. 35; èlytr. 23; 1. 9 mill. Hab. la Syrie.

Prionobius cedri, deMarseul. Elongatus, parum convexus, brunneus ; fronte varioloso punctato, inter oculos longitrorsum sul- cato: prothorace brevi transverso, basi apiceque marginato, supra grosse et inœqualiter punctato, in metlio spatio lœvigato, lateribus intlexis arcualim dilatatis spinosis; scutello marginato, basi punc- tato; elytris rugosis apice obtusis, obsolète 4costalis; pedibus com- pressis, inermibus, tarsis snbtus canaliculatis. L. 58; élytr. 50; 1. 15. Hab. la Syrie.

Xenodorum Bonvoidoiri, de Marseul. Nigrum, ilavo-hirtum, apice nigro brunneis; capiteprothoracequerugoso punctatis, hoc 5, tuberculis lœvibus (2, 3); elytris testaceis, vitta média transversa, apiceque nigris, undique at parte testacea minus dense punctatis. L. 14; élytr. 9; 1. 5 mill. Trouvé à Paris, et provenant pro- bablement des bois exotiques de l'exposition universelle.

Doreadion Amorti, de Marseul. Niger, nitidus, pube grisea vestitus, supra parce punctatus; fronte sulcata; pronoto utrinque obtuse denlato; elytris tenuiter costatis oblongo ovalibus, apice sin- gulatimrotundatis; tibiis apice bispinosis, intermediis extus obtuse dentatis, fulvo-hirtis. L. 13; 1. 4 1/2. Hab. l'Espagne.

Triammatus Saundersii, Chevrolat. Alatus, cinereus. Elytris nigro-fïavoque variegatis, bnsi tuberculatis. Capite thorace pecto- reque infrà in lateribus albidis; antennis basi cinereis, articulis tribus nodosis apice elongatis nigris. L. 32; 1. 11 mill. Hab. Bornéo.

TABLE DES MATIERES.

H. Aucapitaine. Notice sur le Mouflon à manchettes. 5

J.-R. Bourguignat. Aménités malacologiques. 7

Marcel de Serres. Note sur le genre Dreissena. 21

GuIrin-Méneville. Note sur la Muscardine. 2f>

Académie des Sciences de Paris. 52

Mélanges et nouvelles. 54

PARIS. TïP. SIMON RAÇ0\ KT Ce, RUE D'ERFCJRTH, 1.

DIX-NEUVIÈME ANNÉE. FÉVRIER 1856.

I. TRAVAUX INÉDITS.

Esquisse sur la Mammalogie du continent africain ; par M. le docteur Pucheran. (Voir 1855, p. 209, 257, 303, 449, 498 et 545.)

Ce n'est point, en effet, sur le continent africain seule- ment qu'existent des bassins, des zones zoologiques carac- térisés par la présence de types spéciaux : l'Europe en possède de semblables, aussi bien que le continent amé- ricain ; et de là, l'idée, qui a germé dans l'esprit de certains observateurs qui, poussant à leurs dernières limites ces divisions zoologiques, ont cru pouvoir admettre l'exis- tence d'autant de centres de création. L'admission de ces divers centres a été incontestablement basée sur la pré- sence des espèces, par conséquent sur la dernière synthèse, en laquelle se résout la méthode appliquée aux êtres organisés. Les genres, les tribus, les familles et, à plus forte raison, les ordres offrent une limitation trop peu restreinte pour qu'on ait pu, dans cette circonstance, appuyer de telles idées sur leur distribution géographique. C'est ainsi, par exemple, que Desmoulins, comparant l'Hippopotame du Sénégal à celui du cap de Bonne - Espérance, se croit en droit d'émettre l'opinion que le Sénégal et le cap de Bonne-Espérance forment chacun, de leur côté, un centre particulier de création. Plus récemment, M. Hombron a donné plus d'extension à cette idée, qui ne peut évidemment soutenir l'examen lorsqu'on considère soit d'ensemble, soit en détail les faits sur les- quels elle s'appuie.

2* tBRiB. t. vin. Aimée 1856. 4

50 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

Examinons d'abord, en premier lieu, le point de départ d'une semblable conclusion. Il est, évidemment, totalement insuffisant, car il se borne à un type très-réduit, susceptible de ne donner qu'une faible idée des modi- fications organiques. Nous avons vu plus haut combien les notions que fournit une base semblable sont vrai- ment artificielles, et l'inconvénient que nous avons alors signalé se reproduit ici; car elle multiplie les faunes spéciales, à mesure que les faits deviennent plus nombreux. En partant de cette base, nous pourrions, avec autant de chance de vérité, faire, en suivant les indications données par M. Brandt, un centre de création de la Sibérie orientale. En nous appuyant sur les observations ornithologiques de M. de Lafresnaye sur les Antilles, nous pourrions considérer chacune des îles de cet archipel comme un centre de création, puisque chacune a ses espèces propres (1). Nous en pouvons dire autant des Philippines, des Mariannes, de chacune des îles de la Polynésie. Or il nous semble impossible de donner l'expression du vrai en suivant une telle voie ; tout- prin- cipe qui, au lieu de grouper les faits, entraîne à leur division, nous paraît ne pas être autre chose qu'une cause d'erreur, lorsqu'il est appliqué.

Aussi ne pensons-nous pas que l'on puisse considérer comme constituant de véritables centres de création les zones zoologiques qui, dans une partie soit de l'ancien, soit du nouveau continent, sont caractérisées par une faune spéciale. Nous avons dit, plus haut, combien la base d'énonciation d'une telle opinion est restreinte ; serait- elle même plus étendue, elle n'aurait pas une valeur de vérité plus absolue. Car il existe des genres plus ou moins cosmopolites; la même observation est applicable aux familles et aux tribus. Il arrive, dès lors, que non-seule-

(1) Les observations de M. Schlégel (loc. cit., p. 226) sur les Mam- mifères des possessions néerlandaises méritent aussi d'être citées sous ce point de vue.

à

TRAVAUX INÉDITS. 51

ment il existe des types parallèles entre deux faunes très- différentes, mais quelquefois des types de transition. Que ceux-ci existent entre des localités qui ne sont pas géogra- phiquement très- séparées, il n'y a rien qui soit de nature à étonner le moins du monde, car il n'est aucun zoolo- giste qui ne sache que la faune d'un pays est déterminée d'une manière presque nécessaire par sa position géogra- phique. Mais, dans certaines circonstances, restreintes, il faut l'avouer, mais ne devant point cependant être re- léguées dans l'oubli, des faits de nature semblable se manifestent entre des faunes, parfaitement dissemblables sous d'autres points de vue. Il en est ainsi parmi les Marsupiaux, du genre Didelphe, dont la distribution géographique sur le continent américain est douée d'une si grande extension, et qui lie entre elles la faune du nouveau monde et celle de l'Australasie.

Par ce mode d'observation, parles conclusions qui s'en déduisent, nous ne divisons plus les faits, nous les grou- pons, nous en formons un faisceau plus compacte. En agissant ainsi, nous pensons être plus dans le vrai, et nous conformer mieux au but de toute généralisation, de toute fondation de lois et de principes. En ne déviant point de cette voie, il nous est facile d'établir, sous le point de vue des faunes, que tout l'ancien monde, dans ses trois continents et dans les îles qui les avoisinent , ne forme véritablement qu'un seul et même centre dont les divers types se particularisent, soit spécifiquement, soit génériquement, dans telle partie plutôt que dans telle autre. Entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, il y a, sous le point de vue de leurs animaux, un lien d'union très- intime, et qui ne permet pas de les séparer. Dès lors, dans ^certaines circonstances, il est possible, soit avec les types seuls de ces régions, soit à l'aide de ceux de l'archipel Indien, de constituer des séries qui expriment, depuis le terme le plus élevé jusques au plus dégradé, toutes les modifications d'une même forme animale. Le

32 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

fait, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, est surtout saillant pour les Singes catarrhinins . Il est tout aussi facile à démontrer pour les races humaines; depuis le Pelage, jusques au nègre, l'ancien monde présente les modifications successives du développement anthropo- logique.

A la partie austro-asiatique de l'ancien monde, nous pensons que l'on doit rallier, comme en étant une dépen- dance, les îles de l'archipel Indien, et les Moluques d'une part, le Japon d'autre part. La première de ces régions a, par ses Mammifères, des rapports encore plus intimes avec la presqu'île de Malacca, qu'avec les régions indiennes situées en deçà du Gange. Quant au Japon, nous conjec- turons que la Chine doit renfermer, en grand nombre, les espèces que l'on regarde présentement comme lui appartenant en propre. Dans les îles d'Amboine, Banda, Timor, commence , par la présence des Couscous , pour s'étendre à travers la Nouvelle-Guinée, commence, disons-nous, la faune mammalogique plus spécialement propre à la Nouvelle-Hollande. A la ïasmanie, enfin, se trouve borné dans son habitat le Thylacine cynocéphale, de sorte que toute cette zone australasienne se trouve renfermer, dans un plus grand état d'extension et de dé- veloppement, des formes mammalogiques, fort restreintes dans les pays septentrionaux dont nous avons, plus haut, donné les noms.

La Nouvelle-Hollande et Madagascar sont les deux seules parties de l'ancien continent particularisant plus nettement leurs Mammifères. Mais, dans l'une comme dans l'autre de ces contrées, nous ne voyons pas autre chose qu'un développement plus complet et plus étendu d'une forme animale, restreinte et arrêtée dans son évolution en d'autres lieux. Car, dans l'Inde et à Java, aussi bien qu'en Afrique, nous constatons la présence de Lémuriens. Ce fait n'est pas plus insolite que celui du grand nombre des Campagnols et des Loirs en Europe, que celui du grand

TRAVAUX INÉDITS. 53

nombre des Antilopes sur le continent africain. Toutes les fois que des espèces d'un genre assez riche sous ce point de vue se trouvent plus spécialement bornées à une zone et à une région, il est parfaitement concevable que les formes et l'organisation y présentent des modifications plus nombreuses et plus variées. Aussi nous semble-t-il juste et vrai de considérer tout l'ancien monde comme ne formant qu'une seule contrée mammalogique, qu'un centre unique de création. Dans tout ce centre, les dif- férences de formes deviennent de plus en plus saillantes à mesure que Ton s'avance vers le sud, et ce que BufFon a dit des animaux des parties méridionales de l'ancien continent comparés à ceux du nouveau, nous pouvons le dire des régions les plus australes du premier: les espèces communes y sont inconnues.

Le fait inverse se manifeste dans les régions boréales : les mêmes types ont de la tendance à y vivre et à y pro- pager. L'uniformité spécifique s'étend alors jusques à la partie septentrionale du nouveau continent. Depuis Buffon, renonciation de ce principe en constitue une véritable démonstration. Mais, quoique des Mammifères d'espèce semblable ne soient pas répandus sur toute l'Amérique du Nord , nous pouvons regarder cette der- nière région comme constituant une dépendance de la faune européenne. Ainsi, les espèces des genres Ursus , Mustela, Putorîus, Luira, Canis, Felis, Arvicola, Castor, Mus, Spermophiclus , Arctomys, Sorex, Cervus, Ovissy trouvent, en maintes circonstances, dans la partie située à l'est des montagnes rocheuses, si semblables à celles de notre Europe, que leur distinction a besoin d'être ap- puyée sur des détails souvent minutieux. Sous ce point de vue, dans le sens de la longitude, les États-Unis se trouvent donc, par rapport à l'Europe, dans la même si- tuation que la partie africaine du bassin méditerranéen. La similitude se continue par la constatation de ce fait que, de même que, dans le nord de l'Afrique, des espèces et des

54 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

genres africains se trouvent mêlés avec des espèces et des genres européens, de même, dans le nord de l'Amérique, en même temps que ces derniers,» existent des genres et des espèces exclusivement américains. Quant aux con- trées situées à l'ouest des montagnes rocheuses, nous avons si souvent, dans le cours de ce travail, cité le mé- moire de M. Brandt sur l'analogie existant entre leurs animaux et ceux de la partie de la Sibérie située à l'est du Jenissée, qu'il nous semble inutile d'insister à ce sujet. Ajoutons seulement que certaines espèces de l'extrémité la plus boréale ont plus de tendance à se répandre sur le versant occidental des montagnes rocheuses que sur leur versant oriental : le voisinage du grand Océan con- tribue, sans nul doute, dans cette circonstance, à abaisser la température. On peut facilement constater l'existence d'un fait analogue dans l'Amérique méridionale, pour le versant situé à l'ouest des Andes , dans lequel se répan- dent, plus aisément que dans le versant oriental, les es- pèces originaires de zones plus septentrionales.

Dans cette partie du nouveau continent, les Mammi- fères présentent des formes plus spécialisées , plus diffé- rentes de celles de leurs congénères de l'Amérique du Nord. Ces particularités se manifestent déjà dès les Primates , et dès les Primates , nous constatons déjà ces symptômes de dégradation que nous présentent les Didelphes et les Edentés. Le continent australasien seul nous offre un phénomène semblable, particulier, par cela même, aux zones les plus australes des deux mondes. Mais, même dans les Singes, nous voyons des types ayant, sous le point de vue de leurs formes générales, leurs analogues dans l'ancien continent. C'est un point de contact, un rapport, impossible à né- gliger et à mettre dans l'ombre, dans la thèse unitaire que nous soutenons. Les mêmes faits de parallélisme s'observent dans d'autres ordres, quelquefois même dans les espèces. D'autres fois, les genres et les espèces se trou-

TRAVAUX INEDITS. 55

vent naturellement intercalés avec des types propres à l'ancien monde, à la mammalogie duquel ils fournissent, par cela même, les termes exigés pour la classification en série continue. L'Amérique du Sud se lie donc à l'ancien monde et par tous ces types et par ceux qui, exclusive- ment américains, se trouvent, dans l'Amérique du Nord, mêlés à des types européens.

Ce sont tous ces faits, considérés soit isolément , soit d'ensemble, qui nous ont porté à émettre une opinion bien différente de] celles soutenues par les hommes de notre époque les plus éminents en zoologie. Bien loin de multiplier les centres de création , les faunes mammalogi- ques, ou même de les réduire à trois, l'ancien continent, la partie méridionale du nouveau et l'Australasie, nous pensons qu'il n'y a qu'un centre unique de formation zoologique d'où les espèces se sont répandues sur la sur- face du globe que nous habitons. Les familles et les tribus, à genres cosmopolites ou à peu près, nous sem- blent attester ce mode de propagation. Ce qui nous semble le prouver encore, c'est que dans les familles et tribus composées de genres appartenant à deux des faunes que nous avons citées plus haut , sinon aux trois, tous ces genres ne sont point isolés comme on aurait pu le croire d'après la thèse opposée à celle que nous soutenons. Dans l'une et l'autre théorie, au reste, les mêmes difficultés subsistent lorsqu'il s'agit d'expliquer l'habitat sinon spé- cial, au moins plus spécial de certains types dans certaines régions, aussi bien que l'influence de cet habitat sur les dégradations des formes animales. Mais l'un et l'autre problème dépendent de l'élucidation de la grande question relative à l'influence des agents physiques sur l'organisa- tion, et, ainsi que le savent tous les physiologistes, c'est à l'avenir seulement qu'il est réservé de dissiper les té- nèbres si obscures qui sur ce sujet nous environnent en- core de toutes parts.

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Catalogue des perroquets de la collection du prince Masséna d'Essling, duc de Rivoli, et observations sur quelques espèces nouvelles ou peu connues de Psrr- tacidés; par M. Charles de Souancé.

Nje voulant, dans cet opuscule, considérer cet ordre d'Oiseaux que sous le point de vue spécifique, nous laisserons de côté toute idée de classification générale, nous bornant à suivre celle adoptée par S. A. le prince Ch. Bonaparte dans son Conspectus psiltacorum (Rev. zool., 1854). Nous chercherons à exprimer clairement les obser- vations que nous avons pu faire en comparant les espèces entre elles, à bien déterminer les caractères distinctifs des oiseaux nouveaux ou peu connus, heureux si nous pouvons contribuer, par quelques nou- veaux faits, aux progrès de l'Ornithologie.

1. Anodorhynchus hyacinthinus (Lath.). Brésil.

2. Macrocercus (cyanopsùta) GLAUcus,Vieill. Paraguay.

3. Macrocercus (cyanopsitta) Spixii, (Wagl.). Brésil.

Mal caractérisées, les trois espèces d'Aras à plumage en- tièrement bleu ont été souvent confondues. Cependant la taille, la couleur de la robe, la grosseur du bec et surtout la forme de la nudité faciale, suffisent parfaitement pour prévenir le retour de pareilles erreurs. Wagler le premier a établi, d'une manière tranchée, leurs caractères distinc- tifs, et les figures de l'ouvrage de M. Bourjot sont d'une exactitude qui ne laisse rien à désirer.

Chez l'Ara hyacinthe, la peau nue de la face est peu développée autour de l'œil, et forme, à la base de la man- dibule inférieure , une bande également large dans toute son étendue. Le plumage est d'un bleu pur très-intense, le bec énorme. L. T. 93 cent.

La peau nue à la base de la mandibule inférieure couvre, chez l'Ara glauque, un espace beaucoup moins grand que chez l'Ara hyacinthe ; très-étroite sous le menton, elle s'élargit subitement près de la commissure en forme de triangle ; la nudité de l'orbite est aussi plus étendue, sur-

TRAVAUX INÉDITS. 57

tout en arrière. Le plumage bleu glauque a des reflets noirâtres sous la gorge. L. T. 72 cent.

On voit dans le Musée de Paris un individu qui diffère de l'oiseau décrit -par Azara par sa coloration , pres- que semblable à celle de l'Ara hyacinthe ; mais , par la nudité faciale, la taille et la grosseur du bec, nous croyons devoir le rapporter à l'Ara glauque. C'est probablement un individu dans cet état de plumage qui a servi de type à Lear dans ses Illustrations of Psittacidœ.

L'Ara de Spix s'éloigne beaucoup des deux espèces pré- cédentes par sa taille plus petite et par la disposition de la nudité de la face, qui est beaucoup plus étendue, et con- formée comme chez l'Ara tricolor. Son plumage est bleu glauque, cendré sur les joues. L. T. 65 cent.

4. Macrocercus (ararauna) ararauna (Linn.).

5. Macrocercus (aracanga) aracanga (Gmel.).

6. Macrocercus [aracanga) macao (Linn.).

7. Macrocercus (aracanga) tricolor (Bechst.).

8. Macrocercus (aracanga) ambiguus (Bechst.). Le grand Ara militaire, le Vaill.

Le petit Ara militaire existe-t-il?

9. Macrocercus (aracanga) rubrigenys (Lafr.). Les lo- rums et l'orbite sont seuls dénudés, les joues sont emplu- mées comme chez le Psittacara nobilis.

10. Rhynchopsitta pachyrhyncha (Sw.). Mexique.

11. Sittace maracana (Vieill.); Psittacus Illigeri, Kuhl. Brésil, Bolivie.

12. Sittace severa (Linn.), Ara castaneifrons, Lafr. Un individu de la collection Masséna est remarquable par l'absence de la bande frontale brune : il ressemble à l'Oi- seau figuré par le Vaillant (Perr. I, pi. 9). Brésil.

13. Sittace Primoli (Bp., Comp. rend. Acad. se, Paris, 1853, II, 807) ; Ara auritorques, Mass. et de S. Rev. zoo). 1854, 71; Sittace chrysotorques, Cabanis, Cat. du Musée de Berlin, 1854. Bolivie.

14. Sittace makawuanna (Gmel.).

58 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

15. Psittacara nobilis (Linn.). Brésil. Mandibule su- périeure blanche, mandibule inférieure noire; L. T. 35 cent.; aile 20 cent. L'orbite et les lorums sont presque nus ; on n'y voit que quelques poils noirs clair- semés.

16. Psittacara Hahni, nobis. Plumage entièrement d'un beau vert-pré ; sinciput bleu glauque ; épaules et une partie des couvertures inférieures de l'aile rouge écarlate ; rémiges et rectrices en dessous vert glacé de jaune ; bec et pieds noirs ; L. T. 30 cent.; aile 18 cent. Colombie.

Cet oiseau, fort semblable au précédent, n'en diffère que par la couleur du bec et par une taille un peu plus petite. Hahn, dans ses Oiseaux d'Asie, d'Afrique et d'Amérique, en donne une figure sous le nom de Psittacus nobilis (13e livr., pi. 2).

17. Psittacara acuticaudata (Vieill.); le Maracana à tête bleue, Âzara, 278; Psittacus acuticaudatus, Vieill. N. Dict. d'h. n. xxv, 369; Blue crowned maccaw , Lath. Gen. hist. n, 113; Conurus acuticaudatus , Desmurs, Icon. Orn. pi. 31. Vert; front et dessus de la tête bleu glauque; rectrices rouge de sang à la base des barbes internes ; les rémiges et les rectrices en dessous d'un vert glacé de jaune ; mandibule supérieure blanche,mandibule inférieure noire. L. T. 37 cent.; aile 20 cent. Paraguay, Bolivie. Par la coloration de la face et de la mandibule inférieure, il est facile de distinguer cet oiseau de son congénère du Brésil qui avait été réuni avec lui.

18. Psittacara hoemorrhoa (Spix) , Sittace acuticau- data, Wagl. Abh. akad. Munchen, 1832, 662, 732; Psit- tacara cœruleofrontatusy Bourj. Perr. pi. 17; Psittacus acuticaudatus, Hahn, Orn. atl. pi. 60. Vert; front bleu glauque ; la base des barbes internes des rectrices rouge sanguin ; bec entièrement blanc jaunâtre ; ipieds blanc sale. L. T. 37 cent.; aile 19 cent. Brésil. Quelques indi- vidus plus jeunes ont le dessus de la tête d'un vert glau- que, tirant plutôt sur le gris que sur le bleu.

TRAVAUX INÉDITS. 59

19. Psittacara icterotis, Mass. et de S. Rev. zool. 1854. Nouvelle-Grenade.

20. Psittacara guy anensis (Briss.). Les plus petites des couvertures inférieures de l'aile sont d'un rouge écarlate, les plus grandes jaune d'or ; les rémiges et les rectrices en dessous jaune brunâtre. L. T. 37 cent.; aile 18 cent. Brésil, Guyane.

21. Psittacara chloroptera, nob. Vert-pré ; les plus petites des couvertures inférieures de l'aile rouge écar- late ; les plus grandes ainsi que le dessous des rémiges et des rectrices vert-olive ; bec blanc; L. T. 34 cent.; aile 17 cent. Saint-Domingue.

22. Psittacara euops (Wagl.), Evopsitta evops, Bp. L. T. 28 cent.; aile 14 cent. Coloration semblable à celle du précédent , n'en différant que par une taille beaucoup plus petite. Habitat inconnu.

Répandu dans une grande partie de l'Amérique tropi- cale, le Psittacara guyanensis nous offre, suivant son ha- bitat, des différences constantes de taille et de coloration. Dans la collection Masséna, nous venons d'en étudier trois variétés ; une quatrième , des Antilles , se trouve à Paris dans les collections du Muséum : elle y a été rapportée par Maugé , probablement de Porto-Rico , ce natura- liste a résidé pendant longtemps.

Psittacara Maugei, nob. Un peu plus grand que la P. guyanensis, s'en distinguant par la couleur des couver- tures inférieures de l'aile, grandes et petites, qui sont toutes d'un beau rouge écarlate.

23. Psittacara Wagleri (Gr.); Conurus erythrochlorus, Hartl. Rev. zool. 1849, 274. Le sinciput rouge , les cou- vertures inférieures de l'aile vertes. Colombie.

24. Psittacara mitrata (Tschud.). Plus grand, le sin? ciput et la région périophthalmique rouge écarlate ; cou- vertures inférieures de l'aile vertes.

25. Psittacara erythrogenys, Less. Écho du monde savant 1844, 486; Less. Descr. de mamra. et d'ois. 1850,

60 rev. et MAG. de zoologie. (Février 1856.)

188; Conurus rubrilarvatus, Mass. et de S. Rev. zool. 1854, 71. La tête entière, les épaules et les couvertures inférieures de l'aile rouge écarlate. Guayaquil.

26. Cyanolyseos patagonus (Vieill.), Chili.

27. Enicognathus leptorhynchus (King.) ; Arara ery throfrons, Less. Rev. zool. 1842, 135 ; Stylorhynchus ery- throfrons, Less. Écho du monde savant, 1842, 211.

28. Nandayus melanocephalus (Vieill.).

29. Heliopsitta guarouba (Ruff.).

30. Conurus jendaya (Lin.); Trichoglossus (Psittacus) cruentus, Less. Descr. de mamm. et d'ois. 1850, 186. Chez le jeune [Psittacus auricapillus, Licht.) le front est d'un rouge orangé très-vif; en vieillissant, les tons rouges dis- paraissent et la tête devient d'un beau jaune d'or. Très- voisin du Conurus solstitialis, il est impossible de les confondre même dans leur jeunesse, les couvertures infé- rieures de l'aile, orangées chez le C. jendaya, étant jaune jonquille chez le C. solstitialis. Rrésil.

31. Conurus solstitialis (Linn.). Rrésil.

32. Conurus carolinensis (Catesby).

33. Conurus pertinax (Linn.). Rrésil.

34. Conurus ^eruginosus (Lin.); the brown throated parrakeet, Edw. R. pi. 177; Psittacus œruginosus, Linn. î, 142; Psittaca martinica, Rriss. Orn. iv, 356; la perruche à gorge brune, Ruff. 356; Psittacus plumbeus, Gmel. i, 326; la femelle de la perruche à front jaune, le Vaill. Perr. i, pi. 35; Conurus chrysogenys, Mass. et de S. Rev. zool. 1854, 72. Nous croyons devoir rapporter à l'oiseau adulte, dont nous avons donné la description en 1854, le Psittacus œruginosus , auct. que M. Gray avait regardé comme un des synonymes du Ps. cactorum. Un individu de la collection du prince d'Essling se rapporte parfaitement aux descriptions d'Edwards et de Rrisson. Par ses joues vertes, le Ps. cactorum s'éloigne totalement de cette espèce.

35. Conurus chrysophrys , Sw. Vert gai ; front et

TRAVAUX INÉDITS. M

sommet de la tête bleu glauque ; une ligne suborbitale jaune d'or se dirige vers la région auriculaire ; les lorums, les joues et la poitrine brun terreux ; l'abdomen jaune d'ocre orangé ; les rémiges ont les barbes externes vertes à la base, l'extrémité et les barbes internes noirâtres, mais la partie centrale près de la baguette est d'un bleu glauque ; les rectrices vert doré en dessous ; bec couleur de corne. L. T. 27 cent.; aile 14 cent. Colombie. Cet oiseau a beaucoup de rapports avec les Conurus œruginosus et cactorurriy mais il diffère du premier par le jaune d'ocre orangé de son abdomen, et du second par ses joues brunes et la ligne jaune suborbitale.

36. Conurus cactorum (Pr. Max.), aratinga flaviventer, Spix, Av. Bras, i, 33, pi. 18. Dessus de la tête vert glau- que ; tout le corps en dessus et les joues vert gai ; les ré- miges et l'extrémité des rectrices bleues ; la gorge et la poitrine brun terreux; abdomen jaune orangé; bec blanc. L. T. 25 cent.; aile 14 cent. Brésil.

37. Conurus nanus (Vig.). La figure de Lear est fort exacte. Latham, dans son Synopsis, a mentionné cet oiseau comme une variété du Brown throatedparrakeet. Jamaïque.

38. Conurus Weddellii (Deville). Bolivie.

39. Eupsittula Petzii (Leiblein),Hahn,Orn. atl. pi. 64; Âratinya eburnirostrum, Less. Rev. zool. 1842,210. Mexi- que.

40. Eupsittula aurea (Liiin.). Brésil.

41. Aratinga cruentata (Pr. Max.). Brésil.

42. Microsittace smaragdina (Gmel.). Patagonie.

43. Microsittace versicolor (Gmel.). Guyane. Espèce bien caractérisée par son front bleu, sa tête d'un noir fu- ligineux , ses épaules écarlate brillant et par les plumes écaillées de la gorge. Quelques individus qui sont in- diqués comme de la même localité ont les plumes écail- lées de la gorge bordées de jaune orangé. [Psittacus squammosusy Lath.). Mais nous ne trouvons pas ce chan- gement de coloration assez important pour faire une es-

62 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

pèce séparée des individus qui en sont ornés, quoique nous en ayons vu deux beaux exemplaires, l'un dans la collection Masséna, l'autre au Musée de Paris.

44. Microsittace Luciani (Deville). Pérou. Dessus de la tête et derrière du cou noir fuligineux; un demi-collier nuchal et quelques plumes du front bleu glauque ; joues et tour des yeux rouge brun ; région auriculaire gris rous- sâtre ; les plumes de la gorge, noires au centre, sont bor- dées de blanchâtre ; celles de la poitrine, vertes, terminées de jaune terne ; le bas du dos , la queue , en dessus et en dessous, ainsi qu'une large tache abdominale rouge brun ; rémiges bleu glauque ; tout le reste du plumage est d'un vert gai; bec et pieds noirs. M. Deville, un des natu- ralistes attachés à l'expédition de M. de Castelnau, que l'amour de la science a entraîné dans un second et fatal voyage, a donné dans la Revue zoologique (1851) une description incomplète de cet oiseau, et sans M. Pucheran, qui a eu l'obligeance de nous montrer dans les collections du Muséum le type de l'espèce, il nous eût été impossible de le reconnaître. Nous avons donc pensé qu'il ne serait pas inutile d'en donner une nouvelle description. Nous ferons observer que cette espèce est fort voisine de la Mi- crosittace versicolor, dont elle ne diffère que par l'absence de rouge aux épaules.

45. Microsittace leucotis (Licht). Brésil.

46. Microsittace lepida (111. Wagl.). Brésil. Dessus de la tête brun fuligineux ; les plumes du cou de la même cou leur, mais bordées de grisâtre; les joues et un étroit bandeau frontal vert glauque ; un demi-collier nuchal bleuâtre ; le dos, les ailes et le croupion vert-pré ; l'aile bâtarde et les rémiges d'un beau bleu ; les couvertures inférieures de l'aile rouge écarlate ; les plumes de l'abdomen vert foncé et terminées de bleu glauque ; la queue rouge foncé ; L. T. 24 cent.; aile 13 cent.

47. Microsittace vitt at a (Shaw), Brésil. Bandeau frontal rouge pourpre ; dessus de la tête et couvertures inférieures

TRAVAUX INÉDITS. 63

de l'aile d'un beau vert; queue en dessus vert jaunâtre, en dessous rouge brun. Dans les individus très-adultes, la queue est quelquefois terminée en dessus de rouge brun

48. Microsittace Devillei (Mass. et de S.). Bolivie. Bien caractérisée par les couvertures inférieures de l'aile, qui sont rouge écarlate.

49. Microsittace Molin^e (Mass. et de S.), Conurus pyrrhurusf Reich.? Quoique très-semblable aux deux pré- cédents, il s'en distingue par sa queue rouge en dessus aussi bien qu'en dessous. Chez les individus très-adultes, les couvertures inférieures de la queue sont bleu glauque. Bolivie, Chili.

50. Microsittace calliptera (Mass. et de S.J.Colombie.

51. Myiopsitta murina (Gmel.). L. T. 32 cent.; aile 15 cent. République Argentine.

52. Myiopsitta calita (Jard. et Selby). Paraguay. Cette race occidentale est fort semblable à la M. murina qui ne se trouve peut-être que dans la partie Est de l'Amérique australe , mais elle est d'une taille un peu plus petite. L. T. 28 cent.; aile 14 cent. Malgré cette légère différence de taille , nous ne nous sommes décidé qu'avec hésitation à la classer comme espèce dans ce catalogue. Nous avons pu étudier au Musée de Paris une troisième race originaire de la Banda orientale. Elle est de la taille de la M. calita, mais elle nous présente quelques modi- fications dans la coloration de son plumage. Ce peut-être la Myiopsitta murînoides, Temm., citée par le prince Ch. Bonaparte dans son Conspectus psittacorum. Le front est d'un blanc presque pur; la poitrine, d'un gris tendre uni- forme, n'est pas rayée de plus clair comme chez les deux autres races dont nous venons de parler ; enfin l'abdomen est d'un jaune plus décidé, bien qu'il y ait toujours une légère teinte verte.

53. Myiopsitta canicollis (Wagl.). Bolivie.

54. Myiopsitta aurifrons (Less.). Pérou.

Ici vient se placer une espèce nouvelle, Myiopsitta

64 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

Orbygnesiay Bp., entièrement verte comme la M. aurifrons, femelle , mais plus grande. Bolivie.

55. TlRICA BRASILIENSIS (BrîSS.).

56. ïirica xanthoptera ( Spix ) . Brésil et Bolivie. Les individus de la Bolivie sont un peu plus grands que ceux du Brésil.

57. Tirica virescens (Gmel.).

58. Psittovius Tovi (Gmel.) ; Caica chrysopogon, Less. Rev. zool. 1842, 210. Brésil, Colombie. Couvertures supé- rieures de l' aile brunes,couvertures inférieures jaune citron ; la tache du menton jaune orangé. Quelques individus de la Colombie sont remarquables par la petitesse de leur bec. Est-ce une variété constante de localité ?

59. Psittovius tuipara (Marcgr.). Brésil, Guyane. Une bande frontale (chez les individus très -adultes), dessous du menton et un miroir sur l'aile, jaune orangé; cou- vertures inférieures de l'aile vertes ; chez les jeunes, la tache du menton est brune, ou d'un orangé sale, et la bande du front n'est pas visible.

( La suite prochainement . ) '

Neuvième lettre sur l'Ornithologie de la France méri- dionale; par le docteur J. B. Jaubert.

Pyrrhula. Ce genre, enrichi par Pol. Roux de deux oiseaux (P. enucleator et P. githaginea) dont la présence chez nous, quelque accidentelle qu'on puisse la croire, me paraît encore très-problématique , est représenté par trois Bouvreuils , de formes et de mœurs distinctes, que je ne vois cependant aucun avantage à séparer ; ce sont : P. europœa, P. erythrina , P. serinus ; ce dernier surtout ne me paraît pas plus déplacé à côté de P. europœa que ne l'est en réalité X erythrina, qui, sous une robe et sous un nom d'emprunt, passa longtemps pour un Gros-bec ; le cas d'hybridation rapporté par Vieillot dévoile, au reste,

TRAVAUX INEDITS. 65

toutes les affinités du Cini et du Bouvreuil, malgré la dif- férence de leur taille.

P. vulgaris. Quoique l'apparition de cet oiseau ne soit pas régulière en Provence , il en est peu qui soient mieux connus de nos chasseurs ; c'est sans doute à la ri- chesse de son manteau qu'il doit cette distinction, ainsi que son joli nom local de Bellet. C'est en novembre qu'il arrive ; quelques individus restent sédentaires chez nous tant que durent les grands froids, mais , aux premières espérances de beaux jours , ils ont déjà disparu. Nous fe- rons seulement remarquer, en passant, que l'apparition de cet oiseau pendant les grands froids de l'hiver ne coïn- cide pas avec les années des grandes émigrations, ce* qui laisserait supposer avec raison que ces quelques individus descendent de quelque point élevé des environs , d'où les chasse la neige. Le Bouvreuil, est en effet, sédentaire dans nos Alpes, et se reproduit non loin de Barcelon nette; mais M. Caire, à qui nous devons ces renseignements, s'obstine à voir dans cet oiseau le P. coccinea de quelques auteurs. Sans me prononcer sur la question de savoir s'il est opportun de considérer comme espèce ce qui pourrait tout au plus passer pour une race, j'avouerai qu'il m'a été impossible , malgré tous mes efforts , de constater une taille supérieure chez les sujets provenant de nos Alpes. Tous les efforts de M. Gerbe lui-même (Rev. zool., 1853, p. 550), pour trouver un caractère spécifique chez cette prétendue race, n'ont pu m'ébranler; car je ne saurais accorder plus de confiance à une taille qui n'est pas con- stamment plus forte qu'à l'existence de cette tache blanche sur le bord interne des pennes latérales, caractère qui distingue simplement les vieux , comme chez le Pinson et le Chardonneret. Quelle valeur accorder encore aux migra- tions partielles? Combien d'espèces n'avons-nous pas chez lesquelles les vieux et jeunes voyagent isolément ? Et cette différence d'âge n'explique-t-elle pas, chez les uns et chez les autres, des allures différentes?

sérib. t. vm. Année 1856. *

6*6 rev. et mag. de zoologie. [Février 1856.)

Pyrrhula erythrina. J'ai été le premier à établir, par des faits nombreux , l'identité de la Chlorospiza incerta et de la P. erythrina. J'ai démontré, en effet, que cette Chlo- rospiza, que M. Degland avait déjà ramenée au genre Bouvreuil, n'était, dans son plumage de mâle adulte , tel que nous le connaissons, qu'un état particulier, obtenu en captivité, de la P. erythrina; que, d'un autre côté, la femelle et le jeune de cette espèce ne différaient absolu- ment en rien des Chlorospiza incerta , femelles et jeunes qui visitent tous les ans le midi de la France.

Lorsqu'en 1853 je publiai, dans la Revue zoologique, t. V^ p. 109, l'ensemble des observations qui m'avaient conduit à ce rapprochement , je faisais appel à l'observa- tion future pour confirmer ou détruire mon assertion. L'identité que j'établissais dès cette époque n'a pas tardé à être reconnue d'abord par M. Degland, ensuite par M. Ch. Bonaparte, et par tous les ornithologistes qui ont voulu y regarder.

Ainsi donc, voilà bien une espèce de moins, n'en dé- plaise à quelques-uns de mes amis... Quant aux diverses livrées de l'oiseau, nous savions parfaitement que ce n'était pas seulement en captivité que la teinte jaune se produisait, puisque la rencontre d'une coloration inter- médiaire chez un sujet de ma collection , tué dans les en- virons de Marseille, fut précisément une des raisons que j'apportai à l'appui de mon opinion.

AMÉN [TES M AL ÀCOLOGIQUES ; par M. J. R. Bourguignat.

§XL.

BlTHINIA PUTONIANA.

Testa minima, ventricosa, sat solida, laevi, rubelia; aufraclibus 4 coaveus, sutura impressa separatis ; penultimo ventricoso ; aper-

TRAVAUX INÉDITS. 67

tura rotundata, obliqua ; columella arcuata ; peristomate acuto, iatus albido-incrassato ; marginibus valido callo junctis.

Coquille petite, ventrue, assez solide, lisse, et d'une couleur rougeàtre. Quatre tours de spire convexes, séparés par une suture bien marquée. Avant-dernier tour très- ventru. Ouverture oblique, arrondie, présentant, malgré tout, un petit angle à son sommet; columelle arquée. Péristome aigu, intérieurement bordé d'un bourrelet blanc ; bords marginaux réunis par une forte callosité.

H., 2 millim. —D., 1 1/2 millim.

Cette espèce, que nous dédions au savant M. Puton de Remiremont , habite les eaux des environs de Sayda , en Syrie, elle a été découverte par le docteur (ïaillardot.

§XLI.

Glandina Vescoi.

Testa oblonga, lœvigata, solidula, Iucida, subdiaphaua, corneo- lutesceoti ; anfractibus 6 planiusculis; supremis regulariter crescen- tibus; penultimo maxime accrescentibus ; ultimo longitudinis 2/5œquante; sutura corneo-pallidiore, superficiali-duplicata ; aper- lura oblonga; columella recta, intus calloso-contorta, ad basin attin- geute, peristomate acuto, simplice; marginedextroantrorsumarcuato ; margioibus callo junctis.

Coquille oblongue, lisse, assez solide, brillante, un peu transparente, et d'une couleur jaune cornée. Six tours de spire peu convexes, dont les quatre premiers s'accroissent régulièrement; l'avant-dernier tour prend subitement un grand développement. Suture superficielle, d'une teinte plus pâle, et entourée inférieurement d'une seconde ligne imitant une rainure suturale. Ouverture très-oblongue ; columelle droite intérieurement calleuse et contournée ; péristome simple et aigu ; bord droit arqué en avant , bords marginaux réunis par une callosité.

H., 9 millim. D., 4 millim.

Cette espèce habite l'île de Malte, elle a été recueillie par le docteur Eugène Vesco, auquel nous la dédions.

68 rkv. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

§ XLII. Des Acéphales fluviatiles de l'empire ottoman.

Sous ce titre, nous allons réunir tous les documents que nous connaissons sur les Bivalves qui habitent le vaste empire ottoman. Nous indiquerons les localités précises chacune d'elles a été recueillie jusqu'à ce jour, en ren- voyant , pour les espèces déjà publiées , aux descriptions des auteurs.

Les Bivalves fluviatiles de l'empire turc appartiennent aux six genres : Pisidium, Sphœrium, Cyrena, Anodonta, Unio et Dreissena.

PISIDIUM.

PlSIDIUM CASERTANUM.

Cardium Casertanum, Poli, Test. ut. Siciliae, etc., t. I,

p. 65, tab. xvi, fig. 1. 1791. Pisidium Casertanum, Bour guignât, Cat. rais. Moll. d'Or., p. 80. 1853. Nous connaissons cette espèce de l'île de Crète (Raulin); de Barrada, M erdj-el-Akhdar, près de Damas (Gaillardot) ; enfin de Roussou-Kesséré, entre Eidos et Andrinople (Ray- mond).

SPHŒRIUM.

SpHjERIUM lacustre.

ïellina lacustris, Muller, Verm. Hist., II, p. 204, 388.

1774. Sphœrium lacustre, Bourguignat, Amén. malac, in : Rev. et mag. de zool., ... p. 345. 1853. M. le docteur Raymond a rencontré en Bulgarie, à Roussou-Kesséré, entre Eidos et Andrinople, des échan- tillons parfaitement typiques de cette espèce.

Il existe à Karabounar-Keui , entre Eidos et Andrino- ple, une Sphérie de la taille de la Rivicola, ornée de cou-

TRAVAUX INÉDITS. 69

leurs plus brillantes et à test plus épais. Cette espèce, sans doute nouvelle, a été, malheureusement, égarée par le Dr Raymond pendant son retour en France ; aussi n'in- diquons-nous cette coquille qu'à titre de simple renseigner ment.

CYRENA.

Cyrena fluminalis.

Tellina fluminalis, Mûller, Verm. Hist., II, p. 205, 390.

1774. Tellina fluviatilis, Millier, Verm. Hist., II, p. 205, 392.

1774. Cyrena fluminalis, Bourguignat, Cat. rais. Moll., p. 79. 1853. Habite, en Syrie, le lac de Tibériade, le Jourdain, les environs de Tyr, de Jaffa (de Saulcy) ; les eaux de l'ancien Léonthes, dans la vallée de Bka, entre le Liban et l'Anti- liban (Mousson).

Cyrena crassula.

Cyrena crassula, Mousson, Coq. terr. fluv. rapp. Or., etc., p. 54, fig. 12. 1854. Habite les environs de Jaffa (Mousson, Roth).

ANODONTA. Anodonta cygnea.

Mytilus cygneus, Linnœus, Syst. nat. (12e éd.), p. 1158,

257. 1767. Anodonta cygnea, Drapamaud, Hist. Moll., p. 134, 2,

tab. xi, fig. 6; et tab. xn, fig. 1.

1805. Fossile aux environs de Jassy (Drouët) .

Anodonta cellensis.

Anodonta cellensis, C. Pfeiffer, Naturg. Deutsch. Land- und sussw. Moll. (fasc. 1"), p. 110,

70 rev. et mag. de zoologie. [Février 1856.)

tab. vi , fig. 1 , 1821 ; et (fasc. 2e) tab. vi, fig. 1-6. 1825. Se rencontre dans les cours d'eau de la Croatie turque et du Monténégro (Drouët).

Anodonta oblonga.

Anodonta oblonga, Millet, Desc, in : Mém. Soc. agric. d'Angers, tom. I, p. 242, tab. xii, fig. 1. 1833. Var. An. spreta , Ziégler, in Sched. ( Mon. H., Drouët).

Cette variété a été recueillie, par le Dr Raymond, à Ka- rabounar-Keui, en Bulgarie, entre Eidos et Andrinople.

Anodonta anatina.

Mytilus anatinus, Linnœus, Syst. nat. (12e éd.), p. 1158.

1767. Anodonta anatina, Lamarck, An. S. V., t. VI, lr* partie, p. 85, 2. 1819. Dans le lac, près de Varna (Raymond).

Anodonta piscinalis.

Anodonta piscinalis, Nilson , Moll. Suec, p. 116, n* 3. 1822. Cette espèce, qui est très-répandue dans l'empire turc , offre de nombreuses variétés ; ainsi : Varietas A. Pallida et glabra. Habite le Monténégro (Mon., Drouët).

Varietas B. Minor et sulcata. Habite le Monténégro (Drouët), dans le lac à Varna (Raymond).

Varietas C. Major, subrotundata. Habite la Croatie turque (Drouët).

Varietas D. Forma mbnormalis. Habite le Monténégro (Drouët) et Karabounar-Keui, en Bulgarie, entre Eidos et Andrinople (Raymond).

TRAVAUX INÉDITS. 71

Anodonta fiscata.

Anodonta fuscata, Ziégler, in Sched. et Mus. Vindob. (Mon. H., Drouët). Habite le Monténégro (Drouët).

Anodonta rostrata.

Anodonta rostrata, Kokeil, in Rossmassler, Iconogr., IV, p. 25, tab. xx , f. 284 , 1836 ; et XI, p. 12, tab. liv, f'. 737. 1842. Habite le Monténégro (Drouët), Karabounar-Keui, en Bulgarie (Raymond). ,

UNIO.

f. Margaritana.

Unio Opperti.

Testa valde inaequilaterali , supra arcuata, infra fere recta , anùce rotundata, postice maxime dilatata ac subattenuato-oblonga ; com- planata, crassissima, opaca, solida, concentrice striatula, fuscocor- nea; umbonibus subprominulis, anteriori parte dejectis, decortica- tis; natibus acutis; dentibus : cardinali crasso, trigonali, alto ; Jaterali nullo.

Coquille très-inéquilatérale ; bord cardinal arqué ; bord palléal presque rectiligne ; partie antérieure arrondie ; partie postérieure dilatée , oblongue ; valve épaisse , opa- que, solide, sillonnée de stries concentriques irrégulières dues à l'accroissement, et recouverte d'un épidémie épais d'une couleur fauve cornée. Sommets peu saillants, rejetés à la partie antérieure; nates aiguës. Charnière excessive- ment forte, très-épaisse, offrant simplement une dent car- dinale très-élevée, épaisse et de forme trigonale.

Intérieur de la valve irisé d'une nacre d'une teinte orangée, présentant, à la lumière, les couleurs les plus jolies et les plus variées. Ligament épais et saillant.

L., 120 miltim. H., 80 millim. m Ép., 40 millim.

Cette magnifique espèce a été recueillie, par M. Jules

72 rev. et mag. de zoologie. {Février 1856.)

Oppert , sur les rives de l'Euphrate, elle se trouve en excessive abondance après les inondations.

Malheureusement, M. J. Oppert n'ayant rapporté qu'une seule valve (la gauche) de cette intéressante mulette, nous avons été forcé de représenter, dans nos planches, l'inté- rieur de la valve gauche à la place de celui de la valve droite.

Unio Euphraticus.

Unio Euphraticus, Bourguignat , Test, nov., p. 28, 1852; et Cat. rais. Moll., p. 75, pi. îv, f. 1- 3. 1853. Habite les cours d'eau des environs de Bagdad (Olivier).

Unio Saulcyi.

Unio Saulcyi, Bourguignat, Test, nov., p. 27, 1852; et Cat. rais. Moll., p. 74, pi. ni, f. 1-3. 1853. Habite les ruisseaux des environs de Jaffa, en Syrie (de Saulcy).

Unio Tripolitanus.

Unio Tripolitanus, Bourguignat , Test, nov., p. 28. 1852; et Cat. rais. Moll., p. 75, pi. iv, f. 10-12. 1853. Habite les environs de Tripoli, en Syrie (Olivier).

Unio Michonii.

Unio Michonii, Bourguignat, Test, nov., p. 27, 1852 ; et Cat. rais. Moll..., p. 74, pi. m, f. 10- 12. 1853. Habite les ruisseaux des environs de Jaffa, en Syrie (de

Saulcy).

Tt. Mysca.

Unio Hueti.

Unio Hueti, Bourguignat, Amén. nialac, in : Rev. et Mag. zool., p. 332, pi. vm, f. 1-4. 1855.

TRAVAUX INÉDITS. 73

Habite le haut Euphrate, dans le pachalik d'Erzeroum, en Arménie (Huet du Pavillon).

Unio Tigridis.

Unio Tigris, Férussac, MSS.

Unio Tigridis, B our guignât , Test, nov., p. 30, 1852; et Cat. rais. Moll., p. 77, pi. iv, f. 7-9. 1853. Habite les cours d'eau des environs de Bagdad (Olivier) .

Unio Bagdadensis.

Unio Bagdensis, Férussac, MSS.

Unio Bagdadensis, Bourguignat, Test, nov., p. 30, 1852;

et Cat. rais. Moll., p. 78, pi. iv, f. 4-

6. 1853. Habite les environs de Bagdad (Olivier).

Unio Delesserti.

Unio Delesserti, Bourguignat , Test, nov., p. 29, 1852; et Cat. rais. Moll., p. 77, pi. ni , f. 7-9, 1853. Habite les environs de Jaffa, en Syrie (de Saulcy). M. Both (Spicileg. Moll. orient., in : Malak. Blatter, p. 57, 1855) indique également cette espèce de la rivière Awadsch, près de cette même ville.

Unio rata vus.

Unio batavus, Nilsson, Moll. Suec..., p. 112, 8. 1822. Habite dans le lac près de Varna (Raymond).

Unio Bruguierianus.

Unio orientalis, Férussac, MSS; et Bourguignat, Test.

nov., p. 29. 1852. ' Unio Bruguierianus, Bourguignat, Cat. rais. Moll., p. 78, pi. h, f. 54-58.1853. Habite le Simoïs (Olivier), les cours d'eau des environs de Smyrne (de Saulcy), enfin Brousse (Parreyss); seule-

74 rev. et mac DE zoologie. (Février 1856.)

ment les échantillons de cette dernière localité constituent une variété à forme un peu plus rétrécie dans le sens de la hauteur.

Unio Vescoi.

Testa inaequilaterali, ovato-elongata, supra subarcuata, infra recta, antice posticeque rotundata, parum ventricosa, concentrice striatula ; epidermide fusco-luteolo , postice vk viridi radiatulo; umborjibus prominulis, recurvis, margine anteriori approximatis ; àc3 oblique striis rugoso-bivirgatis, posticeque in angulo acuto junctis, ornatis ; dentibus : cardinali compresso, truncato, productoque ; laterali alto ac elongato.

Coquille inéquilatérale, ovale-allongée; bord cardinal arqué; bord palléal rectiligne; parties antérieure et pos- térieure arrondies ; épiderme d'un brun jaunâtre, radié postérieurement de zones verdâtres.

Sommets aigus, recourbés, fortement sillonnés de la manière la plus gracieuse par une dizaine de stries tuber- culeuses obliques, dont cinq seulement se réunissent à angle aigu avec d'autres stries postérieures plus petites et plus délicates.

Charnière composée d'une dent cardinale comprimée , forte, tronquée au sommet, et d'une dent latérale très- saillante et très-allongée.

L., 46 millim. H., 26 millim. Ép., 17 millim.

Cette curieuse espèce, que nous sommes heureux de dédier à M. Eugène Vesco, chirurgien-major de la marine impériale, a été recueillie par ce naturaliste dans le Si- mois.

Nous venons de recevoir de notre savant ami Henri Drouët, de Troyes , plusieurs échantillons de cette même Mulette, sous l'appellation d'Unio Turcicus (Parreyss, in Litt), de la provenance de Brousse, en Anatolie. Mais, comme cette dénomination est simplement manuscrite, elle ne peut avoir aucune valeur scientifique. Aussi nous n'indiquons ce nouveau nom qu'à titre de renseigne- ment.

TRAVAUX INÉDITS. 7. H

L'Unio Vescot offre de nombreuses ressemblances avec notre Unio Bruguierianus , également recueilli dans le Simoïs. Mais cette dernière espèce se distinguera tou- jours de la Mulette de Vesco, à ses sommets entièrement lisses, qui ne présentent jamais ces sillons si gracieux et si symétriques qui caractérisent cette nouvelle coquille.

Unio Schwerzenbachh, Parreyss, in Litt.

Testa inaequilaterali, ovata, supra subarcuata, infra recta, antice posticeque rotundata, parum ventricosa, concentrice striatula , epi- dermide corneo-luteolo; umbonibus prominulis, recurvis, margine anteriori approximatis; ac, oblique striis rugosis ornatis; dcntibus : rardinali compresso, rotundato, productoque ; laterali alto ac elon- gato.

Coquille inéquilatérale, ovale; bord cardinal un peu arqué ; bord palléal rectiligne ; parties antérieure et pos- térieure arrondies; épiderme d'un jaune corné ; stries con- centriques délicates. Sommets aigus, recourbés, fortement sillonnés de stries tuberculeuses qui partent de la partie antérieure des crochets et viennent se terminer brusque- ment sur l'arête dorsale postérieure des sommets. Dent cardinale comprimée, saillante, à sommet arrondi; dent latérale forte et très-allongée.

L., 35 à 40 millim. H., 20 millim. Ép., 13 millim.

Cette coquille habite les cours d'eau des environs de Brousse, en Anatolie.

Cette Mulette , qui offre de grands rapports avec notre Unio Vescoi, se distinguera facilement de cette dernière à ses sommets qui ne possèdent point ces deux systèmes de stries tuberculeuses se réunissant à angle aigu , mais sim- plement des stries antérieures qui viennent brusquement se terminer sur l'arête postérieure dorsale.

Unio Moquinianus.

Unio Moquinianus, Dupuy , Essai moll. Gers, p. 80, f. 1-3. 1843.

76 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

Cette espèce, que MM. Villa et Parreyss ont répandue dans les collections sous le nom de Destructilis, se ren- contre dans les ruisseaux du Monténégro.

Unio decipiens.

Unio decipiens, Ziégler, in Mus. Vindob. et Parreyss in Litt. (Mon. H. Drouèt). Habite le fleuve Czermovitza, dans le Monténégro.

Unio decurvatus.

Unio decurvatus, Rossmassler, lconogr. II, p. 22, f. 131, 1835 ; et V et VI, p. 21, f. 339. 1837. Habite le Monténégro (Drouët).

Unio Prusii.

Testa elongata, supra subrecta, infra subsinuata, antice rotundata, postice subattenuato-rotundata j concentrice striata; postice plicato- subundulata; umbonibus recurvis, obtusis, admarginem anteriorem maxime approximatis ; dentibus : cardinali crasso, alto, truncato; la- terali elongato.

Coquille allongée ; bord cardinal presque droit ; bord palléal un peu sinueux; antérieurement arrondie, posté- rieurement subattenuée; test sillonné de stries concentri- ques et orné à sa partie postérieure de larges plis peu sensibles qui lui donnent une apparence un peu ondulée. Sommets recourbés, obtus, peu saillants, rejetés à sa partie antérieure. Charnière composée d'une dent cardi- nale très-épaisse, très-forte, presque carrée, et d'une la- melle latérale allongée et de faible taille.

L., 65 millim. H., 32 millim. Ép., 22 millim.

Cette espèce, que nous dédions à M. Prus, vice-consul français à Rhodes, a été recueillie à l'état fossile dans les terrains modernes de cette île.

Unio pictorum.

Mya pictorum, Linnœus, Syst. nat., p. 671, 19, 1760.

TRAVAUX INÉDITS. 77

Unio pictorum (pars), Draparnaud, Tabl. moll., p. 106. 1801.

Habite dans le lac de Varna, à Serai -Karakeui entre Eidos et Audrinople, enfin à Tchourlou (L. Raymond).

La variété de cette Mulette, connue sous le nom d'Unio elongatulus de Mûhlferldt (C. Pfeiffer, naturg. 2e fasc, p. 35, taf. VIII, f. 5-6. 1825), a été recueillie à Andri- nople dans la Maritza, ainsi que dans le Baba-es-Kissi, en Roumélie, par notre ami le docteur L. Raymond. Cette variété se trouve parfaitement typique dans ces deux lo- calités.

Unio terminams.

Unio terminalis, Bourguignat, Test, nov., p. 31, 1852; et Cat. rais, moll., p. 76, pi. III, f. 4-6. 1853. Habite le lac de Tibériade (De Saulcy).

Unio littoralis.

Unio littoralis, Draparnaud, Tabl. moll., p. 107, 1801; et Hist. moll. de France, p. 133, tab.X, f. 20. 1805.

Habite la Toudja, près d'Andrinople (L. Raymond).

M. Prus a encore recueilli, dans l'île de Rhodes, à l'état fossile, de nombreux échantillons d'une variété de cette Mulette, que M. Jules Bonhomme, en 1840, a élevée à tort au rang d'espèce, sous le nom d'Unio Barraudii (Not. sur les moll. biv. de Rodez, in Mém. soc. se. de l'Aveyron, tom. II, p. 430. 1840).

DREISSENA. Dreissetya fluviatilis.

Mytilus (polymorphus) fluviatilis, Pallas, Voy. en Rus- sie, etc.. Append ,

78 rev. kt mag. de zoologie. (Février 1856.)

p. 211, 1771; et P allas [ même ou- vrage, traduction en français, édit. in-4), tom.I,p.740, n°91, 1788; et (même ou- vrage, édit. in-8) , vol. VIII, p. 210, 523. 1794. Dreissena polymorpha, Van Beneden, Mém. sur le Dreis-

sena. In Bul. acad. de Bruxelles, tom. I, p. 105. 1834. Espèce très-répandue dans le Danube, et dans le lac d'Aumales, près de Varna.

Si l'on examine maintenant au point de vue de leur répartition géographique, les mollusques que nous venons de citer, Ton verra :

Que le vaste empire ottoman possède deux faunes spéciales de bivalves : la faune asiatique et la faune eu- ropéenne ;

Que sur les 32 coquilles de ce catalogue , deux seu- lement font exception à cette division , puisqu'elles se re- trouvent également dans la Turquie d'Europe et dans la Turquie d'Asie ;

Que si les genres Anodonta, Sphœrium, Dreissena semblent spéciaux à notre continent, le genre Cyrena pa raît l'être à la Turquie d'Asie ;

Enfin, que le genre Unio possède, dans la faune asiatique, sur ses quinze représentants, cinq espèces du groupe des Margaritanes. Fait important à constater.

En résumé, si, d'après ce que nous venons d'énoncer, nous distribuons les bivalves turques en deux séries géo- graphiques, nous obtenons le tableau suivant ;

TRAVAUX INÉDITS.

79

TURQUIE D KUROPK.

Pisidiura Casertanum. Sphaerium lacustre. Anodonta cygnea.

cellensis.

oblonga.

anatioa.

piscinalis.

fuscata.

rostrata. Unio batavus.

Mosquinianus.

decipiens.

decurvatus.

pictorum.

littoralis. Dreissena fluviatilis.

I URQl'lh D ASIK.

Pisidium Casertanum. Cyreua fluminalis.

crassula. Unio Opperti.

Euphraticus.

Saulcyi.

Tripolitanus.

Michonii.

Hueti.

Tigridis.

Bagdadensis.

Delesserti.

Bruguierianus.

Vescoi.

Schwerzenbachii.

Prusii.

terminalis.

littoralis.

§ XLIII.

Note relative à l'histoire du Dreissena fluviatilis.

C'est en 1769 que P. S. Pallas, à peine âgé de 28 ans, découvrit, dans le Volga et la mer Caspienne, une quantité considérable de petites coquilles , qu'il rangea plus tard dans le genre MytUus. Bien qu'encore peu versé dans l'étude des sciences naturelles, le fait d'un mollusque ha- bitant indifféremment les eaux douces ou les eaux salées lui parut un point si important, que malgré les ressem- blances qu'il crut reconnaître entre ces petites moules de provenances si distinctes , il n'hésita pas à les séparer en deux variétés. A chacune de ces variétés il attribua un nom différent et une diagnose spéciale*, et classa le tout, comme cela se pratiquait assez communément à cette époque, sous l'appellation triviale de Polymorphus.

Voici, du reste, les descriptions de Pallas :

« Mytilus polymorphus, marinus, ad summum mole nuclei pruni, marino eduli oblongior; valvulae praesertim versus nates magis cari- ait;*, latere incunibente planiusculw atque eicolores, superiore vero

80 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

parte circulis gryseo-fuscis, undulisve variae ; nates acutissimœ, sub- deflexae. Fluviatilis, saepe quadruplo major, subfuscus, latior; valvulis exacte semiovatis, argute carinatis, latere incumbente plano- excavatis : natibus acutis, deorsum inflexis, cavum commune testa; versus nates obsolète quinqueloculare, dissepimentis brevissimis. »

Il résulte de cette diagnose :

Que Pallas a voulu distinguer, d'une manière nette et précise, l'espèce de la mer Caspienne de celle du Volga, puisqu'à la première il lui attribue le nom de marinus, et à la seconde celle de fluviatilis;

Que le vocable polymorphus , qui suit le nom géné- rique Mytilus, est un mot trivial , qui n'a de valeur qu'autant que les deux espèces marinus et fluviatilis se trouvent réunies ;

Que si l'on sépare le marinus du fluviatilis [comme cela doit être (1)] , le vocable polymorphus ne peut s'ap- pliquer ni à l'espèce de la mer Caspienne ni à celle du Volga ; bref, que ce mot doit être retranché pour toujours de la nomenclature scientifique ;

Que si , au pis aller, l'on ne veut point éliminer le vocable polymorphus , cette appellation ne peut être ap- pliquée au fluviatilis , mais bien au marinus , comme es- pèce ayant antériorité de description sur celle de fluvia- tilis, comme l'on peut s'en convaincre par la citation que nous venons d'emprunter à Pallas.

Nouvelle espèce du genre Lucanus par M. L. Reiche.

L'étude des insectes du groupe des Lucanides, Coléop- tères de la famille des Pectinicornes, est hérissée de telles difficultés par les modifications extraordinaires de leurs organes, que l'observation d'un grand nombre d'indi- vidus de chaque espèce peut seule apporter quelque lu- mière sur les véritables caractères spécifiques. Cette

(1) L'espèce de la mer Caspienne décrite par Pallas est un véri- table Mytile, très-voisin du Mytilus minimus de Poli. (Test. ut. Sici- liœ, t. I, p. 73. 1791.)

TRAVAUX INÉDITS. 81

condition indispensable est à peu près obtenue, à Paris, par les richesses en espèces et en individus que renfer- ment les collections diverses, et en particulier celles de M. le marquis de la Fertéet de M. le comte de M

Dans ces deux magnifiques musées, la famille des Pecti- nicornes est représentée par un nombre d'espèces qui n'est pas au-dessous de 150 pour M. de la Ferté et de 190

pour M. de M , et la plupart de ces espèces par un

nombre considérable d'individus offrant toutes les modi- fications connues de taille et d'organes.

La division générique de cette famille, qui, jusqu'à présent, repose sur les travaux .de MM. Hope et Bur- meister, est à remanier complètement et un grand nom- bre d'espèces est à décrire. M. de M et M. le capitaine

Parry, de Londres, s'occupent ensemble de ce travail, qu'ils ont l'intention de rendre aussi complet que pos- sible en figurant les sexes de toutes les espèces avec les modifications observées de leurs organes ; mais ce travail n'est malheureusement pas près de paraître, et le nom- bre des espèces nouvelles s'accroît si rapidement, qu'il sera bientôt en majorité dans les collections. Il n'est donc pas sans intérêt de décrire aujourd'hui quelques-unes de ces formes nouvelles, et c'est à ce titre que j'adresse à la Revue et magasin de zoologie la description d'une es- pèce française confondue, jusqu'à ce jour, avec le Luca- nus Cervus de Linné. J'ai déjà signalé cette espèce dans les Annales de la Société entomologique (1853, p. 71) sous le nom de Luc. pentaphyllus. Depuis cette époque, de nouveaux exemplaires mâles et femelles ayant passé sous mes yeux , je puis déclarer l'espèce bien fondée par une réunion de caractères suffisamment tranchés.

Lucanus pentaphyllus, Reiche, Ann. soc. ent., 1853, p. 71.

Mas. : Longit. mandib. excl., 28-46 millim. (12 1/2- 20 1/2 lin.) ; latit. mandib. excl., 12-19 millim. (5 1/2- 8 1/2 lin.)-— Fœm. : Longit. mandib. excl., 32-39 millim. 2e série, t. vui. Année 1856. 6

82 wev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

(14-17 1/2 lin.); latit. mandib. excl., 15-17 1/4 millim. (6 3/4-7 lin.).

Elongatus, convexiusculus, fusco-piceus ; elytris mandibulisque fusco-castaneis. Caput nitidulum; carina frontali parum perspicua, occipitali parum elevata ; mandibulis capite sesquilongioribus , ro- tundatim curvatis, gracilibus, apice fuscatis medio unidentatis, den- ticulisque 4-6 ante médium, l-2pone médium tuberculiformibus, obtusis, haud quadrato trunffatis instructis ; antennarum capitulo in utroque sexu pentaphyllo. Thorax nitidulus , transversus, subqua- dratus, angulo laterali rolundato. Scutellum, elytra, pectus, abdo- men, pedesque ut in Luc. Cervo. Hab. Gallia meridionali circa Telo- nem et portum Veneris.

D'après la diagnose ci-dessus, le mâle de cette espèce, à l'état de développement complet, diffère du L. Cervus par sa forme plus allongée, sa convexité plus faible, le brillant de la tête et du corselet, la moindre saillie des carènes frontale et occipitale, la gracilité et la courbure plus arrondie des mandibules et la forme tuberculée obtuse et non carrée de leurs dentelures, les cinq articles flabellés du capitule des antennes et la forme plus carrée du corselet. La femelle diffère par sa forme plus allongée et le capitule pentaphylle de son antenne.

Les plus grands individus mâles, connus, atteignent à la taille des plus grands Luc. Cervus de la variété Capra, Linné,c' est-à-dire 46 millimètres, et j'en ai souslesyeux neuf exemplaires présentant toutes les décroissances jusqu'à la taille de ii8 millimètres. A mesure que la taille décroît, l'épistome, de conique et aigu qu'il est à l'état normal, se raccourcit, s'arrondit, etfinitpar devenir transversal à bord presque droit; les mandibules, d'abord d'une longueur égale à celle de la tête et du corselet réunis, finissent par atteindre à peine celle de la tête seule ; la dent inférieure de leur fourche apicale s'oblitère peu à peu, mais sans jamais disparaître entièrement, non plus que la dent mé- diane ; les dentelures intermédiaires diminuent en nom- bre et en saillie, et finissent par s'effacer complètement, mais elles conservent jusqu'au dernier moment leur for-

TRAVAUX INÉDITS. 83

me arrondie à l'extrémité, tandis qu'elles restent toujours à troncature carrée dans le L. Cervus, et je puis ajouter dans toutes les espèces hexaphylles.

Des modifications presque exactement semblables se remarquent dans les mandibules décroissantes et dans répistonne du Luc. Cervus. Les mandibules, dans les deux espèces, conservent dans leur décroissance la même courbure; plus épaisses, un peu anguleuses et décrivant presque un demi-hexagone dans le L. Cervusy elles sont plus grêles et en arc de cercle presque parfait dans le L. pentaphyllus.

Ces .détails comparatifs, utiles pour la distinction des deux espèces, sont devenus indispensables depuis la des- cription d'une espèce nouvelle par MM. Mulsant et Godart, Luc. Fabiani, Ann. de la Soc. Linnéenne de Lyon, 1855, p. 250. Cette description me paraît avoir été faite sur un mélange d'individus au moindre degré de développement des Luc. Cervus et Luc. pentaphyllus. Les principaux caractères signalés par les savants ento- mologistes lyonnais : êpistome transverse, mandibules courtes, non fourchues, bidentées intérieurement, sans dentelures, etc., ne sont que des dégénérescences des deux espèces, et il est probable que les individus qu'ils signalent à antenne tétraphylle sont des L. Cervus, et que ceux à antenne pentaphylle sont des L. pentaphyllus. Cette prétendue es- pèce, fondée sur l'observation d'organes dégénérés, doit donc disparaître de la nomenclature.

J'ai cru devoir conserver à mon espèce le nom sous lequel je l'avais désignée autrefois, parce que ce nom si- gnale un caractère constant jusqu'à présent. Je ne pré- tends pas qu'on ne puisse trouver des individus tétra- phylles ; mais en trouvàt-on , cette exception ne vaudrait pas contre la règle.

Des exemplaires du Luc. Cervus à antennes penta- phylles, ou bien pentaphylle d'un côté et tétraphylle de l'autre, ont passé sous mes yeux en assez grand nombre;

84 rev. et mâg. de zoologie. [Février 1856.)

ils proviennent, presque tous, du midi de la France (1) et appartiennent au commencement de dégénérescence dont Linné avait fait son Luc. Capra. Ces monstruosités anten- naires n'empêchent pas le Luc. Cervus d'être caractérisé normalement par la division en quatre feuillets du capi- tule des antennes.

Huit exemplaires mâles du Luc. pentaphyllus et quatre femelles me sont connus; deux mâles et une femelle dans ma collection, provenant de Port-Vendre; trois mâles et deux femelles dans la collection de M. de M..., trouvés par M. de Cerisy et par M. Guérin-Méneville en 1853 à Montrieux, près de Toulon ; deux mâles dans la collection de M. de la Ferté, indiqués du midi de la France; un mâle dans la collection de M. Boieldieu, indiqué de Nyons (Drôme), et une femelle dans celle de M. Guérin-Méneville, venant de Montrieux.

Coléoptères nouveaux; par M. A. Chevrolat.

Galba fum: bris. Inœqualis, nigra, ruge et dense punctata ; capite profonde canaliculato ; thorace globoso, inaequali, tuberculis duo- decim transversim rugosis longitudine sulcato ; elytris quatuor ma- culis atro-holosericeis , duabus oblique flexuosis ante médium et duabus transversalibus ante apicem , in sutura acuminatis. L., 14 1/2; 1., 6mill.

D'un noir mat, inégale et couverte de points très-serrés etruguleux. Tête arrondie, très-profondément canaliculée en avant et offrant quatre côtes ou carènes obliques ; sillon prolongé jusqu'au front; yeux rougeâtres. Corselet globu- leux, inégal, muni d'une douzaine de tubercules oblongs et ridés en travers : six sont presque réunis entre eux sur la région dorsale (mais les deux postérieurs sont les plus élevés) et trois sont disposés triangulairement sur chaque côté (deux en dedans et un en dehors). Le bord antérieur

(1) J'en possède cependant un bel individu provenant de la collec- tion de Kirby, il était noté comme trouvé dans le parc de Rich- mond , en Angleterre.

TRAVAUX INEDITS. 8.S

est droit, et le bord postérieur bicintré et tronqué au milieu. Écusson arrondi. Élytres inégales, marquées de neuf stries profondes et de plusieurs dépressions à la base, d'une au-dessous de l'épaule et d'une autre flexueuse sur le côté, vers le milieu. Chaque étui ofFre deux taches d'un noir velouté ; la première est obsolète et oblique avant le milieu, et la seconde transversale et située avant l'extré- mité. Suture acuminée. Tarses grêles, noirs, à lamelles jaunâtres.

Elle est propre à l'île de Bornéo.

Galba albiventris. Fusca, obscura; capite (carinato) antice, tho- race (postice bituberculato) iii medio et lateribus, corporeque iufra albidis, sericeis; elytris (basi sulcatis, apice conjunctim acuminatis) maculis duabus obsoletis murino-llavidis ultra médium sitis; anteunis flabellatis, nigris ; pedibus cinereo-sericeis , tarsis pallidis. L., 17; 1., 6 1/2mill.

D'un fauve verdâtre en dessus, d'un blanc argenté en dessous. Tête large, arrondie, fortement carénée au mi- lieu; chaperon large, coupé droit, noir; palpes orangés; antennes noires, offrant 10 articles rameux; yeux petits, arrondis, rougeàtres; un sillon est situé au-dessous pour loger le premier article des antennes. Corselet gibbeux , large , coupé droit et en cintre en avant , fortement bi- sinué et tronqué en arrière, muni, sur sa partie dorsale et postérieure, de deux tubercules, lesquels sont transversa- lement déprimés en dehors ; marge (largement) et le milieu ( étroitement ) blanchâtres ; sillon longitudinal entier. Écusson grand, en carré long, arrondi en arrière. Élytres un peu moins larges que le corselet, rebordées et arron- dies sur la base , avancées et arrondies sur la marge au- dessous de l'épaule, rétrécies au delà et subparallèles, quoiqu'un peu atténuées sur les deux tiers postérieurs, acuminées au sommet de la suture. Le dedans de la base est déprimé, et présente 3 à 4 sillons et côtes raccourcis leur surface est cotonneuse et d'un fauve obscur qui, vers les deux tiers postérieurs externes, se convertit, de chaque

86 rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Février 1856.)

côté, en une tache obsolète d'un jaune soyeux; l'extré- mité est légèrement dénudée et noire pour le fond, et offre quatre stries ponctuées réunies par deux. Corps, en dessous, d'un blanc soyeux argenté. Pattes cendrées et également soyeuses. Tarses grêles, ferrugineux; premier et dernier articles minces et longs ; les trois intermédiaires sont munis, en dessous, de longues lamelles étroites.

Cette rare espèce, qui est originaire de l'île de Java, m'a été gracieusement offerte par M. le docteur Horsfield, directeur du cabinet zoologique de la compagnie des Indes orientales de Londres.

Galba sericata. Albo-flavo-brunneoque sericea; capite (carinato); thorace (tuberculis sex obscuris) scutello , elytris basi (flavo-aureis cum macula laterali et transversali fusca aute médium) eorporeque infra albido-sericeis ; antennis nigris ; pedibus cinereis, tarsis rufis. L., 121/2; 1., 4 mi 11. 1/2.

Voisine de la Galba marmorata, Guérin-Méneville. D'un blanc soyeux argenté. Tête arrondie, fortement carénée; palpes orangés; antennes noires; yeux d'un brun rougeâ- tre. Corselet convexe, sinueusementéehancré en arrière sur la tête, bicintré et tronqué au milieu sur la base, muni de six tubercules obscurs dont les deux premiers émettent un trait rectangulaire longitudinal et transversal en dessous, les deux médiaux sont gibbeux et déprimés extérieure- ment, et enfin les deux au-dessus de l'écusson sont allongés et également déprimés sur leurs bords en dehors ; en outre il existe une petite saillie sur le côté postérieur en regard de l'épaule ; sillon dorsal entier. Écusson grand , arrondi en arrière. Élytres un peu plus étroites que le corselet, arrondies sur la base (transversalement déprimées et pré- sentant 5 stries longitudinales), avancées et arrondies sur la marge antérieure, sinueuses et acuminées chacune sur la suture ; l'ensemble de leur surface est d'un jaune soyeux doré ; une tache latérale transverse d'un brun châtain est située avant le milieu ; le sommet externe est noir pour le fond , et reproduit quatre stries ponctuées réunies entre

TRAVAUX INÉDITS. 87

plies par deux. Pattes grises, soyeuses. Tarses pâles. Elle provient de l'île de Bornéo.

ï.eproderà umbriata. Fusca , mandibulis oculisque nigris; tho- race transversim tristriato, acute spinoso; scutello transverso, rotun- dato; elytris thorace latioribus, et sesquitriplo longioribus , in hu- mero rectangulis et modice luberculatis , ad apicem anguste rotun- datis singulo coleoptero cum maculis duabus holosericeo-brunneis transversim positis, fere triangularibus intusque flavo marginatis. L., ;il;l., llmill.

Voisine de la Lep. pleuricosta de Guérin-Méneville. Fauve. Tête coupée droit en avant , un peu relevée à sa partie inférieure, inégale, ponctuée, longitudinalement sillonnée; mandibules larges, d'un noir brillant; yeux d'un noir terne; antennes de la longueur du corps chez la femelle. Corselet droit en avant, un peu bisinué à la base, avec le sommet externe avancé, muni de trois sillons transverses dont l'antérieur est profond et biarqué, le se- cond sinueux et le troisième beaucoup plus faible ; disque offrant une impression orbiculaire, et émettant, de chaque côté, un trait arqué et relevé. Épine latérale robuste, aiguë, noire à l'extrémité. Écusson arrondi, transverse. Élytres trois fois et demie aussi longues que le corselet , avancées rectangulairement sur l'épaule (laquelle est marquée en dessus de petits tubercules), étroitement ar- rondies et subanguleuses près de l'extrémité de la suture ; sur chacune deux grandes taches d'un brun velouté, trans- verses, presque triangulaires, appuyées à la marge et bordées intérieurement de jaune ; entre ces deux taches , on voit quelques gouttelettes jaunâtres. Pygidium conique et largement tronqué. Jambes intermédiaires munies, aux deux tiers externes, d'un éperon échancré à sa base, et qui est frangé de soies jaunâtres jusqu'à l'extrémité. Femelle. Elle est originaire de l'île de Bornéo.

Lkprodkra trimaculata. Fusca, oculis nigricautibus; capite pa- rum puuclato, sat profonde sulcato; thorace iuaequali, plicato, acute puuctato, sulcis duobus flexuosis transversim positis in lateribus va-

88 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)

lidc spinoso; scutello fere rotundato ; elytris rubricantibus, punctu- latis thorace latioribus, basi sinuatis, in humero rectangulis et mi- nute tuberculatis, usque ad apicem modice attenuatis et in extremitate obtuse rotundatis, tribus maculis holoscriceis nigro-brunneis : una communi, subcordiformi infra scutellum, duabusque margiualibus ; anteriora minuta posteriora trigona et magna. L., 25; 1., 5 mill. -Leprodera 3-maculata. Dejean, Cat., 3e éd., p. 368.

Fauve. Tête allongée, coupée droit en avant, quelques points près des yeux et sur le sommet; sillon longitudinal assez profond ; antennes guère plus longues que le corps. Corselet aussi haut que large, fortement crevassé et ridé, avec des points assez profonds; bord antérieur coupé droit, bord postérieur largement cintré sur l'écusson, avec l'angle droit et rentrant ; il offre deux sillons transver- ses, profonds et flexueux, et dont l'antérieur rentre sur le dedans, et est brièvement coupé droit sur le milieu du disque. Écusson arrondi. Élytres d'un fauve rougeâtre, si nuées sur la base, avancées rectangulairement sur l'é- paule (quelques tubercules en dessus) , elles vont en se ré- trécissant insensiblement jusqu'au sommet de la marge , et l'extrémité est brièvement arrondie, leur surface est finement ponctuée ; chaque étui présente trois taches d'un brun soyeux noirâtre : une commune subcordiforme au- dessous de l'écusson et deux marginales ; celle antérieure est petite , tandis que celle au-dessous est grande , trian- gulaire et située au delà du milieu. Jambes médianes mu- nies extérieurement, au delà des deux tiers de la lon- gueur, d'une dent échancrée couverte de poils noirs.

Le comte Dejean avait reçu cette espèce de M. Leconte père comme étant originaire de l'île de Java. Elle fait ac- tuellement partie de ma collection.

Dorcadion bithyniense. Nigrum, eapite nitido, inaequali, vage punc- tato, ad oculos albo-marginato; labro clypeoque angulosim emargi- natis; antenuis nigris (primo articulo rubro); thorace sat crebre et minute punctato, acute spinoso; elytris versus médium ampliatis, basi attenuatis, holosericeis, cum margine, sutura, linea média, antice interrupta, punctoque infra basiu albissimis; pedibus rufis, tarsis

SOCIÉTÉS SAVANTES. 89

obscuris; corpore iufra lanugine leucophaea iudulo.— L., 1 1 ; 1. amp]., 5 mill.

Cette espèce ressemble, pour la forme et les couleurs, au D. scabricolle, de Daim. D'un noir profond et luisant sur la tête et le corselet , et d'un noir velouté sur les ély- tres. Antennes noires, avec le premier article rougeâtre. Cuisses et jambes rougeâtres. Tarses obscurs ; les trois premiers articles des quatre pattes antérieures dilatés et subtriangulaires. Chaperon et lèvre fortement échancrés et anguleusement sur la dernière. Tête inégale, chagrinée pour le fond, vaguement et finement ponctuée ; sillon lon- gitudinal étroit. Corselet transverse assez densément et profondément ponctué vers les côtés. Épine latérale courte, aiguë. Écusson noir, petit, déprimé. Élytres élargies vers le milieu, atténuées à la base, un peu moins à l'extrémité : celle-ci est régulièrement arrondie; marge, suture, ligne numérale interrompue au-dessous de l'épaule et une petite tache basale, toutes d'un blanc de lait. Corps, en dessous, couvert d'un duvet blanchâtre. La femelle m'est in- connue.

Je dois ce bel insecte à la générosité de M. Ch. Ott , de Strasbourg. Il est originaire des environs de Brousse, ville célèbre par la résidence de l'émir Abd-el-Kader et aussi par les récents tremblements de terre, qui ont complète- ment anéanti cette cité.

II. SOCIETES SAVANTES.

Académie des sciences de Paris.

Séance du 4 février 1856. M. Serres lit une Note sur les Touariks. Le savant académicien ayant reçu de M. (iuyon des renseignements intéressants sur ces habi- tants du Sahara, en conclut que les Touariks sont un ra- meau de la race caucasique qui s'avance, à l'est de l'Afri- que , jusqu'aux confins de l'Egypte. Ils se croient les habitants les plus anciens de la terre; leur langage n'est

90 rev. et mag. de zoologie (Février 1856.)

pas arabe, et ils affirment qu'il est le plus ancien dans le monde.

M. Millet présente une Note sur le rempoissonnemcnt des cours d'eau.

Dans cette note, qui résume les principaux résultats que l'auteur a obtenus dans la gare de Choisy-le-Roi par l'emploi de moyens réellement pratiques destinés à as- surer l'empoissonnement des cours d'eau , il établit que pendant ces trois dernières années , à partir du mois d'avril 1852 , des frayères artificielles ont été organisées et placées sous la surveillance des employés de la gare. Tous ces appareils ont produit des quantités considérables de jeunes poissons qui peuplent aujourd'hui la gare, et qui, au fur et à mesure de leur développement , se répan- dent, dans les cantons limitrophes, sur tout le cours de la Seine. Ces résultats ont produit une heureuse impres- sion sur les riverains pour la propagation et la conserva- tion du poisson, et sur les nombreux visiteurs qui ont suivi les expériences de M. Millet, et n'ont pas tardé à en appliquer les principes sur divers points de la France et de l'étranger.

Pour ne laisser subsister aucun doute dans l'esprit des riverains, même des plus incrédules, M. Millet a eu l'idée de faire éclore, dans la gare, des œufs de Poisson rouge ou Cyprin doré de la Chine. Dès le printemps de 1855, cette jolie espèce était abondamment répandue dans la gare et dans la Seine à plusieurs kilomètres de distance. Antérieurement à cette importation , l'inspecteur de la na- vigation et les habitants du pays n'avaient pas vu ou péché un seul Poisson rouge.

L'importance des résultats obtenus fixera, dit M. Millet en terminant , j'ose l'espérer, la bienveillante attention de l'Académie, et pourra peut-être donner une nouvelle preuve à l'appui de l'opinion que j'ai émise, à savoir que la pisciculture pratique était facile et peu coûteuse sur les cours d'eau , et que leur empoissonnement pouvait être

SOCIÉTÉS SAVANTES. 91

opéré sans avoir recours à des établissements spéciaux.

MM. Bourguignon et Delafond adressent un travail sur un nouvel acarus du cheval pouvant transmettre la gale de re solipède à l'homme.

« Jusqu'à ce jour, il était permis de révoquer en doute les cas de transmission de la gale du cheval à l'homme, attendu que le parasite connu de la gale du cheval ne pouvait vivre sur l'espèce humaine, et que les auteurs qui se sont prononcés pour l'affirmative n'ont jamais démontré scientifiquement que la maladie transmise fût réellement due à la présence d'un acare provenant du cheval. En partant des données fournies par l'entomologie , on était fondé à refuser aux parasites connus propres aux herbi- vores, et au cheval en particulier, la faculté de transmettre la gale. L'observation vient de nous permettre de re- monter des effets aux causes et de tout expliquer.

« Le cheval peut avoir deux espèces de gale : une pre- mière, due à la présence du parasite acarien propre aux herbivores et connu depuis longtemps , qui ne saurait tracer des sillons, vivre sur la peau de l'homme et lui transmettre la contagion ; une seconde, due à la présence d'un acare identique à celui des carnivores, pouvant tracer des sillons, transmettre la psore, et dont personne na soupçonné l'existence jusqu'à ce jour. Cette maladie transmissible est aussi différente dans l'ensemble de ses symptômes de celle qui ne peut se communiquer, que les parasites qui en sont la cause première diffèrent entre eux. »

M. Wanner présente , comme supplément à sa précé- dente Note sur l'organe pulmonaire considéré comme pre- mier impubeur du sang, les résultats de deux expériences qu'il considère comme des preuves à l'appui de la théorie exposée dans cette Note.

« Dans la première expérience, faite sur un mouton, on a introduit de l'air condensé dans les deux médiastins de manière à neutraliser les mouvements de la poitrine , et

92 rev. et mag. de zoologie. {Février 1856.)

l'on a ainsi déterminé en dix minutes la cessation com- plète des battements du cœur.

« Dans la seconde expérience, du sang de bœuf tiré instantanément de l'animal, et reçu, afin d'éviter sa coa- gulation , dans un vase maintenu à une température de 37 degrés centigrades, a été soumis à l'action du gaz acide carbonique, au moyen d'un tube de verre recourbé dont un bout était adapté à la vessie contenant le gaz , et l'autre à un bouchon de liège percé et avec lequel était bouchée la bouteille contenant le sang ; le liquide sanguin est devenu de couleur rouge-brun et a présenté une semi- coagulation.

« Je conclus du fait de la première expérience, com- parée à la possibilité l'on est de faire circuler, par une respiration artificielle, dans le corps d'un animal mort tout récemment le sang aussi longtemps qu'il conserve sa liquidité, que si le cœur était le premier impulseur du mouvement circulatoire, ses battements devraient se pro- longer bien au delà du temps marqué dans mon expé- rience, car MM. Williams et Hope ont fait durer, comme on le sait, une circulation artificielle une heure vingt minutes après le décès constaté , et auraient pu la faire durer plus longtemps encore.

« La conséquence de la seconde expérience ne me semble pas moins favorable à la thèse que je soutiens, puisqu'elle semble indiquer que la mort est déterminée , dans l'asphyxie , par la coagulation du sang et l'impossi- bilité de la circulation par suite de cette coagulation. »

Séance du 11 février. M. Élie de Beaumont donne lecture d'extraits d'une lettre de M. Albert Gaudry con- tenant l'exposé des résultats des recherches paléontologi- ques qu'il a faites à Pikermi (Attique). M. Gaudry annonce qu'il va envoyer cinquante à soixante caisses d'ossements fossiles provenant de ses explorations.

Séance du 18 février. M. [s. Geoffroy Saint-Hilaire , en présentant à l'Académie, au nom de M. Bekker, de

SOCIÉTÉS SAVANTES. 93

Darmstadt, un Mémoire, écrit en allemand, sur l'ongle de la queue du Lion, donne une idée de ce travail, qui a pour sujet une question, sinon importante, du moins très-cu- rieuse.

« On s'est beaucoup occupé, dans ces dernières an- nées, de X ongle ou, comme on l'a appelé, de Y aiguillon que le Lion porte à l'extrémité de la queue. Cette particu- larité de son organisation, longtemps ignorée par les mo- dernes, était bien connue des anciens. On la trouve net- tement indiquée par Didyme d'Alexandrie, qui vivait sous Auguste; et, selon plusieurs auteurs, Homère lui-même l'aurait connue, ce qui, du reste, serait peu étonnant, puisqu'il existait encore des Lions en Grèce au temps d'Homère.

« Le Mémoire de M. Bekker est à la fois un travail d'érudition et d'observation sur ce sujet. On y trouve ci- tés, chacun dans leur langage, et traduits en allemand, les passages des poètes et des commentateurs qui parais- sent avoir fait allusion à l'existence de l'ongle caudal du Lion, ou qui l'ont mentionné , depuis Homère jusqu'aux modernes. M. Bekker a également résumé , en y ajoutant les siennes, les observations des naturalistes, particulière- ment de Blumenbach.

« Dans un appendice , M. Bekker montre que l'exis- tence de l'ongle caudal est loin d'être un caractère propre au Lion. On le retrouve , parmi les Kangurous notam- ment , chez le Macropus unguifer, qui l'a très-développé, et chez le M. frœnatus, faits signalés depuis plus de quinze ans par M. Gould. Il existe aussi, selon M. Bekker, chez plusieurs Singes et chez quelques Mammifères, parmi les- quels l'Aurochs.

« L'auteur a figuré l'ongle caudal du Lion , celui du Macropus frœnatus et celui du Semnopithecus melalophos.

« Le même Membre fait hommage, au nom de M. P. de Tchihatchef, d'un Mémoire sur la Chèvre d'Angora, ses habitudes et son habitat en Orient, et d'une figure gravée

94 rev, et mag. de zoologie. (Février 1856.)

d'un magnifique individu cette espèce , que l'auteur s'est procuré dans l'Asie Mineure, et dont il a enrichi le musée impérial de Saint-Pétersbourg.

« Le Mémoire de M. de Tchihatchef a été rédigé en vue de fournir à la Société impériale d'acclimatation les moyens de choisir, pour ses troupeaux de Chèvres d'Angora , les localités les plus favorables. C'est d'après les indications de M. de Tchihatchef que deux de ces troupeaux ont été placés dans le Cantal. »

M. Marcel de Serres présente quelques remarques con- cernant un nouveau genre d'Annélide tubicolé perforant qu'il désigne sous le nom de Stoa. Il caractérise ce genre par la phrase suivante :

« Tube testacé, contourné en spirale orbiculaire et irré- gulière ; d'une forme discoïde renflée et convexe ; dernier tour détaché des premiers et se prolongeant parfois en un tube droit ; ouverture ovalaire , terminée par un opercule calcaire conique et surchargé. »

Séance du 25 février. M. Élie de Beaumont lit un ex- trait d'une lettre de M. Ch. T. Jackson sur l'action du chloroforme sur le sang.

III. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.

Bulletins de la Société impériale des naturalistes de Moscou, t. XXVI (1853).

Nous avons donné une idée des excellents travaux de zoologie publiés par cette savante Société pendant les an- nées 1850, 51 et 52 (Revue zool., 1855, p. 440); voici la table des mémoires contenus dans le volume de l'année 1853, que nous recevons à l'instant :

DasypodœRossicœ in districtu Romen gubernii poltavici captae ; par J. Behr, avec 1 pi., I, p. 69.

Quelques mots sur le climat et la faune de KamieniecPodolski, par Balke, I, p. 410.

ANALYSES l)'OUVRAGES NOUVEAUX. 95

Sur un nouveau genre de ver aquatique se rapprochant de 1 Au- guillula, par M. Czernay, I, p. 205.

Sur la mammalogie et l'ornithologie de la Russie , par Eversmann (avec 1 pi.), H, 487.

Révision des escargots (hélices) russes, énumérés par J. A. Kry- nicki, p. 08.

Notice sur l'histoire de la migration des oiseaux en Russie , p. 166.

Sur les Poissons fossiles du grès ferrifère de Koursk , par Kiprija- noff(avec2pl.), p. 286.

Notice sur les dents fossiles d'un nouveau genre de Poissons, par M. Romanowsky, p. 405.

Supplément à la faune des Coléoptères des colonies russes dans l'Amérique septentrionale, par Mannerheim, p. 95.

Notice sur la qualité vésicatoire de quelques Coléoptères, etc., par Alex. Becker, de Sarepta, p. 452.

Clymenarum et gonialilum natura notœque primariap, par Sand- berger, p. 299.

Notice sur trois Papillons nocturnes de Java , par Zeller, II, p. 502.

Observations sur quelques nouvelles espèces d'insectes, par Nie. Popoff, I, p. 101.

Essai sur les Cyclopides de Saint-Pétersbourg , par M. Sab. Fischer (avec 2 pi.), I, p. 74.

Cette année 1853 a été désastreuse pour la Société , car elle a perdu son fondateur, le célèbre Fischer de Wald- heim , et l'un de ses membres les plus distingués, Tyzen- hauz.

Une séance extraordinaire a été tenue le 20 octobre pour entendre les discours qui ont été prononcés sur Fis- cher de Waldheim par le président Nasimoff, par M. Rouil- lier, par M. Masloff, par M. Pascault et par M. Liaskovsky. Ces orateurs ont rappelé à la Société la belle vie et les nombreux travaux du savant qu'elle vient de perdre.

Il a été décidé à l'unanimité qu'un monument serait élevé à la mémoire de Fischer de Waldheim. Une sous- cription a été ouverte à cet effet parmi tous les amis de l'histoire naturelle.

Dans le même numéro, la Société a publié une notice sur la vie et les ouvrages du comte Constantin Tyzenhauz. Nous publierons ce travail, avec le portrait du savant dont

96 rev. etmag. de zoologie. (Février 185G.)

les zoologistes déplorent la mort, dans un de nos pro- chains numéros.

IV. MÉLANGES ET NOUVELLES.

M. le docteur Pucheran nous prie d'insérer les dia- gnoses suivantes :

Cercopiihecus Erxlcbenii, Dallbet, Puch. Subparvus, cati domestici raagnitudinis : olivaceo, fulvo, ferrugineo, griseo nigroque variegatus; subtus et artuum lateribus internis luteus fundo albido ; caudx parte basali infra olivaceo et nigro varia; vittis capitis tribus, intermedia cristam efficiente, regione lumbo sacrali, caudae parte supera et toto apice, artubusque anticis externe nigris; manibus omnibus facie qe fuscis, ore carneo.

De l'Afrique occidentale (?). Espèce décrite d'après une jeune femelle qui a vécu à la ménagerie du musée de Paris.

Cynocephalus Doguera, Puch. et Sch. Major : brunneo-oli- vaceus ; manibus anticis nigro irroratis.

Habite l'Abyssinie.

TABLE DES MATIERES.

Pages.

Pucheran. Mammalogie du continent africain. 49

De Souancé. Catalogue des Perroquets. 56

Jaubert. Neuvième Lettre sur l'Ornithologie. 64

Bourguignat. Aménités malacologiques. 66

Reiche. Nouvelle espèce de Lucanus. 80

Cbevrolat. Coléoptères nouveaux. 84

Académie des sciences. 89

Analyses. 94

Mélanges et nouvelles. 96

PARIS. IMJ». DE Mm" Ve BOUCHARD-HUZARD , RUE DE L'ÉPERON, 5.

DIX-NEUVIÈME ANNÉE. MARS 1856.

I. TRAVAUX INEDITS.

Dixième lettre sur l'Ornithologie de la France méridio- nale; par le docteur J. B. Jaubert.

Pterocles. P. alchata. Je n'ai rien à ajouter à l'his- toire de cette espèce, type aux allures excentriques dont la répartition géographique paraît concorder avec l'exis- tence d'un sol aride et désert, sinon que ses mœurs sau- vages et peu sociables la rendent tous les jours plus rare en Crau. Les facilités de communication d'une part, la création d'un jardin zoologique de l'autre, semblent con- courir puissamment à la destruction de ces oiseaux, dont la tête est aujourd'hui mise à prix. Il en sera de ceux-ci comme de tant d'autres espèces que le voisinage de l'homme expulse peu à peu de leurs domaines naturels.

Je crois peu aux migrations des Gangas, comme fait normal... La présence accidentelle de quelque individu égaré dans le voisinage d'un centre d'élection me paraît seule possible. L'espèce est répandue en Espagne, elle se montre dans des conditions analogues à celles de la Crau; elle est commune en Asie et en Afrique, mais ne s'est ja- mais montrée en Sicile.

Le P. arcnarius, très-répandu en Asie, l'est également en Algérie ; mais si les assertions, qui font de cet oiseau une espèce européenne, ne reposent pas sur des faits plus certains que ceux avancés par Temminck , on peut , dès aujourd'hui, considérer sa naturalisation comme forte- 2e série, t. vin. Année 1856. 7

98 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Uars 1856.)

ment compromise Personne n'admettra, d'ailleurs,

que ce Ganga puisse habiter les Pyrénées; quant à être commun sur le marché de Madrid, c'est une erreur qu'il est bon de relever en passant! Le Ganga cata lui- même est rare aux environs de cette ville.

Tetrao Une autre espèce qui se perd en France est le T. urogallus, dont on voit encore quelques indivi- dus dans les Pyrénées. Si l'espèce, en disparaissant, y était au moins remplacé par le T. médius!!! Mais non! celui-ci est évidemment un oiseau du nord que le ciel réserve à des estomacs moscovites, puisqu'on le dit commun, de- puis quelques années, sur le marché de St.-Pétersbourg(l).

(1) Si c'est à un hybride que nous avons affaire, pourquoi le croise- ment entre les deux espèces types ne s'opère-t-il pas aussi chez nous, Tune des deux est incontestablement fort rare , condition qui me parait toujours très -favorable à la production des hybrides?... Cette question restera longtemps, sans doute, sans réponse. On trouve ce- pendant à ce sujet, dans le journal de Cabanis (1854, 2e cahier, p. 129), quelques raisons assez curieuses, mais complètement contra- dictoires, que donne Gloger pour expliquer le phénomène. Le T. mé- dius, nous dit l'auteur, a pour père T. urogallus et pour mère T. te- trix; la raison en est qu'à l'époque des amours, à la suite des luttes acharnées que se livrent entre eux les mâles du T. urogallus, les plus faibles, se trouvant expulsés par les vainqueurs, vont se réfugier chez l'espèce voisine, leur grande taille leur permet encore de ré- gner en maîtres; c'est qu'usant du droit du plus fort, despotes à leur tour, on les voit s'emparer des plus belles femelles Mais l'au- teur, oubliant sans doute cette petite Odyssée, nous dit plus loin que ces relations illicites se comprennent , car elles ont lieu entre deux espèces dont le mâle, chez l'une, toujours plus grand (T. tetrix), s'accouple avec la femelle de l'autre (T. urogallus), qui, plus petite aussi, se rapproche du mâle par sa taille... Que conclure de ces con- tradictions?... C'est que l'espèce, quelque dures que soient les con- ditions que lui impose la nécessité, cherche sans cesse à obéir à l'in- stinct que lui inspire la nature.

Naumann décrit un autre hybride entre le Tétras Birkan et le T. des saules (Naumann's Vogel, Bd., VI, s. 333, 337), dont il donne une bonne figure sous le nom de Bastard vom Birkhahn und der Moorschnechenne... C'est un beau mâle, à queue légèrement four-

TRAVAUX INÉDITS. 99

Les T. telrix et Lagopus alpinm sont encore assez com- muns dans le haut du département des Basses-Alpes; ce dernier descend quelquefois, en hiver, jusque dans le Var. M. l'abbé Caire a fait connaître dernièrement, dans un des précédents numéros de la Revue zoologique, une inté- ressante livrée d'automne, qui n'est, par le fait, qu'une li- vrée de transition, dont la raison physiologique est dans le soin que met la Providence à donner à chaque animal une robe en harmonie avec le milieu qu'il habite.

Bona-sia. La Gelinotte ne se montre jamais sur le marché de Marseille; la seule conclusion à en tirer, c'est qu'elle est moins notre voisine que le Birkan et le Ptar- migan, qui abondent dans nos Alpes. Bouteille nous dit, au reste, que l'espèce a notablement diminué dans les montagnes du Dauphiné ; elle est encore commune dans les Cévennes et sur quelques points des Pyrénées.

Perdix. Si nous consentons à signaler la Perdrix garnira comme se montrant quelquefois en Provence, di- sons tout de suite que ce n'est que d'une manière acci- dentelle. Je n'en connais, pour mon compte, qu'une seule capture faite, il y a environ cinq ans, à quelques lieues de Marseille. Pol. Roux avait représenté cet oiseau, mais sans aucune explication, ce qui laisse cependant supposer qu'il l'avait rencontré. Nous savons que, à diverses épo- ques, des essais d'acclimatation furent tentés par quelques grands propriétaires de la Crau et de la Camargue, mais sans aucune espèce de succès; ne serait-ce pas au dépla- cement ou à la dispersion de quelques-uns de ces oiseaux que nous pourrions attribuer nos captures?... Il n'est pas rare aujourd'hui de rencontrer la Gambra sur nos mar- chés, car les bateaux à vapeur qui font le service d'Afrique nous en apportent, en hiver, un assez grand nombre; mais ces sujets, entassés pendant plusieurs jours de traver

chue, tapiré de blanc et de noir, d'où vient que cet hybride ncst pas aussi fréquent que le précédent?...

100 rev. et mag. de zoologie. {Mars 1856!)

sée, sont toujours reconnaissables à leur peu de fraîcheur.

La Perdrix rouge, que l'on considère généralement comme sédentaire, exécute cependant, chez nous, des mi- grations partielles bien connues de tous nos chasseurs. En hiver, et principalement à l'époque des grands froids, ap- paraissent, en effet, des bandes de Perdrix rouges, sur des points l'on ne rencontrait plus naguère que quelques rares débris de ces compagnies sédentaires que l'on pour- suivait depuis l'automne. Ces oiseaux, peut-être, chassés des montagnes par le froid ou la neige, viennent chez nous chercher leur nourriture et concourent, au printemps, à repeupler nos coteaux.

La Bartavelle, au contraire, semble ne jamais quitter les régions montagneuses; elle paraît, d'après les auteurs, très-répandue dans tout le midi de l'Europe ; mais, est-ce bien notre Bartavelle que l'on rencontre en Grèce et dans les villes de l'Archipel?...

La Perdix Labatiei de Bouteille, cette voisine avec la- quelle il ne m'a pas encore été donné de faire connais- sance, habiterait aussi l'Italie, d'après Ch. Bonaparte. La ville de Grenoble, l'on s'attendrait naturellement à trouver toute l'histoire de cet oiseau, n'en présente qu'une misérable dépouille, peu faite, il faut en convenir, pour satisfaire la curiosité d'un naturaliste en tournée. Quoi qu'il en soit, est-ce un hxjbride, est-ce une espèce?... Voici toujours la même question, c'est-à-dire le même doute ! Convenons, cependant, que, si nous admettons ici Y espèce, nous n'aurons pas de raisons pour ne pas en faire autant à l'endroit des Tetrao médius, des Perdix montana, de ma Fuligula, de ma Fringilla, de tous ceux, en un mot, qui se

trouvent dans les mêmes conditions L'hésitation, bien

légitime en pareil cas, touche à des questions dont la so- lution se fera peut-être longtemps attendre. Espérons, ce- pendant, que M. Bouteille, qui seul pourrait nous éclairer, ne mettra pas douze ans encore à tenir la promesse que nous fit son livre.

TRAVAUX INÉDITS. 101

La Perdrix grise, à petite taille (P. damascena, Lath.), est un oiseau de passage, assez rare chez nous ; mais la Perdrix grise ordinaire, qui est aussi de passage , y est, au contraire, assez commune. Quant à la P. monlana , je ne la connais pas dans le midi de la France.

Turnix. Le Turnix africanus, dont j'ai signalé quel- ques captures dans le midi de la France, y avait été, sans doute, rencontré parPol. Roux, qui nous donne (Orn. mé- rid., pi. 263 bis, T. andalusicus) unebonne figure du jeune, ce qui laisserait supposer l'existence de quelque couvée ac- complie dans nos contrées. Je ferai seulement remarquer que j'ai vu cet oiseau tué en livrée d'adulte; j'ignore seule- ment à quelle époque de l'année M. L. Benoît nous signale l'espèce sous ses deux noms, Andalusica et Gibraltarica, comme sédentaire en Sicile. Cet oiseau nous vient évidem- ment de l'Algérie, il paraît être fort commun. Quelques individus, observés vivants, nous ont montré en captivité toutes les allures de la Caille, avec un naturel doux et ti- mide ; leur cri seulement est tout particulier, c'est un son lugubre et profond que l'oiseau fait entendre par inter- valle ; il gonfle alors son cou, ramène sa tête entre les épaules et laisse entendre, à la manière des ventriloques, une note voilée que l'oreille semble percevoir dans le loin- tain.— Le jardin zoologique de Marseille possède en ce moment quelques Turnix vivants, originaires de la côte orientale d'Afrique ; ils sont en tout semblables à ceux de notre Algérie, mais d'un bon tiers plus petits; leurs teintes m'ont paru généralement plus pâles.

Porphyrio. Presque tous les Talèves que j'ai vus dans les ménageries ou dans nos jardins appartenaient à l'es- pèce à dos vert [P. smaragnotus, Temm.). D'où vient cette particularité, alors que le P. veterum, notre voisin de Si- cile et d'Algérie, serait bien plus facile à amener?... L'un et l'autre, au reste, ont été tués dans les environs de Mar- seille, avec cette différence que les premiers étaient évi- demment des oiseaux de basse-cour ou de volière, tandis

102 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856)

que la Poule sultane, nom bien connu en Camargue, est un de ces oiseaux dont nos plus vieux chasseurs comptent les rares captures. J'ai signalé cet oiseau dans Y Ornitholo- gie du Var ; Pol. Roux, Bouteille et Crespon en parlent aussi, ce qui est loin de prouver que l'espèce soit com- mune.

Fulica. La Fulica cristata, que nous rencontrons quelquefois sur notre marché, les Foulques ordinaires ne viennent jamais en grand nombre, est sans doute plus commune que nous ne le supposons parmi ces formidables bandes qui couvrent, en hiver, la plupart de nos étangs ; elle se trouve dans presque toutes les collections; M. de Montvallon en possède cinq ou six individus recueillis, à diverses époques, sur les étangs de Berre et de Mari- gnane.

Parra jtacana et Ardea atricollis, tués à quelques lieues de Draguignan, seront longtemps encore deux énig- mes pour nous. Il faut avoir vu la fraîcheur irréprochable de ces deux oiseaux, chassés à quelques années d'inter- valle, dans les marais qui bordent la mer, pour ne pas se laisser aller complètement à l'idée que l'on a été la dupe de quelque évasion... Le Jacana, blessé à l'aile, fut ap- porté vivant à M. Jouffret, qui le conserva toute une jour- née, et l'oiseau mourut sans avoir voulu prendre aucune nourriture. Tout commentaire est, au reste, superflu.

Ons. L'Outarde canepetière (O. tetrax), si commune dans le nord de l'Afrique, ne nous visite qu'accidentelle- ment; je pourrais cependant en compter plusieurs cap- tures, mais constamment en automne, tandis que la grande outarde (O. tarda), qui, d'ailleurs, ne se montre plus chez nous que de loin en loin, apparaît toujours à l'époque des plus grands froids. Une bande d'Outardes canepetières aurait été vue en octobre 1855, sur les hauteurs qui bor- dent la Durance, à quelques lieues en dessous de Ma- nosque, sans qu'il ait été possible de les tirer. Une par- ticularité anatomique que je n'ai vue signalée nulle part

TRAVAUX INÉDITS. 103

est celle que présente le mâle à l'époque des amours : les organes de la voix, ou plutôt le cou en entier est entouré d'une épaisse couche de tissu cellulaire d'une consistance aqueuse, qui donne à cette partie de l'animal un volume quelquefois énorme ; cet état de turgescence paraît ne du- rer que fort peu de temps et précède une mue partielle qui commence par les parures du cou.

Rien au sujet de YHoubara que je ne connais dans au- cune collection, comme tuée dans le midi de la France. On m'a cependant affirmé qu'un jeune, ou en livrée d'hi- ver, avait été pris vivant dans les environs de Nice ; M. Verany pourrait nous renseigner à ce sujet.

Chettusia gregaria. J'ai dit, en 1851, tout ce que je savais sur cet oiseau, dont je me réserve de donner bien- tôt et la description et la figure. Bouteille le signale dans son Ornithologie du Dauphiné.

Cursorius isabellinus. Ce joli petit oiseau nous vi- site quelquefois en automne et toujours en livrée incom- plète. Une particularité à noter, c'est que les quelques in- dividus tués dans le midi de la France l'ont presque tous été sur des points élevés ou dans les montagnes. Aux envi- rons de Marseille, c'est sur les rochers de Notre-Dame-de- la-Garde qu'ont été pris les deux ou trois sujets que nous possédons, et dans les environs de Montpellier ce fut au milieu d'une liasse de Turdus torquatus que M. Lunel rencontra le sien.

Phalaropus. P. Roux, Bouteille et Crespon ont déjà signalé, comme accidentelle, la présence, chez nous, des Ph. fulicarius et hyperboreus. Vers la fin de l'hiver 1844 ou 1845, je trouvai sur notre marché un bel individu du Fulicarius, en livrée de jeune. A quelques jours de là, je rencontrai chez le même marchand de gibier quatre ou cinqPh. hyperboreus, en livrée d'hiveraussi, ettousen très- mauvais état. Ne connaissant pas alors tout le prix d'une pareille capture, je me contentai de prendre le moins mau- vais, dont je tirai un assez médiocre parti; depuis lors, je

lOfc REV. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)

n'ai plus vu ni l'un ni l'autre de ces deux oiseaux. Gallinago. Je ne connais de ce genre que les trois espèces : G. major, G. scolopacinus et G. gallinula. Un mot seulement au sujet de la G. Brehmi. Ni la taille plus forte, ni la longueur du bec, ni la coloration des pennes de la queue ne sont des caractères constants aux yeux mêmes des autorités qui ont établi cette espèce ; quant au nombre et à la disposition des rectrices, je n'y vois, hélas -? rien de plus! Quelque soin que j'aie mis à étudier les bé- cassines qui m'ont passé sous les yeux, j'avoue qu'il m'a été impossible de saisir un caractère réellement capable de distinguer cette espèce. Que signifie cette dernière penne faisant saillie sur le bord de la queue de manière à rompre la monotonie de la ligne courbe? L'oiseau aura seize rectrices, si elle existe; il n'en aura que quatorze, si celle-ci manque; et elle manque, au reste, assez souvent d'un seul côté. Est-elle un apanage de l'oiseau adulte? Cette supposition me paraîtrait assez rationnelle, mais il est bien évident que, si cette plume lui fait défaut, la queue se trouvera arrondie. Or j'ai trouvé des bécassines avec seize plumes à la queue et une saillie insignifiante ; d'autres, n'en ayant que quatorze, présentaient, au contraire, une saillie très-prononcée des deux rectrices externes ; enfin j'en ai rencontré (Scol. peregrina et Scol. Delamotii) qui n'en avaient que douze. La seule conclusion que je me sois permise était que j'avais affaire à divers âges et à divers états de mue. Un vol plus droit et l'absence, en partant, de ce petit cri bien connu auraient pour moi plus de va- leur, si les indications données par nos chasseurs de Ca- margue, qui sont aussi bons juges en pareille matière, ne m'avaient appris que ces variations dans le vol et le cri de ces oiseaux tenaient simplement à des conditions atmos- phériques. Ces conditions, il est vrai, ne m'ont pas paru bien nettement arrêtées dans l'esprit de ces braves gens peu habitués aux déductions logiques ; mais tant est-il que ce fait d'observation pratique, qui demande d'à-

TRAVAUX INÉDITS. 105

bord à être confirmé, m'a mis en profonde considéra- tion

Description de quelques espèces d'AMMOMTES nouvelles des terrains jurassiques et crétacés; par M. Alcide

d'ORBIGNY.

Depuis la publication de notre Paléontologie française relative aux céphalopodes des terrains jurassiques et cré- tacés, nous avons déjà, en 1850, indiqué un nombre assez considérable d'ammonites nouvelles, dans notre Prodrome de paléontologie slratigraphique. Nous croyions, alors, avoir épuisé le nombre des espèces de ce grand genpe, mais les recherches que nous n'avons cessé de faire, sur tous les points de la France, nous ont prouvé que le dernier mot est loin d'être dit sur les richesses paléontologiques de notre belle patrie. C'est en attendant les suppléments de notre Paléontologie française, toutes ces espèces seront figurées , que nous indiquons aujour- d'hui, seulement pour prendre date, les vingt-sept ammo- nites qui suivent.

Espèce de l'étage sinémurien ou lias inférieur.

1 . A. Duryancs. Testa compressa ; anfractibus compressis, late- ribus convexiusculis transversim 47-costatis; costis rectis, angustatis, elevatis, simplicibus, externe eVanesceutibus; dorso rotundato, laevi- gato; apertura compressa.

Cette espèce, voisine de VA. tortilis, s'en distingue par ses côtes droites, par ses tours plus larges et croissant bien plus rapidement. De Torcenay (Haute-Marne) , re- cueilli par M. Babeau et par nous. Rare. Notre collection.

Kspèce de l'étage toarcien ou lias supérieur.

2. A. Morei. Testa compressa; anfractibus compressis, lateribus convexiusculis, transversim 39-costatis; costis acutis, flexuosis, an-

106 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mars 1856.)

gustatis, simplicibus ornatis; externe iucrassatis; non interruptis dorso subangulato; apertura ovali, compressa.

Cette espèce se distingue de toutes les autres de l'étage par ses côtes simples flexueuses, épaissies sur le dos. Elle a été découverte par M. Emile de More, à Serverette, près de Mende (Lozère), dans l'étage toarcien.

Espèces de l'étage bajocien ou de l'oolithe inférieure.

3. A. Arcus. Testa compressa; anfractibus rotundato-depressis, augustatis lateribus; costis 24 externe in medio incrassatis, tubercu- latis, externe quadrifuscatis in dorso rectis; apertura circulari.

Cette espèce est voisine de Y À. Humphriesianus, mais elle n'a pas de changements de formes déterminés par l'âge, et est toujours à tours très-étroits. Nous l'avons re- cueillie près de la Motte-Saint-Heray (Deux-Sèvres) / De notre collection.

4. A. Arinds. Testa compressa; anfractibus angustatis, subqua- dratis, lateribus transversis 3i-costatis ; costis acutis, rectis, simpli- cibus, externe tuberculatis in dorsum bifurcatis, interruptis ; apertura subquadrangulari.

Cette espèce rappelle un peu Y A. interruptus, mais ses tours sont infiniment plus étroits, et les tubercules plus près du dos. Nous l'avons rencontrée à la Motte-Saint- Heray (Deux-Sèvres). De notre collection.

5. A. Arge. Testa compressa; anfractibus angustatis compres- siusculis, lateribus 48-costatis; costis angustatis obliqais, externe bifurcatis in dorsum interruptis ; apertura compressa.

Cette espèce rappelle Y A. Martinsii ; cependant elle s'en distingue par ses tours étroits et ses côtes non tri- furquées, quelquefois simples. Nous l'avons recueillie aux environs de la Crèche (Deux-Sèvres). De notre collection.

6. A. Arion. Testa compressa; anfractibus angustatis, quadran- gularis, depressis, lateribus 31-costatis; costis rectis , obtusis ex- terne tuberculatis, in dorsum bifurcatis contiuuis ; dorso complanato ; apertura depressa, quadraugulari

TRAVAUX INÉDITS. 107

Celle espèce rappelle un peu le dos de VA. Germaini, mais elle est bien plus épaisse; son dos est plus large et les côtes du dos en zigzags réguliers. Des environs de Bayeux dans la couche d'oolithe ferrugineuse, elle est très- rare. De notre collection.

Espèce de l'étage bathonien ou grande oolithe.

7. A. Asius. Testa compressa; anfractibus dilatatis depressis , lœvigatis, ultimo anfractu externe oblique costulato ; dorso rotundato, lœvigato; apertura oblonga compressa.

Cette espèce, que nous avons figurée pi. 152, fig. 4, et que nous avons rapportée à tort à VA. hertîcus, est bien une espèce spéciale à l'étage bathonien de Ranville (Cal- vados), où nous l'avons recueillie. De notre collection.

espèce de l'étage callovien ou oxfordien supérieur.

8. A. Aurelius. Testa compressa; anfractibus angustatis, com- pressis, quadraogularis, lœvigatis, externe tuberculis obliquis orna- tis; dorso complanato ; apertura compressa oblonga, autice truncata.

Cette espèce se rapproche un peu de VA. bipartilus, mais elle n'en a ni la carène dorsale ni les côtes en faux . Des environs de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or). Notre collection.

Espèces de l'étage oxfordien.

9. A, Bathls. Testa compressa; anfractibus angustatis, rotun- dato-quadratis, transversim 30 costatis; costis elevatis, redis, externe iucrassato-tuberculatis; dorso in medio lajvigato subsulcato; aper- tura quadraugulari.

Cette espèce ne se rapproche d'aucune autre de l'étage oxfordien. De la Grimaudière (Vienne), de Niort (Deux- Sèvres), dlgnol (Cher). De notre collection.

10. A. Bianor. Testa compressa; anfractibus angustatis rotuu- datis, transversim costulatis, sulcis excavatis 3 limbatis; apertura compressa ovali.

Cette espèce est très-remarquable par ses trois sillons

108 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Mars 1856.)

transverses bordés d'un bourrelet saillant de chaque côté. Nous l'avons recueillie à Ignol (Cher), elle est très-rare. Notre collection.

lt. A. Brutus. Testa compressa; anfractibus corapressis, dila- tatis, laevigatis, interne exteraeque tuberculis ornatis; dorso rotuu- dato ; apertura ovali.

Cette espèce avec la forme des ammonites, à dos rond , a des tubercules petits et serrés sur les côtés. Aux envi- rons du Braussel (Var), recueillie par M. Toucas. Notre collection.

12. A. Camillus. Testa compressa; anfractibus latis, compressis, laevigatis; dorso rotundato , tuberculato , tuberculis numerosis ap- proximatis, ornato ; apertura ovali.

Cette espèce, assez voisine de VA. Huerici, s'en dis- tingue par les petits tubercules du dos. Des environs de Niort (Deux-Sèvres). Notre collection.

Espèce de l'étage kimmeridgien.

13. A. Cephus. Testa compressa; anfractibus latis, compressis, ltevigatis , dorso subangulato ; apertura compressa , sagittata , antice subacuminata.

Cette espèce est voisine de VA. Cimodoce, mais les tours sont plus enveloppants, et les lobes accessoires sont plus nombreux aux cloisons. De l'étage kimmeridgien du Havre (Seine-Inférieure). Collections paléontologiques du Muséum.

Espèces de l'étage urgonien ou néocomien supérieur.

14. A. Bargesii. Testa compressa ; anfractibus dilatatis, leevi- gatis ; umbilico angustato , infundibuliformi ; apertura ovali , com- pressa ; septis complicatis.

Cette espèce rappelle, par son ombilic étroit, VA. Ro- nyanus, mais elle est lisse et ses lobes sont tout à fait dis- parates. De l'étage urgonien des environs de Roquefort (Var), découverte par M. l'abbé Barges.

TRAVAUX INÉDITS. 109

Espèce de l'étage albien ou gault

15. A. Morissei.— Testa compressa; anfractibus latis, compressis, lateribus compressis, intus 12 tuberculis compressis, ornatis, externe costis 42 flexuosis in dorso crenatis, contimiis; dorso angulato cre- nulato; umbilico augustato; apertura compressa, oblooga, antice an- gulosa.

Cette espèce, très-remarquable, a les côtes de Y A. dena- rius, mais avec le dos crénelé et anguleux. Du Havre (Seine-Inférieure). De notre collection.

Espèces de l'étage cénomanien.

16. A. Popelinianus. Testa compressa; anfractibus compressis, latis, transversim costulatis , umbilico magno ; apertura compressa ovali.

Cette espèce rappelle la forme de Y À. Lewesiensis, mais elle en diffère par les côtes nombreuses de ses tours. Des environs de Neuvy-sur-Loire (Nièvre), elle a été re- cueillie par M. Popelin.

17. A. Combksii. Testa discoidea, globulosa ; anfractibus de- pressis, inflatis, latis, intus 6 tuberculatis, externe 19-costatis; costis latis depressis in dorso tuberculatis; dorso lato, bituberculato, in medio depresso; umbilico augustato; apertura transversa semilu- nari.

Cette espèce rappelle les ornements de Y À. Flcuriunsis, mais elle est infiniment plus renflée et a l'ombilic bien plus étroit. Nous l'avons recueillie aux environs de Fumel (Lot-et-Garonne) ; M. l'abbé Barges Ta aussi rencontrée dans la commune de Roquefort (Var). De notre collection.

18. A. Ciiloris. Testa discoidea, inflata, angustate umbilicata ; anfractibus compressis, convexis, transversim 12-costatis; costis de- pressis, rectis simplicibus ornatis ; dorso subangulato ; apertura lata, antice aDgulata.

Cette charmante espèce, par ses tours embrassants, ses côtes simples et le manque de tubercules, se distingue nettement de toutes les autres. Elle a été recueillie en 1852,

110 rev. et mag. de zoolooie. (Mars 1856.)

sur le territoire de la commune de Roquefort (Var), par M. l'abbé Barges. De notre collection.

19. A. Clio. Testa compressa; aufractibus complanatis, latis, laevigatis; dorso truncato tricostato; umbilico angustato; apertura compressa, antice truncata.

Cette espèce a laforme de VA. Largillienianus, cependant ses tours sont lisses, son dos plus large et pourvu de trois carènes très-prononcées. Nous l'avons recueillie sur les bords du Lot, près de Fumel (Lot-et-Garonne), elle est rare. De notre collection.

20. A. Curius. Testa discoidea , clypeiformi ; aufractibus latis, compressis, laevigatis; dorso acuto, cultrato ; umbilico angustato; apertura compressa, sagittata.

La forme comprimée de cette espèce, la rapproche de VA. clypei forints, mais elle est plus comprimée et bien plus tranchante sur la région dorsale. Du port des Bar- ques (Charente-Inférieure). De notre collection.

Espèces de l'étage turonien.

21. A. Clito. Testa compressa; aufractibus latis, laevigatis, con- vexiusculis; dorso bicarinato, in medio depresso; apertura elougata, compressa, antice truncata; umbilico angustato.

Espèce distincte de toutes les autres par son ombilic étroit et son dos bicarénré. De la Roche-Posay (Vienne), recueillie par nous. De notre collection.

22. A. Clitus. Testa compressa late umbilicata ; anfractibus de- pressis, transversim 12~undato costatis, costls latis complanatis ; flexuosis, externe incrassatis ; dorso lato, complanato, lateribus ca- rinato ; apertura compressa, antice truncata.

Cette espèce est voisine de la précédente, mais en dif- fère par son large ombilic et son dos bien plus large. De Poncé (Sarthe). De notre collection.

23. A. Circe. Testa incrassata, late umbilicata; anfractibus in- flatis, latis, larvigatis interne 8-tuberculis depressis ornatis; dorso convexo, subcomplanato ; apertura depressa, lata, antice truncata.

Cette espèce est certainement le jeune Age de ces grosses

TRAVAUX INÉDITS. 111

ammonites de près d'un mètre de diamètre, qui diffèrent des A. Lewesiensis et Peramplus, par leurs tours ronds renflés. De Poncé (Sarthe), et de Beaumont (Vienne). De notre collection.

24. A. Canthus. Testa depressa, late umbilicata ; anfractibus, lateribus complanatis, laevigatis, dorso carinato, tuberculosis serie- bus, ornato; apertura quadrangulari, antice triangulata.

De Mont-Richard (Loir-et-Cher), notre collection. Elle est, par sa forme, voisine de VA Papalis, mais s'en distin- gue par le manque de côtes et de tubercules saillants latéraux.

25. A. Cryseis. Testa compressa, late umbilicata; anfractibus depressis, inflatis, lateribus costis inaequalibus, rectis, interne incras- satis ornatis; dorso lato convexo, laevigato; apertura depressa, semi- lunari.

Voisine de VA. Circe , celle-ci a ses tours infiniment plus étroits et les ornements très-différents. De Poncé (Sarthe).

Espèces de l'étage sénonien ou craie blanche.

26. A. Donis. Testa circulari compressa clypeiformi; anfractibus latis, eompressis, subcomplanatis; transversim undato-costatis ; costis depressis, rectis alternatis, externe inerassatis, tuberculis eompressis oruatis; dorso tricarinato, acuto, umbilico angustato; apertura com- pressa, sagittata antice triangulata.

Cette espèce, par son ensemble, rappelle TA. varions, mais en diffère par les côtes non tuberculeuses sur les côtés, et son ombilic infiniment plus étroit. Sommet des coteaux des environs de Fumel (Lot-et-Garonne), et à Meyrols (Dordogne). De notre collection.

27. A. Dirce. Testa compressa, late umbilicata; anfractibus complanatis, augustatis, transversim costatis; costis angustatis ex- terne bifurcatis arcuatis; dorso depresso carinato; apertura oblonga compressa, antice truncata.

Espèce voisine de Y A. Bourgeoisianas, mais infiniment plus comprimée et sans tubercules latéraux et au dos. De Villedieu ^Sarthe). De notre collection.

112 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mars 1856.)

Description de dix coléoptères; par M. James Thomson.

Ma collection de coléoptères a été presque entièrement formée par le démembrement des anciennes grandes col- lections de Paris. La plupart d'entre elles lui ont payé un tribut, soit en familles, soit en groupes partiels, de sorte que je suis parvenu à réunir en une seule collection plu- sieurs musées d'insectes, qui pouvaient, chacun, prétendre au premier rang dans la hiérarchie entomologique. Il ré- sulte de cet état de choses que je possède un nombre d'espèces très-considérable (1) , et que parmi ces espèces il y a une foule de types nouveaux portant, le plus souvent, des noms sans valeur. Je me propose, aujourd'hui, défaire connaître quelques-uns de ces insectes, choisis au hasard dans les volumes de ma bibliothèque de coléoptères. C'est le commencement d'un petit travail auquel devraient se livrer tous les amateurs d'insectes qui possèdent une grande et intéressante collection.

1. Distipsidera Mniszechii. Nouvelle Calédonie. PI. 5, f. 1. L'individu que je possède est, je crois, le seul qui existe dans les collections (2). Il est d'une couleur brunâtre en dessus, avec huit taches blanches latérales sur les élytres et d'un vert brillant en dessous. J'ai l'honneur de dédier cette espèce à M. le comte de Mniszech.

Tête bronzée, ponctuée, front protubérant; chaperon bordé. Labre très-grand, dentelé, uni, d'un jaune sale. Mandibules noires. Palpes d'un jaune testacé; antennes

(1) Mes Carabiques ont absorbé quatre collections et comptent près de 5,000 espèces. J'ai environ 1,400 espèces de Buprestes sorties de trois collections ; Dejean n'en possédait pas 500. J'ai plus de 300 es- pèces de Clérites. J'ai acquis sk collections d'Hispides pour m'en former une de 400 espèces. La plupart des autres familles sont sur le même pied et renferment un nombre de doubles très-considérable.

(2) M. Guérin-Méneville vient de recevoir un second individu qui, avec deux autres espèces , forme un genre nouveau qu'il va publier incessamment.

TRAVAUX INÉDITS. 113

noires. Corselet bronzé, ponctué, renflé au milieu des bords latéraux qui portent chacun une petite épine. Scu- tellum bronzé. Élytres dépassant de beaucoup le corselet, brunes, couvertes, dans leur partie antérieure, d'une sorte de végétation bronzée, formée par de gros points enfon- cés. La suture est bordée. On observe sur chaque élytre deux carènes longitudinales et trois bandes latérales, dont une numérale, l'autre médiane, et la troisième postérieure. La première enveloppe l'épaule, la seconde se détache du côté, la troisième n'est plus qu'un gros point rond. Des- sous du corps uni, d'un beau vert métallique. Les pattes antérieures ont les cuisses noires. Les autres pattes sont d'un testacé roussâtre. Tarses noirs. L.,20; 1., 6 mill. Genre erymanthus, Klug., in coll. Dejean (1). Espèces publiées jusqu'à ce jour : 1. Gemmatus, Spin. Cap. 2. Horridus, West. Cap. 3. Variolatus, de Brème. Sénég. J'en fais connaître aujourd'hui deux espèces nouvelles : le premier est l'insecte le plus curieux et le plus extraor- dinaire de la famille des Clérites; le second mérite égale- ment de fixer l'attention. 2. Érymanlhus Belzebuth. Sénégambie. PI. 5, f. 2. Corps légèrement garni de poils. Tête testacée, avec une bosselure noire ponctuée entre les yeux; chaperon testacé. Labre brunâtre. Mandibules noires et arquées. Palpes testacés. Antennes de même couleur, les trois derniers articles gris. Corselet d'un tes- tacé roussâtre, bosselé, plus long que large, avec une fos- sette profonde, noire au milieu, entourée de dix petites taches noires, deux et trois de chaque côté. Scutellum grand, d'un brun foncé, presque noir. Élytres décrivant une ellipse, qui atteint son maximum de largeur vers les trois quarts de leur longueur. Le disque est luisant et d'un testacé roussâtre, couvert de points enfoncés et de

(1) Voir la description de ce genre dans la Monographie des Clé- rites par le marquis de Spiuola , vol. XI, p. 55.

2e skrik. t. vui. Année 1856. 8

114 rev. et mag. de zoologie. [Mars 1856.)

tubercules, dont quatre supérieurs surmontés d'une petite touffe de poils blonds et deux inférieurs suturaux sans poils. Les élytres offrent deux petites taches noires humé- raies, deux grandes taches noires transversales, placées au-dessus des six principaux tubercules, et deux petites touffes suturales de poils noirs à la base. Poitrine de la même couleur que le scutellum, finement ponctuée. Seg- ments abdominaux entiers, moins le dernier, qui est échan- cré; ils sont recouverts d'une forte pubescence rousse qui leur donne l'apparence d'une brosse. Jambes rous- ràtres, avec une tache noire au milieu de la cuisse. Les cuisses des jambes antérieures renflées. Tarses de même couleur. L., 20 ; 1., de 4 à 6 mill.

Cet insecte semble être voisin, pour la forme, de YEry- manthushorridus. VE. gemmatus se rapproche davantage de ma seconde espèce.

3. Erymanthus vesuvioides. Grand bassam. PL 5, f. 3,4.

Corps légèrement garni de poils.

Tète noire avec des taches testacées, finement ponctuée, avec une bosselure noire, qui s'étend depuis les yeux jus- qu'à la base du corselet. Chaperon et labre fauves. Man- dibules noires. Palpes d'un jaune clair. Antennes testa- cées, aux extrémités brunâtres. Corselet d'un testacé roussâtre dans sa partie antérieure, noirâtre dans sa par- tie postérieure , légèrement ponctué , avec une fossette profonde, noire au milieu du disque, et deux points noirs dans les angles antérieurs. Scutellum petit, brun. Élytres décrivant une ellipse plus parfaite que dans Y Erymanthus Belzebuth ; elle atteint son maximum de largeur sur les trois quarts de la longueur des premières, qui sont lui- santes et testacées jusqu'à la naissance de l'ellipse, et en- suite noires jusqu'à leur extrémité. La partie anté-ellip- tique est couverte de points, de stries, et de petits tuber- cules. Elle offre deux bosselures brunes à la base des ély- tres dans les angles huméraux, et deux renflements tuber-

TRAVAUX INÉDITS. 115

culeux d'un jaune clair, couronnés d'une petite touffe de poils blanchâtres située à l'extrémité de la partie testacée. La partie elliptique et noirâtre des élytres présente une surface carbonisée, sur laquelle s'élèvent une foule de bos- selures noires et trois tubercules principaux sur chaque élytre. Ces tubercules sont aussi couronnés d'une petite touffe de poils blanchâtres; on dirait les cratères d'un volcan. Dessous du corps et poitrine entièrement noirs et glabres, garnis de quelques poils. On observe quelques petites taches fauves sur les côtés des segments abdomi- naux. Cuisses des jambes antérieures renflées, d'un jaune testacé. Pattes intermédiaires de même couleur. Pattes postérieures un peu plus longues que les autres et de la même couleur que l'abdomen Tarses bruns. L., 15; 1., de4à6mill.

Variation A (fig. 4). La partie elliptique des élytres est de la couleur générale, avec quelques traces de noir vers l'extrémité rappelant la coloration de l'espèce typique. Les jambes postérieures sont tachetées de jaune.

4. Psiloptera président. Panama. PI. 6, fig. 1. D'un vert brillant en dessus et d'un pourpre en dessous. M. de Mniszech en possède un exemplaire de petite taille.

Tête d'un vert brillant, fortement granulée et creusée sur le front. Labre verdâtre, finement pointillé. Mandi- bules noires et lisses. Antennes (mutilées) ; leur base est d'un rouge cuivreux. Corselet vert, très-granuleux, avec deux points enfoncés aux angles postérieurs et un point enfoncé au milieu de la base. Scutellum vert et presque nul. Élytres dépassant le corselet, fortement striées et ponctuées; ces stries sont traversées par une multitude de taches assez lisses et jaunâtres; les élytres sont légèrement dentées. Segments abdominaux d'un pourpre tendre au milieu, et pubescents sur les côtés. Pattes de même cou- leur, pontuées. Tarses mutilés; le premier article est vert, les autres paraissent être pourpres. L., 32 ; 1., 13 mil!.

5. Conognatha navarchis. Tasmanie. PI. 6, fig. 2.

116 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)

Il forme probablement un nouveau genre. En dessus, d'un violet brunâtre avec deux bandes transversales sur les ély- tres; en dessous, d'un violet brunâtre.

Tête cuivreuse. Front caréné. Labre d'un jaune pâle. Mandibules noires. Palpes verts. Antennes bleues. Corse- let cuivreux, tçès-ponctué, presque aussi large que la base des élytres. Pas de scutellum. Élytres d'un violet brunâ- tre, ponctuées, couvertes de stries longitudinales fort sail- lantes à la base, avec deux bandes jaunes transversales dont la dernière n'atteint point la suture, échancrées, biépineuses ; les épines de la suture sont les plus grandes. Segments abdominaux d'un violet rougeâtre, finement ponctués. Pattes de même couleur; les antérieures ont un reflet vert intérieurement. Tarses bruns. L., 16;l.,7mill.

6. Stigmodera capucina. Nouvelle Hollande, Morton Bay. PL 6, fig. 3.

D'un jaune fauve tacheté de noir en dessus , bleu foncé en dessous. J'en connais un second individu dans la col- lection de M. le comte de Mniszech ; il est pareil au mien.

Tête d'un jaune fauve avec une tache noire sur le front. Labre brun. Mandibules et palpes noirs. Antennes d'un bleu verdâtre, très-fortes. Corselet et poitrine d'un jaune fauve, rond, ponctué, traversé par un sillon longitudinal noir, ayant un point noir à chaque angle antérieur, et un second point noir plus petit, au-dessous de chaque angle postérieur. Élytres d'un jaune fauve jusqu'aux trois quarts de leur longueur, commence une tache noire qui re- monte en diminuant jusque vers le milieu de la suture, et se prolonge jusqu'à l'extrémité, qui est échancrée. Chaque élytre présente trois carènes longitudinales. Segments abdominaux finement ponctués et d'un bleu foncé. Les pattes antérieures ont la plus grande partie des cuisses d'un jaune fauve; tibia, pattes intermédiaires et posté- rieures d'un bleu foncé. Tarses obscurs. L., 19; 1., 6 1/2mill.

7. Capnodis Saroltœ. Cap de Bonne-Espérance. PI. 6,

TRAVAUX INÉDITS. 1 17

fig. 4. J'ai vu un second individu de cette espèce dans la collection de M. le comte de Mniszech. M. Dupont l'avait appelé C. Argus, mais ce nom n'a pas été publié.

Tête brunâtre. Front recouvert d'une petite végétation noire. Organes de la bouche noirs. Antennes noires. Cor- selet plus large au milieu que le corps, d'un brun métal- lique, excavé au milieu, possédant deux tubercules brillants qui bordent cette excavation. Élytres d'un brun métal- lique, couvertes d'élévations brillantes qui imitent des yeux. Dessous du corps d'un brun métallique. Les seg- ments abdominaux sont fortement ponctués. Pattes et tarses de même couleur ; les pattes sont fortement ponc- tuées. — L.,24; 1., 9 1/2 mill.

8. Promecotheca Trilbyi. Chine. PI. 5, fig. 5. Tête d'un vert métallique. Labre et mandibules noirs. Palpes d'un jaune paille. Antennes de dix articles, les premiers noirs et lisses, les derniers d'un noir mat. Corselet plus long et plus cylindrique que celui de la Promecotheca scorpio , d'un vert métallique , très-lisse , bordé posté- rieurement. Scutellum d'un vert métallique. Élytres plus larges que le corselet, d'un rouge sale, couvertes de gros points enfoncés. Dessous du corps d'un vert métallique. Pattes de même couleur. Tarses noirs et forts. L., 12 ; 1., 4 mill.

Promecotheca scorpio. Iles Philippines. PI. 5, fig. 6. Tête d'un bleu verdâtre. Organes de la bouche d'un noir brillant. Antennes de dix articles, les premiers noirs et lisses, les derniers d'un noir mat. Corselet court, d'un bleu verdâtre, très-lisse, bordé postérieurement. Scutel- lum de même couleur. Élytres beaucoup plus larges que le corselet, d'un brun clair, striées, et fortement ponc- tuées. Dessous du corps d'un bleu verdâtre. Pattes de même couleur. Tarses très-forts et noirs. L., 14 ; L, 5 mill.

Àlurnus cupido. Région de l'Amazone. PI. 6, fig. 5. Tête et organes de la bouche noirs. Antennes noires et glabres, couvertes de petits poils très-fins. Corselet noir,

118 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)

glabre, finement ponctué, beaucoup plus large aux an- gles postérieurs. Élytres d'un jaune clair, comme celle de YAlurnus d'Orlrignyi. Les deux taches des élytres sont noires et rondes. Une bande noire enveloppe les côtes la- térales depuis l'extrémité des élytres jusqu'au tiers de leur longueur. Segments abdominaux glabres, d'un jaune de paille. Pattes noires, finement ponctuées. Tarses noirs en dessus et d'un jaune fauve en dessous. L., 20; 1., 7 1/2 mill.

Description d'une espèce nouvelle du genre Omtis , Fa- bricius, suivie d'un Catalogue synoptique des espèces ce genre qui se trouvent en Europe et sur les bords des bassins méditerranéens, de la Méditerranée, de l'Euxin et de la mer Caspienne; par M. L. Reiche.

Onitis Osiridis. Onit. furcifero, Rossi, affinis. In mare, supra ni- gro-piceus haud nitidus : caput transversum, margine subreflexum, rugoso tuberculatum ; epistorao late nec profonde emarginato,.a la- tere rotundato; fronte mediocarina brevissima, transYersa, instructo cirinaque altéra, continua, inedio parum elevata a vertice separato ; lobis ocularibus carina obliqua utrinque antice Iimitatis. Thorax transversus, capite plus duplo latior, latitudine quinta parte brevior, antice late nec profunde emarginatus; augulis obtusis; postice ro- tundatus, marginatus, margine crenulatus ; disco asperato-punctato, a latere dilatatim rotundato, utrinque, in dilatatione, faveola im- presso, medio linea sublœvigata ornato, basi medio bifoveolato. Scu- tellum acutum, sublaevigatum. Elytra thorace angustiora, deplanata, geminato-striata ; striis sparse subpunctatis ; interstitiis asperato- subpunctatis, quinto et septimo costatim elevatis, nono cariuato. Pygidium paulo couvexum , subrugosum. Infra nitidus. Prothorax , postice, medio lobatus; lobo quadrato, utrinque tuberculatim angu- lato, medio bifasciculato. Sternum laevigatum, medio carinula fissa, brevi, instructum postice medio grosse tuberculatum. Abdomen sub- punctatum. Pedes anteriores elongati ; femoribus integris, haud èmarginatis, spina acuta, perpendiculari, apicali. Alteraque subtus, subbasali, armatis; tibiis linearibus subrectis, intus denticulatis, extus quadridentatis. Pedes intermedii posticique ut in On. furcifero.

lu fœmina. Carina occipitali, medio, in tuberculo acuto elevata.

TRAVAUX INKDITS. 119

Thorax brevior, longitudine fere duplo latior. Infra prothorax postice haud lobatus. Sternum haud tuberculatum. Pedes anteriores brèves, incrassati. L., 16 (7 lia.); I. (thor.), 8 (3 1/2 lin.) mill.

Cette espèce prendra place, dans la nomenclature, à la suite des On. Mœris , Pallas , et Furcifer, Rossi , dont elle diffère, au premier coup d'œil, par sa taille plus petite, sa forme plus allongée et l'épine terminale implantée à angle droit à l'extrémité de la cuisse. Elle appartient à ma dou- zième division des espèces de ce genre , caractérisée par le bord postérieur du corselet arrondi et non anguleux au milieu, et par le développement du bord postérieur de cet organe en dessous.

La confusion qui existe dans la synonymie des espèces du genre Onitis , confusion que reconnaît le savant auteur du Gênera des Coléoptères (M. Lacordaire, t. III, p. 105), m'a porté à donner ici le catalogue synonymico-chrono- logique de toutes les espèces décrites d'Europe et des bords de la Méditerranée, de l'Euxin et de la mer Caspienne, que ma collection possède toutes, et que j'ai pu étudier dans tous les ouvrages qui en ont traité.

Les quatorze espèces qui en font partie se divisent na- turellement en deux sections, dont la première se lie au genre Bubas et la seconde au genre Oniticellus .

Section A. Corselet anguleux au milieu de son bord postérieur.

a. Corps renflé.

1. O. Olivieri (1), llliger, Mag., 11, 197 (1803). Gall.

merid., Hispania, Algiria. Sphynx, Oliv., Ent., 1, 3, 135 (1789).

2. O. Damœtas (2), Steven, Mém. de la Soc. I. de Mos-

(1) Un individu de cette espèce au moindre degré de développe- ment, et trouvé en Espagne, portait, dans la collection Dejean et dans son Catalogue, p. 159, le nom d'O. Damon.

(2) Germar et M. Brullé paraissent n'avoir pas eu connaissance du travail de Steven dans les Mémoires de Moscou.

120 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)

cou, 1, 163 (1806). Rossia merid., Graecia,

Syria. ■f Damœtas, Germar, Sp. nat., 108 (1824). * Steveni, Brullé, Exp. de Morée, 111, 170 (1832).

3. O. Ezechias, Reiche, Ann. de la Soc. ent. (1856).

Syria, .Egyptus.

4. O.Âm, Oliv., Ent., 1, 235 (1789). Gall. merid.,

Italie. Vandelli, Fabr., Syst. eleut., 1, 28 (1801).

5. O.Numida, Castelnau, Hist. nat. d. Ins., 11, 90

(1840). Strigatus (Dej.) , Érichson in Wagner Reise , 170 (1841), Algiria.

6. O. humerosus (1), Pallas, Iter in Ross, mer., appen-

dix, 462 (1773). Ross, merid., Syria, Algiria. Menalcas, Pallas, Icônes, 1, 4 (1782). <? Chevrolatii, Lucas, Exp. se. de l'Alger., Zool.,

IIe part., 253 (1846).

b. Corps déprimé.

7. O. Inuusy Fabr., Spec. Ins., 1, 15 (1781). Graecia,

Syria, JEgyptus, Algiria.

8. O. unguiculatus, Oliv., Ent., 1,3, 1^7 (1789).

iEgyptus.

Section B. Corselet arrondi postérieurement, corps déprimé.

9. O. irroratus (2), Rossi, Faun. Etr., 1, 7 (1790).

Etruria, Sicilia, Sardinia, Algiria.

( I ) Quoique Pallas ait lui-même changé ce nom d' Humerosus en celui de Menalcas, j'ai cru devoir le rétablir pour obéir à la loi d'an- tériorité.

(2) Cette espèce est facile à reconnaître aux points enfoncés non tu- berculeux de ses élytres et à ses cuisses postérieures dilatées, apla- ties et à bord supérieur tranchant dans le mâle.

TRAVAUX INÉDITS. 121

10. 0. ungaricm (1), Herbst, Col., 11, 230 (1789).

Ctinias, Fab., Ent. syst., 1, 19 (1792).

ÀmyntaSy Steven, Mém. de Moscou, 1, 165 (1806).

Melibœus , Mulst., Hist. nat. des Lamellic., 88 (1842). Hungaria, Rossia mer., Syria, Gra- cia, («allia merid., Hispania.

11. O. Pamphylus (Dej.), Menetriés, Cat. des Ins. de

Lehman, 41 (1848), Rossia mer. Turcomania.

12. O. Mœris, Pallas, Icon., 1, 3 (1782). —Ad lit. or.

mar. Caspic, stepp. Kirguis. ? Sophax (2), Fischer, Bull. Moscou (1830).

13. O. furcifer, Rossi , Mant. Ins., 11, 7 (1794). Etru-

ria, Sicilia, Algiria.

14. O. Osiridis, Reiche, Rev. et Mag. de Zool., 1856.

iEgyptus, Arabia.

Mémoire sur les gale-insectes de l'Olivier, du Citronnier, de l'Oranger, du Laurier-Rose, et sur les maladies qu'ils y occasionnent dans la province de Nice et dans le dé- partement du Var, par le docteur J. B. Rorineau-Des- voidy.

Je savais que, les Oliviers et les Citronniers delà France méridionale sont, depuis un certain nombre d'années, in- festés de maladies que les efforts de l'intelligence humaine n'ont encore pu ni surmonter ni même arrêter. Je réso- lus donc d'étudier par moi-même ces fléaux. Mon but était d'en rechercher l'origine, d'en constater les causes et les ravages; je voulais demander à l'histoire de ces maladies

(1) Facile à distinguer de Ylrroratus aux points tuberculeux de set élytres et aux cuisses postérieures simples dans le mâle. J'ai restituer à cette espèce le nom de Herbst , que Fabricius avait cru devoir changer sans motif apparent.

(2) Cette synonymie est douteuse, la description